Animaux en danger : la sixième extinction de masse

Pour le troisième numéro de sa collection « Sur le front », Hugo Clément met en lumière le travail accompli par des femmes et des hommes pour éviter la disparition programmée d’espèces animales et les conséquences dramatiques de la pollution, du braconnage, de la pêche intensive et de la destruction d’espaces naturels sur la faune sauvage. Ce magazine est à découvrir mardi soir dès 21.05 sur France 2. 

Hugo Clément sur le marché de Vigo
Sur le port de Vigo, Hugo Clément fait face aux requins peau bleue. © Winter Productions

Aujourd’hui, 4 % des mammifères seulement sont des animaux sauvages. Dans le monde, les invertébrés ont vu leur population baisser de 50 % en quarante ans. À ce rythme, difficile de prédire combien il en restera dans dix, vingt ou trente ans. Quant aux insectes, ils se font rares. En France, on estime qu’au cours de ces trente dernières années ils ont disparu à 80 %. Nous, humains, sommes en grande partie responsables de cette situation. Pourtant, il suffirait de cohérence pour éviter ce carnage et sauver ce que la Terre a de plus cher : sa biodiversité. Encore faut-il le vouloir et y mettre les moyens…

Toutes les vingt minutes environ, un animal ou une plante s’éteint.

Hugo Clément

À travers ses reportages, Hugo Clément prouve qu’il encore possible d’agir et d’inverser la tendance. Prenons l’exemple de la réserve naturelle des Sept-Îles, dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne. Elle abrite actuellement plusieurs espèces animales, dont une colonie de macareux moines. Au début du XXe siècle, la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest avait eu la désastreuse idée d’organiser des safaris en mer. La population de macareux fut presque décimée en deux ans. Sans la réaction vigoureuse de certains, ces oiseaux marins auraient sans doute définitivement disparu. Non seulement la chasse fut interdite, mais le lieu devint un site naturel protégé.
Certaines croyances mettent aussi à rude épreuve les défenseurs de la nature. À Hong Kong, au printemps dernier, les douaniers ont posé devant 26 tonnes d’ailerons d’espèces menacées – soit l’équivalent de 40 000 requins –, aileron auquel certains attribuent des vertus aphrodisiaques. Seulement, pour obtenir ce précieux morceau, les pêcheurs n’hésitent pas à pratiquer le shark fishing. Une pratique qui consiste à découper l’aileron sur l’animal vivant avant de le remettre à l’eau où il agonise pendant des heures. Pour éviter de tels massacres, un homme lutte sans relâche au Costa Rica. Randall Arauz espère ainsi sauver les requins-marteaux halicorne du trafic international dont ils sont victimes, alors qu’ils sont en grand danger d’extinction. De l’autre côté de l’océan, en Espagne, le requin peau bleu a beaucoup moins de chance. Pêché en surnombre, il risque de disparaître avant qu’on ait donné l’alerte. Sachez, enfin, qu’on trouve une autre espèce protégée, le requin-renard, sur nos étals sous l’appellation trompeuse de « veau de mer ».
Mais réjouissons-nous, certains réussissent des exploits. Au centre de sauvegarde des esturgeons, en Dordogne, une biologiste participe à la reproduction de cette espèce à partir des cinq derniers esturgeons sauvages d’Europe prélevés dans les années 1990. Dans le Jura, un dentiste et un prothésiste ont implanté un croc en métal à une femelle lynx qui avait été victime d’un accident de la route, lui offrant ainsi la possibilité d’un retour à la vie sauvage. Quant au pangolin, malgré le coronavirus, il reste un mets de choix en Afrique, et ses écailles sont toujours aussi recherchées en Asie… Il faudra sans doute plus qu’un virus pour qu’on cesse définitivement de le braconner !

Sur le front des animaux menacés

Magazine - Présentation Hugo Clément - Réalisation Guillaume Dumant - Rédaction en chef Pierre Grange - Enquête Marie Lecoq et Axel Roux - Production Winter Productions - Avec la participation de France Télévisions

Nous vivons une époque qui a vu disparaître le rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest, le dauphin d’eau douce de Chine, la grenouille Toughie et l’oiseau Poo-Uli d’Hawaï sans que le monde ne s’en émeuve plus que cela. 
De nombreuses espèces d
animaux sauvages sont anéanties à la vitesse grand V. Selon un rapport de WWF, leur disparition atteindrait les 60 % en quarante ans. Nous avons voulu comprendre comment, dans un avenir proche, une espèce pourrait être totalement décimée et accompagner celles et ceux qui se battent pour sauver les tout derniers spécimens.

Sur le front des animaux menacés est diffusé mardi 30 juin à 21.05 sur France 2
À voir et revoir sur france.tv
  

Publié le 26 juin 2020
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