« Sur le front de l’Amazonie » avec Hugo Clément

À Paris, Hugo Clément apporte les ultimes corrections techniques à son nouveau documentaire sur l’Amazonie. Le moment idéal pour saisir le globe-trotteur au bond avant qu’il ne reparte sur le front auprès de ceux qui se battent pour défendre la planète. « Sur le front de l’Amazonie », dimanche 24 janvier à 20.50 sur France 5.  

Hugo Clément. © Winter Productions / FTV

Sur le front… quoi de nouveau ? 
Hugo Clément : La ligne éditoriale reste absolument inchangée : mettre en lumière le combat de celles et ceux qui agissent sur le front de l’environnement. Si, l’an dernier, trois numéros événementiels ont été mis en avant sur France 2, Sur le front a été conçu pour être une émission mensuelle de France 5. Donc, dorénavant, en termes de durée, au lieu d’un sujet de 110 minutes, nous traiterons deux sujets de 52 minutes chacun.  
 
Ce premier numéro sur France 5 nous emmène en Amazonie. De quoi cette forêt est-elle le symbole ? 
H. C. : C’est plus qu’un symbole. C’est la plus grande forêt tropicale du monde ! On dit à tort qu’elle est le poumon de la planète, mais les océans produisent beaucoup plus d’oxygène, même si sa contribution n’est pas négligeable. Cette forêt recèle avant tout le plus grand réservoir de biodiversité de la Terre et elle se révèle extrêmement importante dans la régulation du climat de la région.  

Je ne m’attendais pas à un désastre d’une telle ampleur.

Hugo Clément

Qu’est-ce qui vous le plus choqué sur place ? 
H. C. : Nous nous sommes rendus dans cette région exprès pour filmer les incendies qui ravagent la forêt, mais je ne m’attendais pas à un désastre d’une telle ampleur. Chaque minute, trois terrains de foot brûlent, jusque dans la réserve des Kayapos, du jamais-vu !  
 
Quelles sont les causes de ces incendies ? 
H. C. : Principalement l’élevage et l’expansion agricole intensive, encouragés par Jair Bolsonaro, le président du Brésil. La coupe du bois et la sécheresse due au bouleversement climatique induisent aussi ces brasiers hors de contrôle. Ensuite, sur ces terres mises à nu, les agriculteurs utilisent des herbicides et plantent du soja transgénique. Un désastre écologique ! 

Dans le documentaire, vous partez sur le terrain avec le GIGN, quel est le but de cette impressionnante opération ? 
H. C. : Je veux préciser que cette opération se passe en France. On y pense rarement, mais une partie de l’Amazonie est française. Notre plus grand département, la Guyane, est recouvert à 97 % par la forêt primaire. Et, ici, ce sont les richesses du sous-sol qui attirent la mafia de l’or. Cet orpaillage clandestin est extrêmement polluant pour la nature et pour les Français de Guyane du fait du mercure employé pour extraire le métal. Il infeste les rivières à tel point que les populations locales ne peuvent plus manger de poissons. Sur le front, les militaires français combattent jour après jour les petites mains des gros trafiquants en détruisant les moteurs qui servent à pomper l’eau pour extraire l’or.  
 
Quels autres moyens existent-il pour aider à la protection de la forêt ? 
H. C. : C’est très compliqué de lutter contre le trafic d’or, car le marché est très opaque et il n’existe pas de traçabilité du métal. On sait juste que l’or extrait illégalement transite par le Brésil, puis le Suriname et qu’ensuite il est réinjecté sur le marché mondial. En tant que consommateur, on peut faire attention à la filière par laquelle on achète un bijou et faire pression sur les gouvernements pour qu’ils n’ouvrent pas la voie à de nouveaux projets aurifères dans cette région.  

À un niveau individuel, on peut lutter en mangeant moins de viande.

Hugo Clément

Et que faire contre les feux et la déforestation en Amazonie ? 
H. C. : Sur place, nous avons rencontré Delphine Fabbri-Lawson. Depuis plusieurs années, elle collecte un maximum de preuves afin de déposer – ce sera une première – un dossier pour écocide devant la Cour pénale internationale. Espérons qu’elle aboutisse et fasse jurisprudence. À un niveau individuel, on peut lutter en mangeant moins de viande. Cela peut paraître étrange, mais il y a une vraie relation de cause à effet entre les deux. Dans grand nombre de pays occidentaux, le soja produit au Brésil sert principalement à nourrir les animaux d’élevage. Donc le meilleur moyen de lutter contre ces fléaux en Amazonie est de limiter ou même de supprimer notre consommation de viande. En France, c’est une bonne chose, le gouvernement a annoncé un plan de renforcement de la production de soja en métropole. 
 
Qu’est-ce qui vous a le plus touché dans cette aventure en Amazonie ? 
H. C. : Les populations qui vivent dans la forêt depuis la nuit des temps et qui sont aujourd’hui dans le viseur de tous – les riches agriculteurs, le gouvernement, la mafia… Ils sont seuls à lutter pour la préservation de cet environnement, leur territoire. Et ils payent le prix du sang. Et ils n’ont pour se défendre que des arcs et des flèches. Si ces peuples autochtones perdent la bataille de la préservation de leurs terres, c’est toute l’humanité qui sera perdante. Ils ont besoin de notre soutien ! 

Propos recueillis par Diane Ermel

Sur le front de l'Amazonie
« Sur le front de l'Amazonie ».
© Winter Productions / FTV

Agir pour l’environnement 

  • Réduire la quantité de viande et de poisson dans nos menus 
  • La base de notre alimentation doit s’appuyer sur les produits locaux 
  • Éviter d’acheter des produits suremballés 
  • Acheter le moins de produits en plastique possible 
  • Acheter moins de vêtements, mais des vêtements fabriqués en France ou en Europe

Sur le front de l’Amazonie

Hugo Clément nous emmène au cœur de l’Amazonie et nous fait découvrir le combat quotidien des gardiens de la forêt, au péril de leur vie. Il nous emmène à la rencontre du grand chef Raoni, tout juste guéri de la covid-19, qui nous adresse un appel au secours poignant. Il rencontre aussi des combattants qui s’attaquent à toutes les causes de la déforestation : les coupeurs de bois, les exploitations agricoles et le changement climatique. Tous ces témoins nous délivrent un message d’espoir et nous incitent à passer à l’action. 

Série documentaire (52 min) - Présentation Hugo Clément - Rédacteur en chef Pierre Grange - Réalisation Guillaume Dumant - Production Winter Productions,avec la participation de France Télévisions

Sur le front de l’Amazonie est diffusé dimanche 24 janvier à 20.50 sur France 5, suivi à 21.50 par Sur le front des coraux
Sur le front est à voir et revoir sur france.tv et sur France tv slash

Dispositif numérique

Sur le front se décline également chaque semaine, le mercredi dès 08.00, en vidéos sur les réseaux sociaux. Hugo Clément proposera, cette saison, 30 reportages inédits de 5 à 10 minutes autour des problématiques de la planète sur les pages
#SurLeFront diffusées par France tv slash sur Facebook Watch et sur le compte Instagram d’Hugo Clément.

Voir en avant-première et en exclusivité : Sur le front de l’Amazonie
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Ce documentaire est disponible, à tout moment, du 18 au 23 janvier 2021 

" Sur le front " de l'Amazonie
« Sur le front de l'Amazonie ».
© DR

 

Publié le 19 janvier 2021
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