Le Doc Stupéfiant : « L’Histoire française des Rolling Stones »

Depuis soixante ans, tout a été dit sur le plus grand groupe de rock au monde. Dans ce film inédit, les réalisatrices s’intéressent à leur période française. Avec des archives et des témoins de premier plan, elles racontent le séjour mythique dans une villa sur la Côte d’Azur, le concert à Marseille en 1966, le mariage de Mick Jagger... sur fond – plus que jamais – de sexe, drogue et rock’n’roll ! À voir dans « Le Doc Stupéfiant » lundi 20 juin à 21.00 sur France 5.

Dominique Tarlé, photographe © Bangumi

C’est la salière là ? — Non, c’est la coke !

Dominique Tarlé commentant ses photos des Stones

La bande-annonce

À l’occasion du 60e anniversaire des Rolling Stones, les réalisatrices Raphaëlle Baillot et Élise Le Bivic posent un regard d’aujourd’hui sur les folles années françaises du plus grand groupe de rock de tous les temps : du concert chaotique de la salle Vallier, à Marseille en 1966, à l’enregistrement d’Exile on Main St., leur meilleur album écrit sous influence dans une villa de la Côte d’Azur, en passant par le mariage mythique de Mick Jagger à Saint-Tropez. 

À Villefranche-sur-Mer, sur la presqu’île du Cap Ferrat, la villa Nellcote surplombe la Méditerranée. C’est dans cette immense demeure d’inspiration néo-classique que les Rolling Stones viennent se réfugier en 1971, fuyant le fisc anglais, après avoir été escroqués par leur producteur. Pensant y rester quelques semaines, ils y passeront six mois. « Nellcote est devenu mythique, raconte l'écrivain Yves Bigot, parce que c’est un lieu dans lequel vont s’exprimer mieux que nulle part ailleurs le sexe, les drogues et le rock’n roll, tels qu’incarnés par les Rolling Stones, et en particulier Keith Richards et Anita Pallenberg. » Car ils ne sont pas seuls : la maison est ouverte, et gravitent autour d'eux une multitude de gens : amis, photographes, groupies... Dominique Tarlé était de ceux-là, et les clichés qu'il réalisa tout au long de ce séjour sont restés mythiques : « Les photos de Dominique Tarlé les montrent au naturel »,explique Carla Bruni. Pour Jean-Marie Périer, « ces photos de Tarlé sont les plus représentatives de ce que vivaient ces types à ce moment-là. »Le photographe les commente pour la caméra et rappelle le contexte. « Keith, dans cette gigantesque maison, souhaite que son fils ne soit pas entouré uniquement d’adultes un peu déjantés. Donc il invite tous ses copains qui ont des gosses à vivre dans la villa. Ce qui fait que la villa est remplie de gosses ! » Dans la journée, les activités sont tournées vers l'extérieur dans une ambiance familiale. On confie également aux enfants des tâches dont ils ne maîtrisent pas le sens : « On était surnommés les rouleurs, raconte Charley Weber, un des enfants des photos de Tarlé. Je sentais bien qu’on faisait un truc interdit mais sans en mesurer les conséquences. »
Mais la nuit, l'atmosphère change : dans l'humidité des sous-sols de la villa, les Stones enregistrent ce qui deviendra leur double album : Exile on Main St. « C’est un album défoncé dans tous les sens du terme... C’est cette moiteur lourde, toxique, qui a régné pendant ce séjour. La drogue transpire dans les paroles. » La villa en est remplie et les dealers de la « french connection » ont trouvé là un marché juteux à quelques kilomètres de Marseille. « La drogue pour les Rolling Stones, c’est l’héroïne. L’héroïne, c’est Keith Richards. » Le photographe Jean-Marie Périer était aussi aux premières loges. Il se souvient – avec truculence – du mariage de Mick Jagger avec Bianca, un événement qui se transforme en bousculade de fans et de paparazzis, avant de se terminer au Byblos lors d'une soirée restée mythique elle aussi, à l'image de la société en pleine libération sexuelle.
Le film analyse le rapport étrange des rock stars aux femmes en général — et aux groupies en particulier —, leur univers « boys club », le contrôle de leur image — avec l'histoire du sulfureux documentaire réalisé par Robert Frank, Cocksucker Blues, dont les Stones interdisent toujours la diffusion —, leur part sombre et la relation passionnée qu’ils entretenaient avec la France. 

Le rock, il commence à être vieux, il peut être perçu parfois comme le nouveau jazz. Il reste « Satisfaction »…Marlon Magnée, musicien du groupe La Femme

« L’histoire française des Rolling Stones »
« L’Histoire française des Rolling Stones »
© Bangumi

Les intervenants

Jean-Pierre Foucault, animateur de télévision ; Antoine, chanteur ; Jean-Marie Périer, photographe ; Louis Bertignac, musicien, guitariste ; Carla Bruni, chanteuse ; François Bon, biographe des Rolling Stones ; Nick Kent, rock critique ; Sophie Rosemont, autrice de Girls Rock ; Noémie Lecoq, journaliste - Les Inrockuptibles ; Yves Bigot, écrivain, spécialiste du rock ; Yarol Poupaud, guitariste ; Marlon Magnée, musicien du groupe La Femme ; Dominique Tarlé, photographe ; Charley Weber, enfant de la villa Nellcote ; Nadine Expert, artiste, admiratrice des Rolling Stones ; Susan Steinberg, monteuse de Cocksucker Blues ; Zouzou, compagne de Brian Jones ; Nick Kent, écrivain, auteur de The Unstable Boys

L’Histoire française des Rolling Stones

Le Doc Stupéfiant 

« L’histoire française des Rolling Stones »
« L’Histoire française des Rolling Stones »
© Jean-Marie Périer

À l’occasion du 60e anniversaire des Rolling Stones, Le Doc Stupéfiant propose un inédit sur ce groupe légendaire, incarnation du  slogan « sexe, drogue et rock’n’roll ». Le film contient des archives non autorisées, des photographies inédites, des interviews exclusives de collaborateurs proches et des témoignages de critiques rocket de musiciens de toutes les générations…

Documentaire (130 min - inédit) – Auteures Raphaëlle Baillot et Élise Le BivicRéalisationJulie Lazare Production Bangumi et France Télévisions

Le Doc Stupéfiant : L’Histoire française des Rolling Stones est diffusé lundi 20 juin à 21.00 sur France 5
Documentaire à voir et revoir sur france.tv

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