Soirée Proust sur France 5 avec le film « Guermantes » de Christophe Honoré, et le documentaire « Céleste et Monsieur Proust »

Pour célébrer le 150e anniversaire de la naissance de Marcel Proust, France 5 dédie cette soirée culture du 24 septembre au grand écrivain français. À 20.55, « Guermantes » ouvre la soirée : ce film théâtral innovant est réalisé par Christophe Honoré avec la troupe de la Comédie-Française, à partir du troisième tome de son œuvre « À la recherche du temps perdu »Il sera suivi du documentaire « Céleste et Monsieur Proust », qui plonge dans son intimité.

Les comédiens de « Guermantes » en toute liberté © Les Films Pélléas

Quel drôle d’objet cinématographique ! Est-ce un documentaire ? de la fiction ? du théâtre ?
En cet été 2020 – le film ouvre sur le ballet d’avions et d’hélicoptères qui tournoient dans le ciel de Paris pour le 14 Juillet –, les acteurs, pensionnaires ou sociétaires de la Comédie-Française, répètent au théâtre Marigny. Mais la pandémie les coupe net dans leur élan… On leur annonce que la pièce ne se jouera pas. Christophe Honoré, qui les met en scène dans Le Côté de Guermantes, inspiré de Proust, leur demande de continuer malgré tout, pour la beauté, la douceur et le plaisir de rester ensemble.
Pendant ces trois jours – et nuits – où la caméra les accompagne, s’immisce entre eux et ne les lâche pas, les comédiens se donnent la réplique, discutent, s’apostrophent, se regardent, se touchent, se fâchent, jouent, rient, s’aiment, pleurent parfois, se dénudent même… offrant des scènes surprenantes, décapantes, insolites, émouvantes, drôles, poétiques, sensuelles, vivantes… 
Christophe Honoré, dans le cadre lui aussi, s’en approche ou s’en éloigne et semble vouloir capter chez les acteurs du Français – dont la devise « Simul et Singulis » signifie être ensemble et être soi-même – toute la vibration de ce collectif dans ce moment suspendu à l’incertain.
Où l’on découvre un Stéphane Varupenne en Marcel Proust chantant à la guitare « My Lady d’Arbanville » de Cat Stevens, une Dominique Blanc un peu peste, un Laurent Lafitte obsédé par la bande-annonce de son prochain film, une Julie Sicard en proie aux souffrances de l’amour, une Anne Kessler survoltée aux talents de dessinatrice, une Claude Mathieu à bout de nerfs, une Elsa Lepoivre, toujours lumineuse et rayonnante, comme la duchesse Oriane, objet de la fascination de Proust, qu’elle incarne…
Séquences de vie, d’improvisation… ou mises en scène ?

« Voilà ce que j’écrivais le 18 juin 2020 aux actrices et aux acteurs de la Comédie-Française avec qui, en mars, j’avais commencé à répéter un spectacle d’après Proust, avant que l’instauration du premier confinement nous enferme chacun chez nous :
“Il semblerait qu’on puisse se revoir enfin en juillet et il semblerait qu’on me confie une caméra. Il y aurait donc un film à faire. Un film qui parlerait de vous, de Proust, de ce qui se passe autour de nous, de nos vies. Je n’ai rien écrit, sinon quelques notes. J’ai le rêve d’un film qu’on pourrait imaginer ensemble au jour le jour. C’est jamais aussi simple que ça. Néanmoins, dans l’urgence de cette fabrication qui s’offre à nous, je me dis qu’il faut tenter notre chance sans craindre l’effet tremblé, l’effet inachevé. On se retrouverait de 14.00 à 23.00 pendant ces dix jours, et on filmerait des choses qu’on a décidées la veille. Il y aurait parfois un peu de texte, parfois des improvisations, parfois de la vie telle quelle qu’on tâcherait de capter. J’aime bien l’idée de vous filmer et vous regarder de près.”
Je ne veux pas avoir à clarifier ici ce qui est d’ordre plus documentaire, ou autobiographique, de ce qui l’est moins. Mais je sais que ce film est certainement “le plus vrai” de ceux que j’ai pu tourner. Aux spectateurs maintenant de décider ce qui, dans Guermantes, a bien eu lieu. »

Christophe Honoré. mai 2021

À 20.55 Guermantes

Sortie en salles le 29 septembre 2021

Paris, été 2020. Une troupe répète une pièce d’après Marcel Proust. Quand on lui annonce soudain que le spectacle est annulé, elle choisit de continuer à jouer malgré tout, pour la beauté, la douceur et le plaisir de rester ensemble.

Film (2h19) de Christophe Honoré, avec la troupe de la Comédie-Française– Scénario Christophe Honoré – Production Les Films Pelléas, en coproduction avec La Comédie-Française, Ego Productions, Mediawan Group, et avec la participation de France Télévisions       
      
Avec les comédiens de la Comédie-Française : Claude Mathieu, Anne Kessler, Éric Génovèse, Florence Viala, Elsa Lepoivre, Julie Sicard, Loïc Corbery, Serge Bagdassarian, Gilles David, Stéphane Varupenne, Sébastien Pouderoux, Laurent Lafitte, Dominique Blanc, Yoann Gasiorowski. Et avec Mickaël Pelissier. 

Le spectacle Le Côté de Guermantes d’après Marcel Proust, mis en scène par Christophe Honoré, a été créé par la troupe de la Comédie-Française le 30 septembre 2020 au Théâtre Marigny.

À 23.15 Céleste et Monsieur Proust

Ce film est une plongée unique dans l’intimité de l’écrivain français le plus célèbre dans le monde. C’est aussi le récit d’une relation exceptionnelle, une rencontre improbable entre un mondain et une jeune paysanne de Lozère : Céleste Albaret. En 1973, à l’âge de 82 ans, Céleste accepte de raconter la vie hors norme qu’elle a partagée avec l’écrivain. Il s’agit d’un portrait inédit de celui qui a bouleversé le paysage littéraire avec son œuvre-cathédrale de trois mille pages, À la recherche du temps perdu. Jamais encore un film n’avait retranscrit le témoignage sonore de celle qui l’accompagna pendant les dernières années de sa vie.
« Il n’y a pas de nuit que je ne pense à lui. J’ai vécu avec cet homme avec une intensité de plaisir, de joie, de son charme, de sa conversation, de l’homme extraordinaire qu’il était. Et il a rempli ma vie. » Pour s’approcher de cette relation exceptionnelle, le recours à la fiction s’est imposé à travers une mise en scène des moments de la vie de Céleste et Marcel dans leur appartement parisien.
La comédienne Chloé Réjon incarne Céleste, qui se souvient de ces neuf années passées auprès de « Monsieur ». À travers cette histoire étonnante et émouvante entre deux êtres si différents, plusieurs thématiques s’entremêlent : la maladie, la solitude, la mémoire, la comédie humaine, l’homosexualité et la mort. « À ma chère Céleste, ma fidèle amie de huit années, mais en réalité si unie à ma pensée que je dirai plus vrai en l’appelant mon amie de toujours, ne pouvant plus imaginer que je ne l’ai pas toujours connue. Son ami Marcel. »

Film –  Auteures Élisabeth Kapnist et Juliette Bot, d’après une idée originale de Juliette Bot – Réalisation Élisabeth Kapnist – Avec les voix de Céleste Albaret et Chloé Réjon

Guermantes et Céleste et Monsieur Proust sont diffusés sur France 5 vendredi 24 septembre à partir de 20.55
À voir et à revoir sur france.tv

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