Soirée événement : « Jusqu’à la garde » et « Amour à mort »

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre, France Télévisions réaffirme et poursuit son engagement au long cours pour lutter contre ce fléau, et pousser chacune et chacun à agir et à réagir. Le 24, France 2 propose ainsi deux œuvres particulièrement puissantes et emblématiques : le film « Jusqu’à la garde », de Xavier Legrand, et le documentaire « Amour à mort », signé Éric Guéret, dans «&nbs

Léa Drucker et Bruno Ménochet dans « Jusqu’à la garde ». © KG Productions / France 3 Cinéma

À 21.05 : Jusqu’à la garde

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive.
Ce premier long-métrage écrit et réalisé par Xavier Legrand a été couronné par de multiples prix prestigieux, en France et à l’étranger, notamment 4 César, dont ceux du meilleur film, de la meilleure actrice pour Léa Drucker, et le Lion d’argent de la meilleure mise en scène à la Mostra de Venise.

Extraits de l’interview de Xavier Legrand à France info

1er février 2018

Comme dans votre court-métrage Avant que de tout perdre, vous abordez un drame social, la violence conjugale, en mettant le spectateur sous tension.
Xavier Legrand :
La peur est à l’origine de Jusqu’à la garde. La peur que suscite un homme prêt à tout pour retrouver la femme qui veut se séparer de lui et fuir son extrême violence. Le personnage d’Antoine, interprété par Denis Ménochet, est une menace permanente pour ses proches. Il met son entourage sous tension, il n’entend que sa douleur, il est prêt à manipuler quiconque, y compris ses enfants. Les femmes qui ont subi des violences conjugales, comme celle jouée par Léa Drucker, sont tout le temps en alerte, elles savent que le danger peut surgir de n’importe où, n’importe quand et n’épargner personne. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi des suites de ces violences, et même si les médias en parlent, le sujet reste tabou. (…) Je désirais sensibiliser le public à ce drame en le traitant avec les armes du cinéma qui me passionne depuis toujours, celui d’Hitchcock, d’Haneke ou de Chabrol, un cinéma qui fait participer le spectateur en jouant avec son intelligence et avec ses nerfs.

Comment avez-vous utilisé et travaillé les différents genres cinématographiques – réalisme, drame social, suspense, thriller – pour enrichir les différents aspects de votre film ? 
X. L. :
Je me suis d’abord beaucoup documenté. J’ai fait des investigations auprès d’une juge aux affaires familiales, interrogé des avocats, des policiers, des travailleurs sociaux et même des groupes de parole d’hommes violents. Un sujet aussi délicat exige d’être au plus proche de la réalité tout en évitant de tomber dans l’écueil du simple documentaire, ou d’un drame social qui ne raconterait finalement qu’un fait divers. C’est en inversant le point de vue de l’histoire que j’ai pu mettre en exergue le suspense du quotidien. J’ai adopté une dramaturgie où nous suivons bien un « héros » : Antoine, mais du point de vue des différents obstacles qu’il doit surmonter pour arriver à ses fins : la juge, son fils et son ex-femme. Ainsi le spectateur vit en temps réel le doute de la juge, la pression subie par l’enfant et la terreur de la femme traquée. J’ai voulu donner une lecture politique et universelle du sujet, tout en plongeant le spectateur dans une histoire de cinéma de genre (celui du monstre qui cherche sa proie), où le suspense et la tension alimentent le récit et vice versa.


22.45 Infrarouge : Amour à mort

Sept femmes victimes de violences conjugales, qui ont réussi à s’en sortir, prennent la parole. Sept exemples de chemins de vie et de combat. Sept parcours de résilience. Elles disent l’isolement, le silence, la dévalorisation et la culpabilité sur lesquels repose l’emprise. Elles disent les ravages que ces violences ont produits sur elles-mêmes et sur leurs enfants. Mais en s’adressant à celles qui subissent encore la violence, elles donnent surtout de l’espoir. Il est possible de s’en sortir à condition de sortir du silence. Quand la parole intervient, la violence recule.

Jusqu’à la garde

Fiction (90 min – 2017) – Scénario et réalisation Xavier Legrand – Production KG Productions, en coproduction avec France 3 Cinéma – Avec la participation du Centre national du Cinéma, Canal+, France Télévisions, Ciné+, Haut et Court Distribution, avec le soutien de la Région Bourgogne-Franche-Comté et de la Procirep

Avec Léa Drucker (Miriam), Denis Ménochet (Antoine), Thomas Gioria (Julien), Mathieu Saïkaly (Samuel), Florence Janas (Sylvia), Saadia Bentaïeb (la juge), Sophie Pincemaille (Maître Davigny), Émilie Incerti-Formentini (Maître Ghénen)…

Infrarouge : Amour à mort

Documentaire (98 min) – Présentation Marie Drucker – Auteur et réalisateur Éric Guéret – Production Morgane Production, avec la participation de France Télévisions

Jusqu’à la garde et Amour à mort sont diffusés mercredi 24 novembre à partir de 21.05 sur France 2 

La soirée se poursuit par la rediffusion du bouleversant documentaire Féminicides, l’affaire de tous, coréalisé par Lorraine de Foucher et Jérémy Frey
À voir et revoir sur france.tv

3919 Violence Femmes Info

Chantage, humiliation, injures, coups... Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919. Gratuit et anonyme, ce numéro de téléphone est accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Il propose une écoute, il informe et il oriente vers des dispositifs d'accompagnement et de prise en charge. 

 

Publié le 19 novembre 2021
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