L’exil de Napoléon à Sainte-Hélène dans « Secrets d’Histoire »

Elle fut sa dernière demeure, son premier tombeau. Une île volcanique, battue par les vents, choisie par les Britanniques pour accueillir l’empereur déchu. Dans le cadre de la programmation initiée par France tv à l’occasion du 200e anniversaire de la mort de Napoléon Bonaparte, « Secrets d’Histoire » revient, lundi à 21.05 sur France 3, sur les raisons de son exil à Sainte-Hélène et sur ses conditions de vie.

Comédien interprétant Napoléon Bonaparte
« Secrets d'Histoire : Napoléon, l’exilé de Sainte-Hélène » © Laurent Menec / SEP

Altesse royale, en butte aux factions qui divisent mon pays et à l’inimitié des plus grandes puissances de l’Europe, j’ai terminé ma carrière politique et je viens comme Thémistocle m’asseoir sur le foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois que je réclame de votre altesse royale comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis.

Napoléon Bonaparte au prince régent d’Angleterre, le 13 juillet 1815

Au lendemain de sa défaite à Waterloo et après avoir abdiqué en faveur de son fils Napoléon II (alors âgé de 4 ans), l’empereur déchu espère refaire sa vie en Amérique ou, qui sait, en Angleterre. Seulement, en lieu et place des sauf-conduits nécessaires pour naviguer sans craindre d’être arrêté et de la clémence du prince régent d’Angleterre, Napoléon obtient un aller simple pour Sainte-Hélène, une île sous domination anglaise au large de l’océan Atlantique.

Longwood House, demeure impériale

Prisonnier des Anglais, il est contraint à résidence à Longwood House. Située sur un plateau isolé, l’ancienne ferme, devenue demeure d’été d’un gouverneur, est facile à surveiller pour ses geôliers. Imaginez une maison de 1 000 mètres carrés bordée de jardins. Actuellement, elle conviendrait parfaitement pour passer le confinement et supporter la crise sanitaire. Mais, au terme de quelques semaines, pour peu que les hôtes soient nombreux, elle deviendrait sans nulle doute le théâtre d’un huis-clos oppressant. Il en fut ainsi pour le général et ses compagnons d’exil. Outre la promiscuité et l’ennui, tous devaient vivre au rythme de l’empereur et des contraintes imposées par le gouverneur, sir Hudson Lowe (qui prit ses fonctions en avril 1816). Napoléon profita de sa réclusion pour dicter ses Mémoires et ainsi assurer sa postérité (Mémoires pour servir à l’histoire de France sous Napoléon Ier, publication partielle à partir de 1823 et en intégralité en 1847). L’autre ouvrage indissociable de cette période reste le Mémorial de Sainte-Hélène rédigé par Emmanuel de Las Casas. L’auteur y rassemble les pensées de Napoléon et relate le quotidien sur l’île. Ce texte, publié en 1823, contribua aux fondements du bonapartisme.
En 1821, le 5 mai, Napoléon Bonaparte s’éteint après des mois de souffrance (comme vous pourrez le constater, le gouverneur anglais a toujours minimisé le mal qui rongeait son ennemi juré) et six années de captivité. Après avoir été autopsié, comme il l’avait stipulé dans son testament, son corps sera inhumé dans la vallée du Géranium. Il devra attendre 1840 pour rejoindre sa dernière demeure aux Invalides.

Domaines nationaux français à Sainte-Hélène

Les domaines napoléoniens de l’île de Sainte-Hélène sont des propriétés françaises depuis 1857, administrées et entretenues par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères depuis 1858.
Les trois domaines français de l’île sont :
– la maison de Longwood, principal lieu de résidence de Napoléon, de décembre 1815 à mai 1821 ;
– la vallée de la Tombe, où Napoléon fut inhumé de 1821 à 1840 ;
– le pavillon des Briars, premier lieu de résidence de Napoléon d’octobre à décembre 1815.

Dans le cadre de la commémoration de la mort de Napoléon Ier en 1821, les domaines nationaux de Sainte-Hélène organisent plusieurs cérémonies sur le premier lieu d’inhumation de l’empereur.
(Source : domaines nationaux français à Sainte-Hélène)

Photo de Stéphane Bern
« Secrets d'Histoire » avec Stéphane Bern.
© Laurent Menec / SEP

Secrets d’Histoire : Napoléon, l’exilé de Sainte-Hélène

Le 5 mai 1821, l’empereur Napoléon s’éteint à 51 ans sur une île anglaise perdue au beau milieu de l’océan Atlantique, Sainte-Hélène. Sur ce rocher sinistre, l’empereur déchu doit mener une lutte sans merci contre le gouverneur-geôlier, affronter les querelles de ses compagnons, la promiscuité, les rats, la nourriture anglaise, l’ennui et la misère sexuelle. Mais aussi la dépression, la maladie et la mort. Dans cette ultime bataille, il achève de construire sa légende. De l’île d’Aix à Sainte-Hélène, en passant par Fontainebleau, les Invalides, Châteauroux ou la Malmaison, Stéphane Bern et Secrets d’Histoire nous emmènent à la découverte des stupéfiantes six dernières années de Napoléon. Sans oublier son étonnante épopée post mortem

Magazine culturel (112 min – inédit) – Présentation Stéphane Bern – Auteur du documentaire et réalisation des sujets Antoine de Meaux – Réalisateur des séquences avec Stéphane Bern et des évocations Benjamin Lehrer – Production Société Européenne de Production, avec la participation de France Télévisions – Avec le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée

Avec la participation de Jean Tulard (historien), Thierry Lentz (historien), Pierre Branda (historien), Patrice Gueniffey (historien), Philippe Séguy (journaliste), Charles-Eloi Vial (historien), Emilie Robbe (historienne), Léa Charliquart (historienne), Christophe Pincemaille (conservateur), Tim Clayton (historien), Andrew Roberts (historien)

Ce magazine est diffusé lundi 19 avril à 21.05 sur France 3
Secrets d’Histoire : Napoléon, l’exilé de Sainte-Hélène est à voir et revoir sur france.tv

En écho à l’exposition consacrée à la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, à la Grande Halle de la Villette, France tv propose une programmation d’envergure sur les antennes et les réseaux du groupe, ainsi que sur france.tv.

Publié le 16 avril 2021
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