La traque de la bête du Gévaudan

On pourrait croire à une légende, et pourtant il n’en est rien. La bête a réellement existé. En Gévaudan, elle a semé la mort et marqué à vie les rescapés. Sa traque devint sujet d’État, enfin du roi Louis XV. Un fait-divers devenu mythique dont Stéphane Bern vous expose les faits ce lundi à 21.05 sur France 3.

« Secrets d'histoire : Louis XV et la bête du Gévaudan ». © Laurent Menec / SEP

Là [Louis XV] s’engage personnellement, donc [François Antoine] a une obligation de résultat. Si Antoine échoue, c’est Louis XV qui sera atteint. Il faut nécessairement qu’il tue la bête.

Jean-Christian Petitfils, historien

Ses agissements ont défrayé la chronique de 1764 à 1767, angoissé parents, enfants et villageois du Gévaudan (l’actuelle Lozère) et conduit les autorités compétentes (dont le roi Louis XV) à prendre des dispositions radicales pour l’exterminer… Du moins tenter de la tuer. Cette bête, décrite comme féroce, s’en prenait aux jeunes adolescents et enfants, allant jusqu’à déchiqueter leurs corps. Quiconque croisait l’animal était pétri d’effroi. De nombreuses histoires ont été écrites à son sujet et, dans la grande majorité, bien longtemps après les faits. « La bête du Gévaudan est sans doute une source sans fin de développements de notre imagination, rappelle le professeur d’histoire Jean-Marc Moriceau, mais c’est la part de liberté que l’homme a toujours voulu conserver par rapport à la réalité. »
Une seule question s’impose avant de découvrir le numéro de Secrets d’histoire qui lui est consacré : qu’auriez-vous fait si vous l’aviez croisée ?  


Alain Bonet, spécialiste de la bête du Gévaudan : – Ce 12 janvier [1765], sept enfants accompagnent un troupeau sur un pâturage et ils sont menés par le plus âgé d’entre eux qui s’appelle Jacques Portefaix, un jeune adolescent.
Jean-Claude Bourret, journaliste : – D’un seul coup, la bête arrive, énorme. Elle grogne. Les enfants sont terrorisés et elle finit par attraper un garçon par le crâne, par la tête.
Alain Bonet : – Très rapide discussion chez les enfants : « Puisque la bête s’en va, est-ce que nous on en profite, on rentre chez nous, et puis c’est malheureux mais on n’en perd qu’un sur le groupe. » Jacques Portefaix prend la décision ferme : « Non, nous allons délivrer notre camarade ou périr avec lui. »
Jean-Claude Bourret : – Et Portefaix se révèle alors un chef exceptionnel. Il remobilise ses troupes qui poussent la bête vers une fondrière, dans laquelle la bête s’enfonce. On vise les yeux, on la pique.
Alain Bonet : – Et ça marche. Elle va abandonner sa proie, elle s’enfuit. Et donc tout le monde est vivant. Sept petits enfants du Gévaudan ont fait fuir la bête et sauvé tout le monde.


C’est un fait-divers, la bête du Gévaudan, ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une légende. Non, c’est un fait-divers. On pouvait réellement se faire dévorer en sortant de chez soi.

Je pense que c’est ça aussi qui fait que la bête du Gévaudan ne s’éteint pas, c’est que c’est un vrai film d’horreur. Vérifié. Juste là, chez nous.

Alexandre Astier, réalisateur et comédien

Les intervenants

Soline Anthore-Baptiste, Nicolas Baptiste, Jean-Paul Chabrol, Bruno Jaudon, Évelyne Lever, Jean-Christian Petitfils, historiens, Alexandre Astier, réalisateur, Benoît Baud’huin, vétérinaire, Oriane Beaufils, conservateur du patrimoine au château de Fontainebleau, Alain Bonet, spécialiste de la bête du Gévaudan, Guy Crouzet, historien de la bête du Gévaudan, Hélène Delalex, conservateur du patrimoine au château de Versailles, Pauline Gendry, directrice des archives de la Lozère, Catherine Hermary-Vieille, écrivain, Magali Lacousse, archiviste paléographe aux Archives nationales, Sylvain Macchi, responsable zootechnique, parc des loups du Gévaudan, Alexandre Maral, conservateur général au château de Versailles, Jean-Marc Moriceau, professeur d’histoire moderne à l’université de Caen, Clément Oury, conservateur à la bibliothèque du Muséum national d’histoire naturelle, Dominique Prévôt, conservateur au musée de l’Armée, Yannick Séité, historien de la littérature, Bernard Soulier, président de l’association Au pays de la bête du Gévaudan, et Lydia Zatela, chargée de recherches documentaires au château-musée de Gien

Secrets d’histoire : Louis XV et la bête du Gévaudan

Plus qu’une légende, ce sont bien des faits réels qui se sont déroulés au XVIIIe siècle, sous le règne de Louis XV. À l’époque, une bête féroce est à l’origine de dizaines de morts et de centaines de blessés dans une contrée isolée du royaume, le Gévaudan. Traquer ce prédateur, dont on n’arrive pas à définir l’espèce, s’avère bien plus compliqué que prévu. Les meilleurs chasseurs, soldats ou encore louvetiers affluent en Gévaudan, mais rien n’y fait, la redoutable bête reste insaisissable. Les gazettes de l’époque transforment ces événements étranges en un véritable feuilleton. Les lecteurs du monde entier sont tenus en haleine avec ces nouvelles inquiétantes. Excédé par la mauvaise presse et par les échecs successifs, Louis XV doit prendre des mesures draconiennes.

Magazine culturel
 (109 min - inédit) – Présentation Stéphane Bern – Auteur et réalisation (sujets) Daniel Rihl – Réalisation (plateaux) Xavier Lefebvre – Réalisation (évocations) Benjamin Lehrer – Production Société Européenne
 de Production, 
avec la participation de France Télévisions – Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’image animée

Cet inédit est diffusé lundi 27 septembre à 21.05 sur France 3
Secrets d’histoire : Louis XV et la bête du Gévaudan est à voir et revoir sur france.tv

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