L’épopée d’Hubble, la star des télescopes spatiaux

Après des débuts chaotiques, ses images ont fait le tour du monde, dévoilant au plus grand nombre la beauté et quelques-uns des secrets de notre Univers. « L’Odyssée d’Hubble, un œil dans les étoiles » est le nouveau « Science grand format », diffusé ce jeudi à 21.00 sur France 5.

« Science grand format : L'Odyssée d'Hubble, un œil dans les étoiles ». © Découpages

Un instrument comme Hubble apporte certainement plus de questions que de réponses. Et en tant que scientifiques, nous aimons ça. C’est le plein emploi pour nous.

Charlie Pellerin, ancien chef de projet Hubble (Nasa)

En 1946, lorsque le physicien Lyman Spitzer écrit un projet confidentiel sur ce qu’apporteraient de grands télescopes placés au-dessus de l’atmosphère terrestre, avait-il conscience des problématiques (financières, logistiques, informatiques) à surmonter pour parvenir à mettre en orbite un tel appareil ? « J’ai fait mon travail avec plaisir dès les débuts d’Hubble, explique l’ancien directeur scientifique de la Nasa, David Leckrone, parce que je croyais au rêve scientifique de Lyman Spitzer. C’était faisable avec notre technologie. Et les retombées pouvaient être immenses pour la science. »  

Vous contemplez quelque chose qui parle de nos racines, de nos origines. De la façon dont nous sommes arrivés jusqu’ici.

L’astrophysicien Jeff Hester à propos des Piliers de la création

L’avènement d’Hubble

Trente-deux ans après son lancement dans l’espace, personne ne viendrait aujourd’hui remettre en cause son utilité. Entre les découvertes dont ont bénéficié les chercheurs et les déboires de ses débuts, une éternité semble s’être écoulée.
Il a suffi d’un cliché, assemblé à partir de 32 images en 1995, pour changer à jamais la perception du télescope spatial Hubble auprès du grand public et des médias. « Nous avons tout de suite perçu que c’était spectaculaire, commente l’astrophysicien Jeff Hester, mais à l’époque nous n’avions pas idée que cette image [Les Piliers de la création] deviendrait le symbole de la guérison d’Hubble. » Il faut dire qu’à ses débuts Hubble souffrait d’une forte myopie. Un problème lié à un assemblage aux forceps d’une pièce hautement stratégique avait conduit à ce trouble de la vue, détecté une fois le télescope envoyé dans l’espace. Si la réparation en elle-même était envisageable, mener une intervention en orbite à des centaines de kilomètres de la Terre nécessitait forcément plus de préparation. Et bien évidemment un coût supplémentaire à un projet jugé déjà pharamineux. Sans l’essor des navettes spatiales, Hubble n’aurait jamais vu le jour. Sans les vols habités, il n’aurait jamais pu être réparé. Le postulat de départ voulait que Hubble tienne dans une navette (pour voyager jusque dans l’espace) et puisse bénéficier par la suite de missions de réparation (menées par des astronautes). Sa vue défaillante ne fut pas le seul problème résolu par des astronautes. Jusqu’au dernier vol habité, il bénéficia de soins et d’améliorations technologiques lui permettant encore aujourd’hui de transmettre de précieuses informations aux cosmologistes, physiciens, astrophysiciens sur notre cosmos. Sans lui, jamais par exemple ils n’auraient mesuré l’accélération de l’expansion de l’Univers. « La découverte du fait que l’Univers s’étend de plus en plus vite depuis six milliards d’années a été une révolution pour les scientifiques, confie l’astrophysicien David Elbaz, parce qu’elle suggère qu’il existe dans l’Univers une forme d’énergie totalement inconnue. »
Si de plus en plus souvent Hubble montre des signes de comas électroniques dus à des pannes, n’allez pas croire pour autant qu’il disparaîtra définitivement avec l’arrivée du télescope spatial Webb. « Quand il a des problèmes très sérieux, explique l’ingénieur Mike Wenz, Hubble nous dit : “Attendez une minute les gars, je vais m’arrêter. Et il se met dans ce que nous appelons des modes de sécurité. Il va s’éteindre, se recroqueviller. Cela signifie : “Je vais rester là jusqu’à ce que vous trouviez ce qui ne va pas et que vous me répariez.” Parce qu’il doit être intelligent pour faire plein de choses sans notre intervention. Hubble fait beaucoup par lui-même. Il est bien plus vivant que ce que beaucoup de gens imaginent. »

Ce n’est pas qu’un satellite, il représente la quête de l’humanité pour la connaissance. Et nous lui souhaitons un long voyage.

Un astronaute en voyant s’éloigner Hubble (après la toute dernière réparation effectuée le 11 mai 2009)

L’Odyssée d’Hubble, un œil dans les étoiles

Ce film raconte les aventures et mésaventures de la star des télescopes spatiaux avec quelques-uns des acteurs qui ont écrit son histoire. Leurs récits, les nombreuses archives de la Nasa et les images prises par Hubble se combinent pour raconter cette grande aventure humaine, scientifique, artistique et philosophique.

Magazine – Présentation Mathieu Vidard
Documentaire (90 min - 2022) – Auteurs Laurent Lichtenstein et Aline Houdy – Conseiller scientifique David Elbaz, CEA – Réalisation Laurent Lichtenstein – Commentaires François Tavares – Compositeur François Crépu – Production Découpages, avec la participation de France Télévisions,du Centre national du Cinéma et de l’Image animée – Avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Procirep, Société des Producteurs,de l’Angoa

À la 24e édition du Festival des créations télévisuelles de Luchon 2022, le film a reçu le prix Excellence pyrénéenne du documentaire.

Ce documentaire est diffusé jeudi 2 juin à 21.00 sur France 5
Science grand format : L’Odyssée d’Hubble, un œil dans les étoiles est à voir et revoir sur france.tv

Bonus

1 jour, 1 question : C’est quoi le télescope Hubble ?

Illustration du programme Un jour, une question
Cliquez sur l'image pour découvrir la vidéo.

L’espace immortalisé par Hubble

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Publié le 31 mai 2022
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