« Sale Temps pour la planète » : le Var, un patrimoine naturel en proie aux changements climatiques

Nous avons tous vu des images des méga-incendies touchant chaque année la côte ouest des États-Unis ou celles des pluies torrentielles ravageant cultures et maisons à travers le monde. La France est pour l’instant préservée de ces feux gigantesques, mais l’eau, lorsqu’elle tombe en abondance, crée déjà des carnages. Dans le Var, certains cherchent à se prémunir au mieux face à ces intempéries toujours plus impressionnantes. Des initiatives à découvrir lundi à 20.50 sur France 5.

« Sale Temps pour la planète : Var, le feu et l'eau ». © Elle est pas belle la vie

Avec un peu plus d’un million d’habitants, le département du Var est moins urbanisé que ses voisins côtiers (Bouches-du-Rhône et Alpes-Maritimes), pour autant, ils sont toujours plus nombreux à choisir de s’y installer ou d’y passer des vacances. Si le Var peut se prévaloir de posséder la deuxième plus grande forêt de métropole, après celle des Landes, il renferme d’autres trésors qu’il est tout aussi vital de protéger des aléas climatiques (et des appétits touristiques). Car le sud de la France n’est pas épargné par les changements météorologiques. Sécheresse, pluies diluviennes et crues à répétition malmènent terres et habitants. Pour en mesurer les conséquences, il faut, comme le réalisateur Morad Aït-Habbouche, emprunter les chemins de traverse en compagnie des protecteurs de ce patrimoine inestimable. Ils sont la voix de la nature, de ce qu’elle met à notre disposition, à condition de savoir être raisonnable et redevable.

Nous, on fait tout pour que cela n’arrive pas, on travaille pour débroussailler, pour informer les gens, pour faire de la répression, si besoin. Et là, en quelques minutes, vous êtes en train de réaliser que vous allez perdre le bénéfice de décennies de travail. Et le lendemain, il n’y a plus rien. C’est la Lune. Tout est poussiéreux. Tout est silence. En fait, la vie a déserté complètement cet endroit-là, alors que vous travaillez pour la vie sauvage, la vie naturelle, qui s’exprime dans la faune, dans la flore. Et là, il n’y a plus rien, plus rien du tout.

Pierre Lacosse, garde du parc national de Port-Cros, à propos de l’incendie de 2017

Des incendies similaires à ceux de 2003 (19 000 hectares partis en fumée) et de 2017 (550 hectares détruits, soit l’équivalent de 800 terrains de football), qui ont ravagé les terres et marqué les esprits, sont à tout moment susceptibles se reproduire. Les pompiers n’ont d’autre choix que de s’entraîner, sans relâche, pour contrer l’inéluctable. Depuis un centre de simulation unique en Europe, ils peuvent envisager différents scénarios de feux de forêt et les affronter, tout en espérant n’avoir jamais à les affronter sur le terrain. S’adapter, encore et toujours, pour éviter au maximum les risques encourus sur de telles interventions. Si la faune et la flore savent faire preuve de résilience, comme vous pourrez le constater au cap Lardier, ce n’est pas une raison pour baisser notre vigilance. Au contraire, c’est maintenant qu’il faut agir tant que l’urgence ne dicte pas sa loi. En prenant exemple sur ces domaines viticoles et oléicoles, qui débroussaillent les talus, créent des clairières dans les bosquets, suppriment les branches basses des pins maritimes et apprennent à éteindre tout feu naissant. Ou ceux qui diversifient leurs cultures pour continuer leur activité. Une manière de s’adapter aux conditions climatiques qui gangrènent leurs récoltes plus souvent qu’ils ne le voudraient.

Les caprices de l’eau

L’eau, qu’elle vienne de la mer ou des terres, est aussi destructrice que les flammes. L’Argens est un fleuve côtier de 115,6 kilomètres. On vante sa beauté, son côté sauvage. Mais, ne vous y trompez pas, ses rives trop souvent habitées ou utilisées à d’autres fins qu’agricoles sont autant de dangers lorsque le fleuve sort de son lit. Une crue charrie tout sur son passage, sans distinction aucune. On est en droit de s’interroger en voyant de telles pratiques perdurer, s’intensifier (comme c’est aussi le cas sur la presqu’île de Giens), alors qu’ailleurs la réglementation est scrupuleusement respectée. Un camping s’est même prémuni de ces débordements en imaginant des installations sur pilotis. Même la plage de Pampelonne (sur la commune de Ramatuelle), rendue célèbre par le film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme, avec Brigitte Bardot, a vu ses constructions en béton disparaître au profit d’établissements estivaux démontables. Et les exemples, positifs et viables, sont nombreux. Plutôt que de maintenir des habitudes inadaptées, inspirons-nous de ce qui a fait ses preuves pour vivre au mieux les années à venir. 

Sale Temps pour la planète : Var, le feu et l’eau

2021, une très belle année pour le tourisme dans le Var. Pour la première fois, il détrône Paris de la première place des destinations françaises ! Certes, il ne s’agit que des chiffres du premier semestre, mais, avec la crise sanitaire, les touristes modifient leurs habitudes. Il faut dire que ce département de la Côte d’Azur répond de mieux en mieux aux envies d’évasion dans une nature préservée. Arrière-pays, massif de l’Estérel ou des Maures, la région offre aussi un couvert forestier qui fait du Var le département le plus boisé de métropole, derrière celui des Landes. Un atout de taille, et un allié incontournable pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Une beauté fragile ! Ce patrimoine naturel exceptionnel subit aussi de plein fouet les bouleversements climatiques en cours.

Documentaire (inédit) – Réalisation Morad Aït-Habbouche – Production Elle Est Pas Belle La Vie ! et MAH Production, avec la participation de France Télévisions

Ce documentaire est diffusé mercredi 14 juillet à 20.50 sur France 5
Sale Temps pour la planète : Var, le feu et l’eau est à voir et revoir sur france.tv

Publié le 09 juillet 2021
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