« Sale temps pour la planète » : Saint-Pierre-et-Miquelon

Comment l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon réagit-il face aux conséquences du changement climatique ? Réponse dans ce numéro inédit de « Sale temps pour la planète ». Mercredi 11 août à 20.50 sur France 5.

Saint-Pierre-et-Miquelon, aux avant-postes des changements climatiques

Sale temps pour la planète, la série emblématique de France 5 qui témoigne de son engagement en faveur de l'environnement depuis quinze saisons, poursuit son tour de France estival des régions les plus menacées et les plus combatives face au changement climatique. Après le Morbihan, le Cotentin, le Var et le Roussillon, cap sur Saint-Pierre-et-Miquelon, de l'autre côté de l'Atlantique, un archipel français qui se trouve à la même latitude que Nantes. Mais ici, pas de Gulf Stream ni de climat tempéré. Ici, on ne connaît que deux saisons : l'hiver, qui s'allonge ; et l'été, qui s'étend de juin à septembre. En quelques minutes, les paysages peuvent disparaître sous une épaisse couche de nuages. Une préfiguration de l'avenir, où le bouleversement du climat pourrait transformer les lieux en villes fantômes, obligeant ses habitants à l'exode...

Sur place, les élus prennent très au sérieux la montée des eaux et les tempêtes à répétition, qui rongent peu à peu la terre. Ce, d'autant que la route principale, construite sur l'isthme, pourrait un jour céder et transformer Miquelon en deux îles distinctes... Pour les autorités, les mots d'ordre sont l'endiguement et l'enrochement. À Saint-Pierre, où vivent environ 5 000 habitants, une immense digue a ainsi été construite pour défendre les infrastructures portuaires. De son côté, l'aéroport a été déplacé au sud de l'île, dès 1999.

Il est vrai qu'après la période faste de la prohibition et de la grande pêche, Saint-Pierre-et-Miquelon doit encore se réinventer. Aujourd'hui, l'archipel est plus que jamais dépendant des subsides de l'État. D'ailleurs, la moitié de sa population travaille dans la fonction publique. Par ailleurs, plusieurs mesures destinées à éviter la surpêche et la disparition des nouvelles ressources (comme le concombre de mer ou le homard) ont été mises en place, avec des effets très bénéfiques. 

Mais face aux conséquences des changements climatiques en cours, ces initiatives risquent d'être encore insuffisantes. Sur la commune de Miquelon, c'est en effet sur le très long terme que sont envisagés le Programme d'actions de prévention des inondations et celui des risques littoraux. Population en baisse, impossibilité pour les jeunes de s'installer en l'absence de foncier disponible, multiplication des tempêtes et des inondations, économie ralentie... : les sources d'inquiétude sont nombreuses. Et le scénario le plus probable semble s'orienter vers une délocalisation du village de Miquelon... 

Une chose est sûre : l'archipel doit absolument anticiper les changements et s'adapter sans tarder. À défaut, ses territoires ne seront bientôt plus qu'un désert abandonné au vent et à la houle, à l'image de l'île aux Marins, qui n'est plus habitée depuis le début du XXe siècle. Ce serait le pire des scénarios. Mais, à l'horizon 2100, c'est aussi le plus plausible...

Documentaire – Saison 15 (5 x 52 minutes) – Auteur et réalisateur Morad Aït Habbouche – Production Elle est pas belle la vie !, avec la participation de France Télévisions

 

Sale temps pour la planète est diffusé tous les mercredis à 20.50 sur France 5.
À voir et à revoir sur France.tv

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