Qui sont donc les hikikomori ?

Les hikikomori ne sont pas tous japonais, même s’il apparaît que la culture nippone soit plus propice à faire naître ce type de comportement. Mais de quoi parle-t-on ? Que désigne ce terme ? Marina Carrère d’Encausse a choisi de l’expliquer avec ce documentaire signé Michaëlle Gagnet. Mardi 16 juin à 20.50 sur France 5.

Hikikomori,
Hikikomori : les reclus volontaires ? © Magneto Presse

Le Monde en face propose de découvrir un phénomène social particulier né au Japon dans les années 1990, le hikikomori. Aujourd’hui, il semble s’étendre ailleurs dans le monde, et notamment en France, comme l’explique le documentaire de Michaëlle Gagnet, Hikikomori : les reclus volontaires ?

Ils seraient plus de 1 million au Japon souffrant de ce mal encore méconnu. « Hikikomori », ce terme japonais désigne surtout des hommes, et parfois des femmes, en rupture scolaire ou professionnelle, cloîtrés le plus souvent dans leur chambre pendant au moins six mois, voire plusieurs années, et ne sortant que pour satisfaire des besoins impérieux. 
Les causes de ce retrait sont multiples, généralement elles prennent racines dans un choc émotionnel tels que le divorce des parents, le harcèlement scolaire, le burn-out, la déception amoureuse ou le sentiment d’inutilité lié à la retraite. S’ensuit la peur de l’altérité, de l’interaction sociale et de l’inaptitude professionnelle. Puis survient la perte de désir et d’espoir. La personne atteinte de ce mal se construit une citadelle dans une petite pièce où elle peut vivre en toute sécurité. Les ordinateurs, les jeux ou la peinture leur servent d’occupation, mais ne sont pas la raison de leur isolement volontaire. 

Si je suis trop longtemps en contact avec les autres, je deviens fou.

Ikeida, 57 ans, reclus depuis trente-quatre ans

En France et au Japon, les caméras de Michaëlle Gagnet ont suivi le Dr Marie-Jeanne Guedj, psychiatre, qui a travaillé avec près d’une cinquantaine d’hikikomori. Ils se confient à visage découvert ou non, car un tabou encore solide entoure ce phénomène. Rompre le silence permettrait pourtant une prise en charge plus rapide, la meilleure chance de s’en sortir.
Au Japon, l’association New Start s’occupe d’hikikomori. Ils vivent ensemble, ne sont pas obligés de sortir de leur chambre mais reprennent confiance petit à petit dans ce cadre dénué de jugement. En France, à l’hôpital Sainte-Anne, le secteur 3, un service ouvert, accueille ces ermites du XXIe siècle. Là aussi, la bienveillance d’infirmiers spécialisés les aide à reprendre contact avec l’autre. Malheureusement, tous n’ont pas la chance de sortir de leur claustration et disparaissent lentement et totalement des radars de la société. Une menace sociétale de plus en plus flagrante dans le pays le plus vieux du monde*.

* Un Japonais sur quatre est âgé de plus de 65 ans. (Source : nippon.com)

Hikikomori : les reclus volontaires ?

Documentaire (70 min) - Réalisation Michaëlle Gagnet - Production Magnéto Presse, avec la participation de France Télévisions

Ils ne quittent pas leur chambre, restent enfermés chez eux des mois, voire des années. Loin du confinement obligatoire que nous venons de vivre, ces jeunes sont des « reclus volontaires ». On les appelle les « hikikomori », un mot japonais qui signifie se cloîtrer.
Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d’Encausse propose un débat avec quatre invités.

Hikikomori : les reclus volontaires ? est diffusé mardi 16 juin à 20.50 sur France 5
À voir et revoir sur france.tv

Et sur France tv slash

À partir du 1er juillet 2020, France tv slash propose une série documentaire-fiction en trois épisodes de 15 minutes intitulée Hikikomori, comment je me suis absenté du monde, réalisée par Nathalie Leruch et Nico Thépot, et produite par Magnéto Presse. Sous forme du journal de bord d’un reclus volontaire, cette série offre une plongée intime dans le mystérieux quotidien de l’un de ces jeunes que l’on surnomme hikikomori. 

Publié par Diane Ermel le 12 juin 2020
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