« Poutine, l’espion devenu président », une série documentaire disponible sur france.tv

L’enfant pauvre et querelleur de Léningrad est devenu l’homme le plus puissant de la Russie. Un parcours semé de croche-pattes auquel le réalisateur Nick Green s’est intéressé et que vous pouvez découvrir dans une série de 3 volets : « Poutine, l’espion devenu président » en intégralité sur france.tv.

Portrait de Vladimir Poutine
Vladimir Poutine © BBC

Parfois le toit fuyait, les murs étaient humides. On n’avait même pas de douche. Voilà comment on vivait. Beaucoup vivaient comme ça. Mais en réalité ce manque de confort matériel n’assombrissait en rien notre vie.

Vladimir Poutine à propos de son enfance

À sa naissance en 1952, ses parents sont ouvriers à l’usine ferroviaire de Léningrad. Son père a été soldat de l’Armée rouge pendant la guerre et sa mère a vécu le siège de la ville. Vladimir Poutine est leur troisième enfant et n’a jamais connu ses frères, morts en bas âge. Sans le judo, il serait peut-être devenu un caïd de son quartier, après avoir été la terreur de la cour de récré, et n’aurait donc jamais intégré le KGB et bien plus tard le Kremlin.

Poutine et les services secrets

« Si vous demandez à un Russe s’il sait qui est Stierlitz, explique Arkady Ostrovsky, l’auteur de The Invention of Russia, c’est comme si vous lui demandiez s’il sait qui est James Bond. Bien sûr qu’on sait qui est Bond. Dans Dix-Sept Moments du printemps, le personnage de Stierlitz, ce glorieux espion soviétique, a beaucoup marqué le pays. Cette série a été très importante pour Poutine. Il avait 21 ans quand la série est sortie. Et, deux ans plus tard, il a rejoint les services secrets. »
Lui qui rêvait de jouer aux espions a réussi son pari. Sachant même rebondir après la chute du mur de Berlin, alors qu’il était en poste à Dresde avec femme et enfants. Au point de gravir une à une les marches menant à la plus haute fonction.

On a fait un sondage pour savoir quelles images les gens associent au futur président. C’est un héros de film, Stierlitz, qui est arrivé en tête de liste. Le fait que Poutine ait appartenu au FSB apparaissait donc comme un plus. C’était l'espion du peuple qui allait entrer au Kremlin.

Gleb Pavlovski, stratège politique de Poutine de 1999 à 2011, à propos de sa première candidature

Diriger, le but ultime

C’est un personnage complexe, forgé par le KGB. Un homme d’influence qui, comme d’autres avant lui, s’est emparé du pouvoir à force de manigances. Un politique qui a su retenir les leçons de ses prédécesseurs pour éviter de commettre trop d’erreurs, sans pour autant se cacher de pister et de malmener ceux qui chercheraient à lui nuire. Un élu adoubé par une partie de sa population et détesté par l’autre. Un président, enfin, qui a choisi de modifier la Constitution pour pouvoir rester au pouvoir jusqu’en 2036.

En français, Poutine pourrait se traduire par « Duchemin ». Et le petit gars de Léningrad en a fait pour décrocher le poste suprême. En regardant les trois volets du documentaire que lui consacre Nick Green, reviennent en mémoire les rêves de Lénine, les trahisons et les exactions commises par Joseph Staline, les espoirs portés par Mikhaïl Gorbatchev et les déboires vécus par Boris Eltsine. Ces trois films nous obligent aussi à nous interroger sur ce que le monde a engendré de guerres et de conflits politiques, économiques et sociétaux. On en vient presque à regretter que la série se soit arrêtée avant le début de la pandémie, alors que Spoutnik V (le vaccin russe) vient de prendre sa revanche sur Apollo 11. Non pas qu’il y ait matière à se réjouir de la crise sanitaire que nous vivons, mais il serait intéressant de connaître la version de l’actuel hôte du Kremlin sur ce pied de nez à l’histoire.

Je pense qu’il se perçoit d’abord comme un dirigeant mondial, puis dans un second temps comme le président de la Russie. Ce titre de président de la Russie, c’est l’accessoire qui lui permet d’être un leader mondial. La scène mondiale l’intéresse plus que la scène russe.

Gleb Pavlovski, stratège politique de Poutine de 1999 à 2011

Poutine, l’espion devenu président
L’Ascension (1/3),

Comment, depuis vingt ans, Vladimir Poutine met à profit ses années au KGB pour diriger la Russie d’une main de fer, et comment il a instauré, au fondement de son pouvoir, la surveillance et l’élimination physique de ses opposants, le trucage électoral, la désinformation et l’ingérence dans des élections à l’étranger.

Série documentaire (3 x 47 min) – Réalisateur Nick Green – Compositeur Tom Howe – Production Rogan Productions

Poutine, l’espion devenu président est disponible jusqu’au 29 octobre sur france.tv

Publié le 05 février 2021
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