« Osez Bashung ! »

Entre images d’archives inédites, extraits de lives et témoignages de proches, « Osez Bashung ! » dessine le portrait intime d’un artiste mystérieux et inclassable, à l’œuvre introspective et éternelle. Un documentaire à découvrir jeudi à 23.40 sur France 2.

« Osez Bashung ! » © Sygma via Getty Images

« J’ai des petits yeux, une petite bouche. Il faudrait que j’ai les gros yeux d’Iggy Pop, la bouche de Mick Jagger... Les lunettes, c’est peut-être parce que je bouillonne trop à l’intérieur, j’ai peur que ça se voie trop. »

Avec toujours dans ses bottes des montagnes de questions, Alain Bashung a su tirer de sa complexe fragilité une œuvre unique et sensible. Au fil de ses quarante années de carrière, ponctuée de 13 albums studio et auréolée de 13 Victoires de la musique, l’artiste a préservé sa liberté avec une insolence naturelle. Et même quand, après des années de galère, son tube Gaby le fait sortir de l’ombre au début des années 1980, sa popularité continue de rimer avec marginalité. L’énigmatique et pudique Bashung, jusqu’alors « catalogué, selon lui, pour les non-dits de la nuit », continue d’intriguer… C’est pourtant au fil de son œuvre que l’homme se dévoile progressivement. Avec son Elsass Blues (qu’il va falloir qu’il recouse), l’artiste évoque ses blessures d’enfance alsacienne encore ouvertes, et se raconte entre les lignes.
« Je vois mes albums comme une sorte de parcours initiatique, chacun raconte les nuances que j’ai pu ressentir », confiait-il lors d’une interview.

Je vois mes albums comme une sorte de parcours initiatique, chacun raconte les nuances que j’ai pu ressentir.

Alain Bashung

Et même s’il avoue lui-même que ses textes ne sont « pas toujours très clairs », Bashung s’amuse avec les mots, avec l’envie de faire vivre la langue française : « J’ai pas envie de m’ennuyer, j’ai envie de pouvoir chanter de manière différente d’un soir à l’autre. »
Le changement, cette quête de renouveau, est sans doute au cœur du processus créatif de l’artiste, qui refuse la routine. « J’ai besoin de brûler quelque chose pour recommencer, expliquait-il. J’ai peur du bonheur béat. » Empreinte de son mal-être, ses excès, ses crises existentielles, ses dépressions, son œuvre à fleur de peau oscille ainsi avec élégance entre érotisme, mélodies troubles et hypnotiques. 

Pourtant, après un nouveau passage à vide, ce bonheur, Bashung finit par le trouver auprès de Chloé Mons, sa compagne rencontrée lors du casting du clip de La nuit je mens réalisé par Jacques Audiard. Musicalement parlant, Bashung flirte avec les sommets. Fantaisie militaire, L’Imprudence… Selon ses pairs, l’artiste place la barre de plus en plus haut. S’ensuit Bleu pétrole, l’album qui scelle ses retrouvailles avec la pop, mais aussi ses adieux à la scène. Lors de sa dernière tournée qui affiche complet, on dit qu’il n’a jamais aussi bien chanté… C’est face au public que Bashung, plus magnétique que jamais, trouve l’énergie de livrer son dernier combat contre la maladie. 

Osez Bashung !

Avec son parcours atypique, son goût pour les mots et sa capacité unique à faire le lien entre rock’n’roll et chanson française traditionnelle, Bashung occupe une place à part dans le paysage musical français. Mais qui se cache derrière l’interprète immortel d’Osez Joséphine, Ma petite entreprise ou La nuit je mens ? Au plus proche de l’artiste et de l’homme, Osez Bashung ! revient sur les blessures de l’enfance alsacienne de celui qui déclarait « Je suis un bâtard », sur ses presque dix années d’errances musicales avant de rencontrer le succès au début des années 1980 avec Gaby Oh Gaby, sur ses triomphes et les intenses périodes de dépression et de doute qui ont suivi, sur son refus obstiné de se reposer sur ses lauriers et sa recherche perpétuelle de nouvelles formes musicales.

Documentaire (60 min – 2021) – Auteur Didier Varrod – Réalisation Gautier & Leduc – Production Program33, avec la participation de France Télévisions
 
Avec les témoignages de sa dernière épouse, Chloé Mons ; son parolier et ami, Jean Fauque ; sa réalisatrice musicale, Édith Fambuena ; son guitariste, Yann Péchin ; son compositeur, Armand Méliès ; mais aussi des artistes tels que Jane Birkin, Gaëtan Roussel, Raphaël ou la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster

Documentaire diffusé jeudi 19 août à 23.40 sur France 2
Osez Bashung ! est à voir et revoir sur france.tv 

Publié le 17 août 2021
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