Cécile Bois et Raphaël Lenglet découvrent le Queyras dans « Nos terres inconnues »

Pour ce deuxième voyage dans les terroirs français, Frédéric Lopez a passé le relais à Raphaël de Casabianca. Les héros de la série à succès « Candice Renoir » ignorent totalement ce qui les attend. La surprise est de taille puisqu’ils se rendent dans un sanctuaire au cœur des Hautes-Alpes : le Queyras, un écrin de nature spectaculaire et méconnu. Mardi à 21.05, sur France 2.

Nos terres inconnues
Raphaël de Casabianca, Cécile Bois et Raphaël Lenglet. © France tv

Le Queyras est un parc naturel régional où habitent des passionnés de montagne. Leurs choix de vie sont orientés vers ce désir de vivre dans un lien étroit avec cette nature vertigineuse et grandiose. 
Pour explorer cette nouvelle destination française, le duo, aussi proche à l'écran que dans la vie, va devoir s'entraider pour découvrir ces terres escarpées dont il ne connaît rien avant le départ, oscillant entre émotions, rires et curiosité. Dans ce paysage abrupt, ils partent à la rencontre de personnalités singulières, généreuses et toutes passionnées de leur territoire. Entretien.

L’interview de Cécile Bois 

Nos terres inconnues
Cécile Bois.
© FTV

Comment avez-vous réagi quand Frédéric Lopez vous a appelée ?

Cécile Bois : 
Trois ou quatre ans avant de faire l’émission, j’étais dans un moment de ma vie où j’avais très envie de m’éprouver. Spontanément, j’avais pensé à Rendez-vous en terre inconnue, que j’aime beaucoup regarder, et j’aurais adoré que Frédéric m’appelle ! Partir comme ça à l’aventure vers une destination inconnue où je m’abandonnerais dans un environnement à la fois hostile mais encadré. Me mettre en danger, à l’épreuve, casser quelques portes que j’ai construites au fil de ma vie. Nos terres inconnues, c’était pour moi une autre émission dont j’aimais bien l’énergie. Quand Frédéric m’a appelée, j’ai dit tout de suite « Oui » ! Je n’allais pas partir à l’étranger et me confronter à l’inconnu comme je le pensais, mais j’allais forcément passer un moment drôle et merveilleux. Surtout quand j’ai su que Raphaël Lenglet allait venir avec moi, et qu’il aurait plus d’une occasion de se foutre de moi !

Car la montagne, ce n’est pas votre élément...

C. B. : 
Jusqu’au dernier moment, on ne savait pas où l’on partait. Mais on nous avait posé des questions. Pour la montagne, j’avais mentionné de façon anecdotique que j’avais été traumatisée petite. Je m’étais perdue dans la montagne où je skiais avec mes parents. En cherchant une piste, je m’étais retrouvée en haut d’une noire, avec des précipices. J’ai le souvenir de la neige qui glisse, du ravin et du grand stress d’y tomber !
 Après que nous avons été informés de notre destination, Frédéric avait vraiment peur que je ne veuille plus y aller ! Je lui ai dit : « Si, bien sûr ! Peut-être que ça ne vient pas par hasard, peut-être est-ce le moment de me réconcilier avec la montagne... » J’ai vraiment pris ça comme une épreuve à vivre et, comme j’étais dans un état d’esprit d’ouverture, je me suis sentie prête.

Est-ce que la présence de Raphaël Lenglet a motivé votre décision ?Avec lui, vous formez un duo bien ancré dans la fiction et dans la vie…
C. B. :
 J’aurais dit oui sans Raphaël, car c’est un truc entre moi et la montagne, un règlement de comptes avec elle. Je savais qu’il ne me serait d’aucun secours dans cette appréhension de la peur. Mais avec lui dans l’aventure, c’était un plus. On se connaît maintenant depuis huit ans et j’étais convaincue que j’allais vivre de très bons moments de complicité, de désinvolture et d’autodérision. Mais il ne s’est pas « que » foutu de ma gueule, il a été aussi très protecteur dans les situations difficiles, même s’il ne pouvait pas faire grand-chose. Un jour plus éprouvant que d’autres, il a demandé à Raphaël de Casabianca de calmer le jeu vu mon traumatisme…

Comment avez-vous vécu ces difficultés physiques ?

C. B. :
 Vous aimeriez être un super-héros dans ces situations-là, la personne qui ne cause pas de problème et qui a tout dépassé. En plus, l’équipe masculine est extraordinaire, humainement et physiquement : c’est celle qui part avec Rendez-vous en terre inconnue. Alors quand vous vous rendez compte que vous êtes le vilain petit canard, il y a quelque chose de désolant. Je l’ai tourné en dérision, je ne me suis pas étalée et me suis battue avec moi, sans gloire.
     
Parlez-nous des personnes que vous avez rencontrées.

C. B. : 
Ce qui m’a plu, c’est leur essence. Ces gens vivent à la montagne parce qu’ils sont passionnés. Ils aiment tous le froid, moi qui n’aime ni la chaleur ni le froid ! Alizée et Valentin sont tombés amoureux sur l'île de Crozet, dans les terres australes et antarctiques françaises ! La vraie rencontre, c’est eux. Ils sont drôles, gentils et en même temps ils ont du caractère.

Au cours de cette semaine, vous vous taisez beaucoup, vous écoutez...

C. B. :
 Les personnes qu’on a rencontrées ont beaucoup arrosé des terres arides et nous ont ouvert des portes. Mais il y avait un malentendu au départ. Ils nous ont un peu accueillis comme des Parisiens, et je n’ai jamais été parisienne ; comme des urbains, et je suis une fille de la campagne ; comme des intellectuels, et je me sens beaucoup plus instinctive et proche de la nature. Il n’empêche que leur univers n’était pas le mien, même si on partageait des points communs : le silence, la contemplation… Il y a pourtant plein de nuances que j’ai intégrées dans mon rapport à la nature… Cela passait par l’écoute. On ne peut pas avancer si on ne comprend pas. On ne peut pas comprendre si on n’écoute pas. Même si je n’étais pas d’accord avec tout ce qu’ils me disaient, ces gens étaient là pour m’apprendre.

On vous sent très émue lors du dernier dîner, qui rassemble toutes les personnes rencontrées pendant ce périple. Pourquoi ?

C. B. :
 J’étais malade et épuisée après la dernière épreuve, particulièrement difficile. Je suis quelqu’un de lent et, pendant toute la semaine, j’ai reçu toutes les informations sans les décanter. Ce soir-là, quand j’ai vu autour de la table tous ceux qu’on avait rencontrés et les ai entendus parler, tout m’est revenu à la figure, avec à la fois admiration, humilité, fragilité : ils ont déverrouillé certaines de mes portes. À un moment, le père d’Alizée, le plus montagnard du groupe, m’a dit : « Vous avez peur de tout ! » Sur le moment, je lui ai répondu : « Non, je suis quelqu’un de très courageux ! » Mais il avait raison et ça a fait écho en moi : tu es pleine de peurs ! Ces gens-là pensent comme ils skient : ils dévalent la piste sans craindre le caillou sur la piste. Ils m’ont appris à descendre et à ne pas le regarder.

« Votre passion est plus libre que la mienne », leur dites-vous. Qu’avez-vous ressenti chez eux qui vous a fait éprouver davantage la liberté ?

C. B. : 
Mon métier, c’est de jouer. J’ai un esprit plutôt indépendant depuis que je suis toute petite. Or mon métier dépend d’autres corps de métier : production, chaîne de télévision… Je fais ce que j’aime, mais je ne vais pas forcément où je veux en toute liberté. Eux, si ! Car leur passion n’a pas besoin des autres. Celle qui m’anime n’est pas moins forte que la leur. Mais je ne pourrais jamais être aussi libre qu’ils le sont et cela m’affecte.

Le moment le plus lumineux…

C. B. :
 Un moment bref dans l’émission : le jeu de cartes Time’s Up ! auquel nous avons joué avec Alizée, Valentin et les deux Raphaël et c’est là qu’on s’est vraiment rencontrés. On a ri – car Raphaël Lenglet n’a pas un cerveau commun ! – et on aurait pu être dans n’importe quel endroit du monde : le plus important, c’était les gens et le groupe qu’on était en train de former. C’est le moment que j’ai préféré.

Le plus surprenant…

C. B. :
 J’ai eu des moments de joie — la rencontre avec les gens ou le lever du soleil à l’observatoire avec un conteur merveilleux —, de curiosité — est-ce que je vais y arriver ? —, et aussi beaucoup de peurs que j’ai réussi à dépasser, mais mon esprit n’était pas assez libre pour être stupéfaite. Avec une caméra en permanence fixée sur nous, je n’étais pas dans des conditions normales et j’ai eu très peu de moments de contemplation. Même si on l’oublie vite, car l’équipe a été très discrète, je ne pouvais pas m’abandonner. Cela ne m’a pas aidée dans la relation à la montagne.

Est-ce que vous vous êtes réconciliée avec elle ?

C. B. :
 Je ne peux pas vous le dire, sinon je dévoilerais la fin de l’émission ! Si on dépasse les épreuves physiques, on est fier de soi. C’est la peur qui paralyse, pas l’effort. Le corps écoute la peur. L’effort physique était rude, y compris pour Raphaël Lenglet qui est pourtant très sportif ! Je me suis approchée finalement de ce que je voulais éprouver et je me suis dit qu’on n’avait pas besoin d’aller très loin, en terre inconnue, pour dépasser ses limites ! À mon retour, j’ai remis beaucoup de choses en question, l’éducation et les portes qu’on ferme au fur et à mesure qu’on grandit, la peur, le corps aussi et la certitude qu’il vieillit. Je me suis rendu compte que l’esprit est plus fort que le temps.

Et quel souvenir garderont Cécile et Raphaël de cette semaine très particulière ?

C. B. :
 Un éclat de rire, où j’ai failli faire pipi dans ma culotte, le jour où Raphaël a descendu la pente en nageant en étoile avec les bras en croix ! Les éclats de rire du Time’s Up. Cela me conforte dans l’affection qu’on se porte l’un pour l’autre et met un point d’orgue à notre relation.

Qu’aimeriez-vous que le public retienne de cette émission ?

C. B. : 
Je l’ai vraiment fait pour moi. Mais j’espère que le public va passer un bon moment, se rendre compte que les comédiens sont des gens comme les autres, qu’il y a de belles amitiés. Et que ça lui permettra à lui aussi d’ouvrir des portes et de les traverser.

Propos recueillis par Anne-Laure Fournier 

L’interview de Raphaël Lenglet

Nos terres inconnues
Raphaël Lenglet.
© FTV

Êtes-vous un téléspectateur régulier de Rendez-vous en terre inconnue ?
Raphaël Lenglet :
Un spectateur assidu ! C’est une des rares émissions que je regarde encore à la télé et même en replay. J’ai beaucoup d’affection pour ce programme, et je trouve qu’il donne du sens au service public. C’est l’antithèse de la télé-réalité.

Vous aviez hâte de participer à l’émission ?
R. L. :
Bien sûr ! J’étais flatté qu’on me le propose et ça tombait très bien. Je sortais de Candice Renoir en tant que réalisateur et j’étais plutôt éreinté. Quand un tournage comme ça s’arrête, on est assez vide, on est loin de sa vie, loin de soi. Surtout quand, en plus de jouer, on réalise. Ça m’a occupé à peu près dix mois. J’avais besoin de reconnecter. C’était une belle opportunité.

Qu’avez-vous pensé lorsque l’on vous a proposé de partir avec votre acolyte Cécile Bois, et non pas seul ?
R. L. :
J’étais évidemment heureux de partager cette aventure avec Cécile. J’ai trouvé l’idée intéressante parce que, dans les faits et avec le succès de la série, on est un duo, Cécile et moi. On se complète bien en général. De toute façon, nous nous sommes vraiment rencontrés sur l’humour et sur le travail, des valeurs qu’on a en commun. Et puis je pense que c’est mieux de partir à deux, on est moins flippés !

Vous aviez quand même l’air d’être plus à l’aise à la montagne qu’elle...
R. L. :
Oui, alors honnêtement, je me doutais que ce serait la montagne… Dans ce genre d’aventure, la probabilité de s’y retrouver est quand même très élevée ! On ne peut pas dire que je sois tombé de ma chaise de surprise. Par rapport à Cécile, qui a une aversion totale pour la montagne, et qui l’a toujours d’ailleurs, j’étais plus libre. J’étais un peu son ange gardien, on va dire.

Aviez-vous une certaine appréhension de partir à l’aventure au milieu de nulle part ?
R. L. :
Moi qui suis un peu « control freak », ma vraie appréhension, c’était d’ignorer où on allait dans l’heure qui suivait. J’ai du mal à marcher derrière quelqu’un sans savoir combien de temps ça va prendre, je sais que c’est débile, mais j’ai besoin d’être au courant. Pour moi, le plus gros challenge, ça a été l’abandon et le lâcher-prise. Tout ce dont j’avais besoin, en fait. Ça n’a pas été évident les trois premiers jours, je me suis rendu compte du niveau d’addiction que j’avais à mon téléphone portable — qui était dramatique. Mais finalement on s’y fait. Quand on me l’a rendu, c’est comme si on donnait un litre d’eau à quelqu’un qui avait très soif (rire) !

Quels ont été les moments les plus marquants de cette expérience ? Des moments durs ou surprenants ?
R. L. :
Le moment le plus dur a aussi été le plus gratifiant : quand nous avons traversé cette tempête de glace pour aller à l’observatoire de Saint-Véran. C’était vraiment très dur, mais finalement, lorsque nous sommes arrivés, c’était formidable. J’ai réalisé un de mes rêves de gosse, passer la nuit à regarder les étoiles.

Et de toutes les rencontres que vous avez faites, lesquelles vous ont le plus marqué ?
R. L. :
J’ai eu un peu l’impression qu’on était des témoins de Jéhovah, à débarquer chez les gens sans arrêt... Mais nous avons rencontré beaucoup de monde. Nos hôtes, bien sûr, Valentin et Alizée ! Nous avons beaucoup rigolé, parce qu’avec des prénoms pareils, j’étais persuadé que c’était des vieux ! En fait, ils étaient beaucoup plus jeunes que nous. Nous nous sommes très bien entendus. Puis, aussi, Dominique, qui nous a accueillis à l’observatoire et dont on a bu les paroles. C’était un moment assez fort. Franchement, tous les gens qu’on a rencontrés sont connectés à leur travail, à l’endroit où ils vivent, n’ont pas tellement de doutes. Je pense qu’ils avaient plus d’a priori sur nous qu’on n’en avait sur eux, car ils se justifiaient beaucoup de leurs choix de vie, alors qu’on était juste là pour les écouter et qu’ils nous montrent leur région. Dans l’ensemble, on a été très bien reçus. Échanger avec des gens passionnés, ça apporte toujours quelque chose, ça vous nourrit. Ça vous recadre aussi.

Et si vous deviez nous parler de ce que vous a apporté cette expérience ?
R. L. :
Elle m’a appris que je dois vraiment sortir de mes habitudes. Ça fait sept ans qu’on a un emploi du temps très, très planifié avec Cécile sur les tournages. Je m’en suis rendu compte, avec les anniversaires Facebook, qu’il y a un an on était exactement au même endroit, en train de faire les mêmes choses, avec les mêmes gens. Une vraie routine. C’est une très belle routine, mais là ça venait vraiment casser les habitudes. C’était tellement nouveau. Et puis c’est la première fois qu’on est mis en avant en tant que personnes et pas à travers nos personnages. Il y avait comme une mise en danger assez salvatrice pour moi. Quelque chose qui me sortait un peu de mon cadre, et c’était vraiment ce dont j’avais besoin. J’ai vu qu’il fallait que je sois peut-être un peu plus aventureux et curieux du monde, comme je l’étais avant. Comme quoi, une tempête de neige, ça vous remet d’équerre !

Propos recueillis par Marine Nozerand 

Nos terres inconnues dans le Queyras 

Un film écrit par Ismaël Khelifa et Frédéric Lopez - Présentation Raphaël de Casabianca - Réalisation Pierre Stine - Production Adenium TV France - Produit par Frédéric Lopez - Producteur exécutif Laurent Baujard - Rédaction : Ismaël Khelifa et Alice Khelifa-Gastine - Photos Jean-Michel Turpin et Adenium TV France

Nos terres inconnues dans le Queyras est diffusé mardi 17 septembre à 21.05 
À voir et revoir sur france.tv 

Publié le 17/09/2019
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