La 36e cérémonie des Victoires de la Musique

Ce vendredi, ne ratez pas LE rendez-vous musical de l’année ! Animé par Laury Thilleman et Stéphane Bern, cette 36e cérémonie des Victoires fera plus que jamais la part belle à la musique, au spectacle vivant et à la culture. Une scène unique et éclectique où les artistes se succéderont en live et en direct sur France 2. 

© FTV

Cette année, nous voulons tout particulièrement mettre la musique live à l’honneur. Si l’ensemble de l’industrie a été touché de manière importante par cette crise, ce sont les acteurs du spectacle vivant qui l’ont été le plus et de manière extrêmement brutale. La cérémonie dans son ensemble fera donc la place belle aux performances live avec des séquences spécialement créées pour l’occasion. Nous souhaitons envoyer un message de solidarité au spectacle vivant, permettre aux artistes de promouvoir leurs futures tournées, dire au public qu’ils seront bientôt de retour, et qu’ils auront besoin de lui et de son soutien. Je suis d’ailleurs certain qu’il sera présent, car il aura besoin de retrouver cette expérience, cet échange et ce partage.   

Romain Vivien, président des Victoires de la Musique

La 36e édition des Victoires de la Musique sera animée par Stéphane Bern et Laury Thilleman, deux visages bien connus des téléspectateurs. En attendant de les retrouver le 12 février, vous avez jusqu'au 11 février, 20 heures, pour voter pour votre candidat favori dans les catégories ouvertes au public : « Chanson originale » et « Création audiovisuelle ». 
En attendant de les retrouver sur scène, petit rappel des catégories et des artistes en lice.

Artiste masculin

Benjamin Biolay, Vianney, Gaël Faye
Benjamin Biolay, Vianney, Gaël Faye
© Jean-François Robert /© Julien Mignot/© Victor Pattyn

Benjamin Biolay
Pour la promotion de Grand Prix, Benjamin Biolay déclarait à Paris Match : « Je savais que si je ne me dirigeais pas vers la musique, ma vie serait insupportable. » Il a complété cette existence avec le cinéma, depuis ses débuts remarqués (même si sa signature en label date de 1996 et sa première sortie de 1994 avec son groupe Matéo Gallion), il y a tout juste vingt ans, avec la sortie de Rose Kennedy, pour lequel il obtint la Victoire de l’album révélation. Si vous cherchez ce timide à la franchise parfaite, cet ami fidèle, cet amoureux de la culture française, quand il n’est pas à Buenos Aires, sa ville de cœur, il y a fort à parier que vous le trouverez aux Studios de la Seine ou aux Studios Ferber, à Paris. Pour lui, 9 albums studio (plus 3, plus conceptuels) ; pour les autres, Biolay écrit, compose, arrange, réalise sans frénésie et toujours avec justesse. Du début avec Salvador (Jardin d’hiver) au dernier album de Calogero, tous les styles, toutes les notoriétés l’attirent tant qu’il a l’envie. Même s’il n’y pense pas le matin en se rasant, en bon amateur de sport qu’il est (formule 1 et football), on lui sort ses statistiques : 7 années de présence, 13 nominations, 4 Victoires (dont 1 comme Artiste masculin). À suivre (et pour longtemps encore !)...

Gaël Faye
Alors, rappeur, slameur, chanteur, Gaël Faye ? Un peu tout à la fois et, à l’instar d’un Stromae, capable de textes profonds sur des musiques à danser. « Mon rap n’est pas, ou africain ou français, ou noir ou blanc, ou que sais-je… ? Disons qu’il est créole. Je n’ai pas le temps de me choisir un camp. » Né au Burundi en 1982 d’une mère rwandaise et d’un père français, il arrive à Versailles en 1995 où le rap lui permet de ne pas être seul. Son groupe Milk Coffee and Sugar est repéré aux Inouïs du Printemps de Bourges en 2011. Paraît en 2014 chez Motown France son premier album, Pili pili sur un croissant au beurre. En août 2016 sort Petit Pays, roman partiellement autobiographique qui se déroule en 1993 pendant la guerre civile et le génocide des Tutsis au Rwanda, prix Goncourt des lycéens, 1 million d’exemplaires vendus, traduit dans 44 langues. Ce succès ne l’a pas éloigné de la musique, avec la parution de deux EPs avant Lundi méchant, avec, comme premier extrait, le titre Respire, aux paroles prémonitoires écrites avant la covid : « Les corps assommés, toujours épuisés, les masques sont mis. » Le lauréat de la Révélation scène, obtenue il y a trois ans, a vécu une année 2020 intense. En effet, outre son deuxième album, est sorti le film Petit Pays, d’Éric Barbier, adaptation de son roman, pour lequel il a participé à l’écriture du scénario, ainsi que L’Ennui des après-midi sans fin, BD musicale réalisée avec Hippolyte aux dessins et Guillaume Poncelet à la musique, qui raconte la naissance de son imagination lors des après-midi sans école à la maison, sans écran ni télévision. « Agir » est son maître mot.

Vianney
Au fil de ses trois pochettes d’album, le sourire de Vianney se fait de plus en plus grand ; pour la première fois, il a une guitare en main, parfait résumé de ce trentenaire (il est né le 13 février 1991), fou de musique et profondément généreux. L’impact direct de ses textes, sa bienveillance naturelle, son éclectisme musical dans ses collaborations, de Kendji Girac à Gims (carton plein avec La Même, dix semaines numéro 1 des ventes), sans oublier l’album qu’il a concocté pour Erza Muqoli (venue de Kids United), font de lui le digne héritier de Jean-Jacques Goldman. Dans N’attendons pas, il est beaucoup question de mains. Main tendue à Karim, ami SDF qui lui fait voir la vie autrement : « J’étais qu’un demi-moi / Avant toi ». Lui, le discret et pudique, s’adresse devant tous et pour toujours à sa belle-fille : « Prends ma main de beau-papa. » Dans Tout nu dans la neige, ce sont ses souvenirs d’enfance lorsqu’il évoque son grand-père : « Ma main d’enfant dans la tienne. » Mains sur la guitare, mains sur le cœur, le nouveau juré de The Voice, main dans la main, se produira (nouveauté) en groupe dès que les concerts repartiront. C’est sa 4e nomination pour déjà 3 Victoires en poche : de quoi garder le sourire ! 

Artiste féminine

victoires
Suzane, Pomme, Aya Nakamura
© Liswaya/© Thomas Laisne/© Fifou

 

Aya Nakamura
Comment rester calme quand on affole tous les compteurs ? Il « suffit » de s’appeler Aya Nakamura, l’artiste française la plus écoutée au monde et qui, dans le même temps, s’affirme casanière, entre repas en famille et sa vie de maman. Après les cartons de Djaja ou Copines, c’est au tour de Jolie Nana, premier extrait de son troisième album, d’être classé numéro 1 en France. L’album Aya fait dans le plus : plus intime, plus réaliste, plus mélodieux, plus instrumentalisé, plus doux, plus chaleureux… En un mot, plus adulte et avec moins de punchlines. C’est surtout un album où elle se fait plus chanteuse. Il y est toujours question d’amour, de façon positive, un amour féminin sans tabou et en femme autonome, « Ce que j’ai, je l’ai gagné toute seule. » L’autrice franco-malienne imagine volontiers ses textes comme une conversation entre copines, quitte à révolutionner la langue française, ce qui explique sans doute son phénoménal succès. Plutôt pop urbaine que rappeuse, Aya Nakamura a su varier les plaisirs musicaux, notamment avec la ballade Fly, qu’elle voit de couleur bleue, alors que Mon Lossa, avec en guest l’Anglaise Ms Banks, est violet foncé. Autre featuring avec Stormzy sur Plus jamais, histoire d’une rupture, avec un clip qui a cumulé 3,5 millions de vues en une semaine. Nul doute que les filles de Madonna ont encore matière à danser en écoutant cet Aya !

Pomme
Lors de la dernière cérémonie des Victoires, au moment où elle a remporté celle de l’Album révélation (« J’étais ultra choquée d’être nommée, et d’avoir gagné, je ne l’ai toujours pas réalisé »), Pomme citait Leonard Cohen : « Il y a une faille dans chaque chose et c’est par là qu’entre la lumière. » Depuis novembre 2019, son second album, Les Failles, concocté avec Albin de la Simone, est classé dans le Top, en février avec Ses failles cachées, puis en novembre avec sa Halloween version, elle les a nourries avec pas moins de huit titres supplémentaires, dont un duo avec Klô Pelgag et un autre avec Flavien Berger. Année de tous les contrastes pour cette artiste pop hors formatage, aux textes si intimes qu’ils en deviennent universels, car, outre cette Victoire, elle a été distinguée par la Sacem en remportant le prix Francis-Lemarque de la révélation. Dans le même temps, Pomme se voit obligée d’annuler une centaine de dates, exception faite d’un émouvant concert assis, donné lors du Printemps de Bourges… en septembre, où toutes ses forces et ses faiblesses étincelaient. Elle se construit pas à pas, mixant doute et assurance, en s’appuyant sur un public fidèle qui s’identifie à elle autant pour sa douceur que pour ses prises de position. Pomme s’interroge sur elle-même et sur le monde qui l’entoure, cela fait et fera de belles chansons.

Suzane
L’année dernière, on souhaitait la bienvenue à Suzane en prophétisant que ce ne serait pas la dernière fois. Le 14 février 2020, elle remporte la Victoire de la révélation scène et, bingo ! l’année d’après, elle passe la vitesse supérieure et se retrouve dans la catégorie Artiste féminine. Elle est toujours une « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro », comme elle se définit elle-même, mais étoffe son registre avec L’Appart vide, une chanson poignante sur un amour qui s’abîme : « Cette chanson, c’est un peu le dernier baiser avant de se dire au revoir. » Sur le clip réalisé par Dario Fau, avec Noémie Schmidt, on découvre une Suzane que le cinéma va vite venir chercher. Toï Toï, son premier album, est paru le 24 janvier 2020 ; Toï Toï II sortira le 22 janvier 2021, avec quatre autres titres que L’Appart vide, dont Pendant 24h, qu’elle chante sur l’album Mesdames de Grand Corps Malade et sur lequel chacun se met dans la peau de l’autre pour mieux égratigner les préjugés homme-femme, le tout avec humour et tendresse. Suzane est en manque de concerts et très active sur les réseaux sociaux, mais on est rassuré car sa chienne Okja valide : « La tournée 21 sera de la folie sans covid de… » 

Révélation masculine

victoires
Hatik, Hervé, Noé Preszow
© Fifou/© Romain Sellier/© Victor Pattyn

 

Hatik
Cheveux bouclés, mi-ange mi-voyou, tel est Hatik avec son regard franc et son passé fait de multiples petits boulots, mais avec un seul objectif : la musique. Tour à tour sauvage ou romantique, tel est Hatik, le natif de Guyancourt (78), qui a fait un carton cet été avec son Angela, hommage au Angela du Saïan Supa Crew, dans lequel il déclare sa flamme à son amoureuse (oui, son cœur est pris !). Tout est Chaise pliante chez Hatik, sacré concept qu’il explique ainsi à Technikart : « C’est s’approprier le milieu dans lequel on évolue. À un moment donné, plutôt que de rester posé sur des murets, j’ai dit : “Les mecs, moi, perso, je vais m’acheter une chaise !” On est trop confortable dessus ! » En août 2019, au moment de la sortie de sa mixtape, il a d’ailleurs disposé un peu partout dans Paris (de Châtelet à Bastille ou encore devant l’AccorHotels Arena) des chaises pliantes où était inscrit Hatik, suivi du hashtag #InstalleToi. Sur l’édition de luxe de ses Chaises pliantes, pas moins de 47 titres (la plupart composés par le duo de beatmakers Medeline, connu pour son travail avec Booba ou Disiz), dont des duos avec Fianso, Hornet la Frappe. Son année 2020 est également marquée par son rôle dans Validé, la série de Franck Gastambide (Les Kaïra, Taxi 5), diffusée sur Canal+, dans laquelle Clément Penhoat (son patronyme) joue le rôle de Clément, dit Apash, un débutant du rap qui interprète notamment le titre Prison pour mineurs. Ce premier rôle, qui l’a fait connaître du grand public, en appelle d’autres. Distribution de chaises pliantes en vue du côté de Boulogne-Billancourt ?

Hervé
Boxeur catégorie poids plume, c’est pourtant le foot qui a failli emporter ce Breton (3 min 30 à faire des crêpes sur le clip de Si bien du mal), exilé du côté de Versailles. Avec son look droit sorti du film Trainspotting, Hervé ne choisit pas entre chanson française et électro. Il aime à égalité Christophe ou Jacques Higelin, qui, juché sur les épaules de son père, fut son premier concert, et The Chemical Brothers ou Daft Punk, qui inspirèrent son groupe précédent, Postaal, avant qu’il ne se mette à écrire cinq chansons d’un coup et à se sentir bien dans ses mots, bruts, intimes, acérés. Sa voix souriante, avec des syllabes qui s’allongent, est sa marque de fabrique et le rend unique. Seul sur scène, immanquablement, on pense au Bashung de C’est comment qu’on freine. Bingo, il n’hésite pas à le reprendre avec un titre rare signé Jean Fauque qui en dit long : La Peur des mots, repris sur son premier EP, Mélancolie FC, paru en mai 2019. Sur Hyper, un album de pulsation et d’urgence où les mots sont devant, Hervé a tout donné de lui, comme si sa vie entière en dépendait. Tout est « hyper » chez ce chanteur bondissant, à commencer par sa sensibilité à fleur de peau, rien n’est tiède, tout a de la valeur. 

Noé Preszow
La clé d’entrée pour intégrer l’imaginaire de ce jeune Bruxellois tient sans doute dans cette phrase, extraite de sa chanson manifeste À nous : « À nous dans les chansons d’il y a quarante ans. » À 12 ans, il nomme l'un de ses premiers textes Ce que j’aime dans la musique de Renaud. Dans son bestiaire, Renaud donc, mais aussi Bernard Lavilliers, Brigitte Fontaine ou Léo Ferré, et Bob Dylan ou Leonard Cohen pour la partie anglaise. Plus étonnant avec Indochine, qui lui a permis de faire « une musique plus décomplexée ». Écrire est vital pour cet adepte de la discrétion, pour qui les mots deviennent ses feux d’artifice que l’on voit de loin ou au loin et qui permettent à sa colère intérieure de devenir positive. Sa modernité réside dans le fait de prendre l’époque à rebrousse-poil, de se servir de vieilles marmites pour inventer le futur. Sa musique, qu’il qualifie de « bricolée », magnifie la densité de ses mots, car Noé Preszow (prononcez Prèchof) est volubile, intense, honnête. Chien fou qui sait s’arrêter, il revendique être solitaire et solidaire, s’autorise à être contradictoire, assume sa diversité de points de vue. Il a été récemment élu Découverte des Médias francophones publics (RTS, Radio Canada, Radio France, RTBF), ce n’est que le début… 

Révélation féminine

victoires
Yseult, Lous and the Yakuza, Clou
© Thibault Théodore /© Manuel Obadia Wills/© Marta Bevaqua

 

Clou
Dans les notes de la pochette de son premier album Orages, on peut lire : « Merci à Paul Simon parce que c’est mon disque et je fais ce que je veux. » Déjà en 2007 sur son premier EP, Anne-Claire Ducoudray, de son nom d’état civil, déclarait sa flamme à la moitié du duo Simon & Garfunkel sur le titre Paul Pops. Constante Clou, qui sur son EP sorti en mai dernier chantait « Moi, je prends mon temps », rare qualité dans le tourbillon de la vie que l’on nous impose ou que l’on s’impose. En 2014, elle termine deuxième du radio-crochet imaginé par France Inter. En 2019, on entend sa voix sur le titre Back to One, sur le quatrième album de Cocoon. Mais surtout, entre 2017 et 2019, elle travaille avec Dan Levy, la moitié de The Dø, qui la pousse à aller plus loin dans sa façon d’écrire ou de composer (cf. le titre Rouge, où sa colère se dévoile). La qualité de ses textes vient sans doute de ses amis d’enfance : les livres — Jane Eyre, de Charlotte Brontë, en tête. Elle cite volontiers Édouard Louis, et Un rêve, d’Henri Michaux, lui inspire le titre Comment. L’image n’est pas en reste dans son imaginaire, comme elle le montre dans le titre Comme au cinéma, dont elle a confié la réalisation du clip à son collègue de label Vincent Delerm, pour qui elle fit des premières parties à La Cigale. Clou, armée de sa voix cristalline, a le temps devant elle dans le monde du spectacle.  

Lous and the Yakuza
Menée par l’amour, sans connaître le juste milieu, Lous a dédié sa vie à la musique, excellent moyen pour elle de faire passer la puissance de ces mots qu’elle aime depuis son enfance. C’est avec Dilemme, un mix entre joie et peine, peur et audace, qu’on la découvre, avec cette phrase-clé : « Quand je suis triste, je chante. » Des tristesses, dans sa vie, il y en a eu : « J’ai appelé mon album Gore parce que ma vie a été tellement hardcore qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer ! » Seule, mais toujours entourée, Marie-Pierra Kakoma est devenue Lous, anagramme de Soul, et les Yakuza, clin d’œil à la culture japonaise, à prendre au sens premier de looser, même si sa bande à elle est plutôt composée de winners. À commencer par El Guincho (producteur de la star pop flamenco Rosalía), à qui elle a envoyé même pas les « bons » morceaux et qui tout « naturellement » a produit ce premier album. À l’instar de son ami Damso, elle n’est pas près de rentrer dans une case, capable de mélanger la rumba congolaise de son enfance avec une culture hip-hop pointue. Télérama l’a mise en couverture pour son article « L’heure est aux rappeuses » (aux côtés de Meryl, Bonnie Banane, Tessae, Tessa B.), pour elle qui se voit plus comme une artiste de pop(ulaire). Elle nomme la marque qu’elle arbore souvent sur son visage « les mains levées vers le ciel ». Un signe de victoire pour ses premières Victoires ?

Yseult
En reprenant Ton héritage, de Biolay, lors des primes de la Nouvelle Star, où elle accéda à la finale, Yseult ne savait pas encore qu’elle le retrouverait sept ans plus tard sur le plateau des Victoires, mais elle savait qu’écrire, composer et interpréter allaient être sa vie. Son père, dubitatif au départ, est maintenant celui à qui elle dédicace ses places dans les charts. Après un album trop vite mis en boîte, Yseult part vivre à Bruxelles et, afin d’avoir le contrôle sur sa vie artistique, crée son propre label, YYY, sur lequel elle sort trois EPs (Rouge, Noir, Brut) et définit son style comme de la « y-trap », où l’exact équilibre entre la variété et la trap music, où sa voix gorgée de soul fait tilt à chaque ambiance, douce ou énergique. En artiste complète, elle donne son talent pour les autres, de Black Eyed Peas à Jennifer, de Dinos à Yannick Noah, ou encore sur un duo avec Claire Laffut intitulé Nudes. En parallèle, elle flirte avec la mode et développe une carrière de mannequin, et pose régulièrement pour la marque anglaise Asos, ou chante au dernier défilé de la maison Balmain. Femme forte acceptant sa fragilité, Yseult fait ce qui est bon pour elle et incarne à merveille son époque. Génération Y ?  

Album

victoires
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Aimée – Julien Doré
On l’a découvert une barrette dans les cheveux, reprenant avec audace le Lolita d’Alizée. Treize ans plus tard, ses cheveux sont toujours d’actualité : « Tout l’monde a quelque chose à dire/Sur mes cheveux ou le climat/Bien que les deux aillent vers le pire/Personne ne se battra pour ça. » Malice et conscience irradient ce cinquième album, le premier qui n’est pas né à Paris, mais dans les Cévennes, où cet homme neuf est parti s’installer depuis son silence médiatique. En pessimiste constructif, et sans être donneur de leçons, il aborde avec un humour frôlant le surréalisme des thèmes forts comme l’écologie, les migrants ou le sexisme. « Aimée » est le participe passé au féminin de ce qui peut être adorable dans le monde, c’est surtout le prénom de sa grand-mère âgée de 99 ans, l’une des premières femmes modernes de sa vie d’homme. Sur cet album à la pochette rose, Julien Doré invite Clara Luciani, les rappeurs belges Caballero et JeanJass, ainsi que ses deux chiens, Simone et Jean-Marc, sur le bien nommé Waf. Il y aussi des chœurs d’enfants, les adultes de demain. Il n’y a pas Christophe, son ami perdu à qui, s’il remporte au moins une quatrième Victoire, il pensera immanquablement. 

Grand Prix – Benjamin Biolay
« J’ai fait cet album en imaginant que j’étais le chanteur d’un groupe », révèle Biolay sur les ondes de RTL, un chanteur plus crooner que jamais. Souvent l’ombre de Gainsbourg se dessine quand il s’agit de Biolay, mais c’est oublier que Morrissey (The Smiths) est l’un de ses héros et que le premier album des Strokes est (en ce moment) son disque de chevet. Composé à la guitare, ce Grand Prix est un concept-album résolument « rock » autour de la formule 1, souvenir des dimanches après-midi devant la télévision familiale et des lectures de Michel Vaillant. La métaphore automobile parcourt ce Grand Prix – « Mon cœur c’est un vieux moteur/Si tu soulèves le capot » –, où le titre éponyme a été écrit à la suite de l’accident du jeune pilote français Jules Bianchi à Suzuka en 2014. Ayrton Senna est lui aussi un de ses héros, présent sur le titre Interlagos, où sa fille Anna fait les chœurs. Sur la pochette, avec son look à la Steve McQueen, il pose assis sur le pneu de la voiture de Jean-Pierre Beltoise, champion français de la fin des années 1960, devant un pilote dévoré par les flammes. Le risque, l’adrénaline, la joie de la victoire habitent cet album à la manière de la tournée (un jour ?) à venir. S’il en remporte une, de Victoire, nul doute qu’à la façon d’un pilote victorieux sur le podium, il arrosera l’assemblée de champagne. 

Lundi méchant – Gaël Faye
Quand Gaël Faye demande à Harry Belafonte comment il se définit, l’ami de Martin Luther King lui répond : « Comme un activiste qui fait de la musique. » Après le tourbillon lié à la promotion mondiale de son roman Petit Pays, cette rencontre fait office de déclic. Vivant le plus souvent à Kigali, c’est dans un appartement du XXe à Paris, entouré de ses livres, que sont nés les textes de Lundi méchant. Dessus, pour la première fois, Gaël Faye chante des mots qui ne sont pas de lui, mais d’une autre figure de l’action joyeuse, Christine Taubira, rencontrée par hasard lors d’une avant-première d’un film de son ami Raoul Peck. Sur ce poème, l’ancienne garde des Sceaux fustige les xénophobes, leur signifiant qu’ils ont perdu un combat d’arrière-garde et qu’ils finiront Seuls et vaincus. Ce titre, où on entend la voix de Mélissa Laveaux, forme presque un diptyque avec le suivant, Lueurs, écrit, lui, suite à une manifestation en soutien au mouvement Black Lives Matter et Justice pour Adama. Tout n’est pas aussi grave sur ce second album où, sur des morceaux souvent mélodieux, voire chaloupés (musique Guillaume Poncelet), Gaël Faye s’éloigne du « je » pour mieux embrasser le « nous ». À commencer par Lundi méchant, merveilleuse expression du Burundi faisant allusion à la pratique des jeunes presque sous forme de rébellion sociétale qui ne veulent pas attendre le week-end pour sortir et s’amuser au « 5 sur 5 », fameuse boîte de Bujumbura. Souhaitons-lui qu’avec ses deux nominations Gaël Faye vive un « vendredi méchant » !

Mesdames – Grand Corps Malade
Sur Femmes je vous aime chanté par Julien Clerc en 1982, Jean-Loup Dabadie, disparu cette année, écrivait : « Je n’en connais pas de faciles/Je n’en connais que de fragiles/Et difficiles/Oui, difficiles. » « Veuillez accepter Mesdames mon aimable faiblesse/Face à votre fragilité, votre empathie, votre tendresse », lui répond comme en écho Grand Corps Malade en ouverture de son septième album, Mesdames. En 2015, sur l’album Il nous restera ça, Grand Corps Malade avait déjà ouvert les portes de son studio. Cette fois-ci, en homme féministe, il n’invite que des artistes femmes. En neuf collaborations, il mélange sa voix avec celles des chanteuses Véronique Sanson (la seule déjà présente sur Il nous restera ça), Suzane, Alicia, Manon (finaliste du concours Slam à l’école, dont GCM est le parrain), de la Suissesse Amuse Bouche, de la comédienne Laura Smet ou des comédiennes et chanteuses Louane et Camille Lellouche et des musiciennes classiques Julie et Camille Berthollet. Les textes sont la plupart du temps écrits à quatre mains et la teneur musicale en harmonie avec la personnalité de ses invitées. On se prend à imaginer Rosa Parks, Marie Curie, Simone Veil et Angela Davis écouter cet album aux thèmes actuels (urbanisme, place de la femme, sororité, et même le confinement) avec grand plaisir. 

Paradis – Ben Mazué
« Les restes d’un amour énorme », chante-t-il en ouverture de ce quatrième album, car depuis le précédent, La Femme idéale, au texte prémonitoire, « De nous deux amoureux qui bâillera le premier ? », il y a sa rupture avec Semaine A / Semaine B. Après la tournée épuisante et magnifique du spectacle La Princesse et le Dictateur qui racontait en « film chanté » la vie de Vincent et Romy, Ben Mazué est parti avec femme et enfants chercher la nature sur l’île de La Réunion. Ironie des mots, ils se sont quittés là-bas : « Puis écrasée, tu l’as vite été par l’ego d’un chanteur énorme ». Et ce Paradis, qui n’est même pas perdu, raconte avec des images qu’on aimerait tous dire, au moment de la séparation et des mois qui suivent, à la fois un coup de poing et un coup de cœur sans coup bas. Dix ans de vie de couple qui s’en vont, comme ça. Mais ça va, promis juré ! Impudique ? Même pas. Euphorique ? Quand même pas. Lucide et amoureux du lendemain, ça oui. En garçon sensible mais solide, le jeune quarantenaire, qui a quitté peu à peu la médecine il y a quatorze ans maintenant pour la musique, en bon amoureux des mots, a parfois flirté avec le slam. Du murmure au cri, cet album a été créé en marchant ; dessus, il a invité Jérémy Frérot, Poupie et la comédienne Anaïde Rozam. Il se termine par Pas très original, une énumération salutaire et brillante sur sa vie, que l’on devrait tous tenter d’écrire pour raconter la nôtre. L’unique Ben Mazué, pour sa première nomination, avec son histoire et ses titres brefs, émeut avec justesse, sans pathos et voit son public grandir sans cesse.  

Chanson originale
 

victoires
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Comment est ta peine – Benjamin Biolay (auteur-compositeur : Benjamin Biolay)
« L’art de composer des chansons reste un grand mystère pour moi… La musique, c’est l’inverse du sport, on progresse en vieillissant », déclarait Benjamin Biolay au micro d’Augustin Trapenard sur France Inter à l’occasion de la version allongée de son Grand Prix (un duo avec Juliette Armanet, un autre avec Adé de Thérapie Taxi et, plus surprenant, une reprise de Balavoine). À 48 ans, Biolay semble au sommet de son processus de création, toujours en mouvement, mais n’oubliant jamais ses belles obsessions, souvent liées à une mélancolie latente où la notion de rupture est souvent présente. Avec Comment est ta peine ?, sur une rythmique presque house, il réussit à donner envie de danser sur ces paroles sans joie que l’on croirait issues d’un journal intime : « Comment est ta peine ? / La mienne s’en vient, s’en va ».  Au chœur, Biolay donne sur ce titre le micro à Anaïs Demoustier (un album en vue ?). On retrouve d’autres voix féminines sur Grand Prix, avec l’amie des premiers jours Keren Ann et Chiara Mastroianni, comme pour donner de la légèreté à sa propre voix. L’amoureux des mots autant que des sons glisse toujours dans ses textes une incongruité qui devient poétique, souvent venue d’un vocable à connotation sexuel ou du langage parlé comme ici : « Que j’étais fait comme un rat », qui rend soudain la chanson plus humaine, jamais banale, et à laquelle on peut s’identifier.


Corps – Yseult (auteure : Yseult – compositeurs : Yseult, Romain Descampe, Ziggy Franzen)
Sans ambages, Yseult déclare : « Je suis femme, noire et grosse sept jours sur sept » ; on rajoutera, une chanteuse unique en son genre, l’autoproclamée « y-trap ». Ce Corps est un hommage à son propre corps, sous forme de thérapie accélérée, une ode à l’acceptation de soi que chacun peut faire sienne : « Le corps nu sur le sol / J’me fais mal depuis des années. » Cette chanson est aussi un pardon adressé à sa famille. Christine and the Queens, fin mars, en plein confinement, interprétait Corps pour Yseult et les internautes, moment suspendu pour ce piano-voix dépouillé aux paroles sombres, noires et intimes. Le clip réalisé par Colin Solal Cardo (nommé cette année pour La vita nuova de Christine) cumule plus de 4,5 millions de vues. On y découvre Yseult seule, complètement nue, recouverte d’une sculpture corporelle transparente imaginée par Esmay Wagemans. Solal Cardo à propos de ce clip : « Il faut du courage pour se mettre à nu pendant cinq minutes avec une caméra braquée sur soi en donnant une performance sensible… Mais la personnalité d’Yseult a transpercé l’image, et les gens ont pris le temps de passer un moment avec elle. » Ce corps à qui elle offre une séance de shibari dans son dernier clip, Bad Boy. « Casser les codes », telle est sa devise ; ses chansons audacieuses et ses prises de parole fortes en sont la parfaite illustration.

Facile – Camelia Jordana (auteure : Camélia Jordana – compositeurs : Camélia Jordana, Renaud Rebillaud)
« Chacun fait fait fait c’qui lui plaît… » (air connu), enfin surtout Camélia Jordana depuis douze ans. Quatorze films (avec un césar à la clé), deux téléfilms, quatre pièces de théâtre, trois albums, dont le dernier en date, Lost, lui a offert, dans la catégorie Album de musiques du monde, sa première Victoire. Depuis, au gré de ses envies, elle est apparue aussi bien sur l’album du pianiste Baptiste Trotignon pour reprendre le I’m Fool to Want You de Sinatra que sur l’album VersuS de Vitaa & Slimane. Mais aussi sur deux duos, l’un avec Charlie Winston, l’autre avec Bonga, chanteur angolais qui popularisa le titre Sodade avant Cesária Évora. Grand écart ? Non, c’est « du » Camélia Jordana. En février paraissait Facile (et depuis septembre Silence), préambule à son album à venir qu’elle présente ainsi sur son Instagram : « Il sera bientôt dans vos mains, sur vos lèvres, à vos oreilles et je l’espère dans vos cœurs. » Pour ce titre, qui raconte le combat qu’elle mène pour défendre sa créativité et rester authentique, elle a fait appel au hitmaker Renaud Rebillaud (Gims, Kendji Girac…). Le clip en plan-séquence, qu’elle a elle-même réalisé, la montre sur l'une de ses journées « type », entre casting et concert. Camélia Jordana, comme artiste ou citoyenne, continue, avec son grand sourire, de mettre le mot « liberté » partout où elle passe, quitte à faire grincer des dents. 

La Maison de retraite – Michel Jonasz (auteur-compositeur : Michel Jonasz – arrangeurs : Jean-Yves D’Angelo, Manu Katché)
En 1985, Julien Clerc présentait la première cérémonie des Victoires de la musique. Ce 23 novembre-là, au Moulin-Rouge, Michel Jonasz est nommé six fois et remporte trois trophées, dont celui de l’Artiste masculin. Si on excepte sa participation au concert de Sol en Si pour lequel il est cité, sa dernière nomination remonte à 1993. Quelle joie de retrouver notre « Mister Swing » avec ce titre ô combien émouvant, aux paroles d’un amour certes vieillissant mais intact et pur ! « On ne sera jamais trop vieux pour dire que l’on s’aime / Se regarder dans les yeux », chante avec douceur l’auteur de La Boîte de jazz, élue chanson de l’année en 1985, qui figurait sur Unis vers l’uni, où on trouve déjà à la batterie Manu Katché et au piano Jean-Yves D’Angelo, qui produisent et arrangent ce dix-septième album studio, La Méouge, le Rhône, la Durance, sur lequel figure La Maison de retraite. Son précédent album datait de 2011, et entre les deux il est apparu dans 11 films, 17 téléfilms et 4 pièces de théâtre. S’il emporte la Victoire, ses autres classiques, Les Wagonnets, Les Vacances au bord de la mer, Les Fourmis rouges, Super nana seront fiers d’accueillir ce cinquième trophée.

Mais je t’aime – Grand Corps Malade & Camille Lellouche (auteurs : Grand Corps Malade et Camille Lellouche – compositrice : Camille Lellouche)
Pour sa première année sur le plateau des Victoires, en 2007, Grand Corps Malade frappa fort, étant nommé dans les trois catégories Révélations et en remportant deux (Révélation scène et Album révélation). Grâce à lui et à Midi 20, le slam est entré dans la musique en France. Cette année, ce sera sa quatrième cérémonie et sa première fois en compétition pour la Chanson originale de l’année. Il n’arrive pas seul cette fois-ci, puisque Mais je t’aime est extrait de l’album Mesdames, hommage fait aux femmes, où il partage le micro avec neuf artistes féminines, dont l’humoriste, comédienne et chanteuse Camille Lellouche, qui a écrit et composé ce titre et dont il a « terminé » le texte. Peu importe que l’on soit homme ou femme, cette valse émeut aux larmes, qu’elles soient de joie ou de tristesse, et évoque des souvenirs d’amour idéal ou de rupture à chacun d’entre nous. Le clip en noir et blanc dans lequel les larmes de Camille Lellouche sont bien réelles, avec les deux artistes dialoguant de profil, vu près de 50 millions de fois, accentue ce sentiment de tendresse diffuse. Signe d’une grande chanson, Mais je t’aime a droit à sa parodie, réussie et drôle, Mais j’te tej, signée par les comédiens Ambre Larrazet et Édouard Deloignon. 

Création audiovisuelle
 

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Goliath  Woodkid (réalisateur : Woodkid)
Pour sa première apparition, Woodkid remportait la Victoire de la Révélation scène et manquait celle du clip, devancé par le Formidable de Stromae. Sept ans plus tard, Goliath est le premier extrait de son second album, S16 (le symbole chimique du soufre). Yoann Lemoine de son vrai nom, avant de concevoir des albums au succès international, s’est fait connaître en réalisant des clips pour des artistes prestigieux (Katy Perry, Drake, Moby, Lana Del Rey…). C’est tout naturellement qu’il est son propre réalisateur ; Goliath est le premier a être tourné en couleurs. « J’ai très vite eu en tête l’image de machines industrielles. Le son m’évoquait de manière assez littérale des choses un peu rotatives avec un côté destructeur. » Plongée au cœur d’une exploitation minière à ciel ouvert : on suit un ouvrier qui finit par tomber sur un monstre minéral. Woodkid est resté trois semaines sur place, en République tchèque, pour un tournage de cinq jours. Mi-documentaire mi-fiction, tournées avant la pandémie, ces images interrogent la santé du monde. Artiste complet et précis (il a ici créé le logo de l’entreprise, son site internet, les vêtements des ouvriers), il est certain qu’un jour il signera un long-métrage dont il composera sans doute la musique.

La vita nuova – Christine and the Queens (réalisateur : Colin Solal Cardo)
Redevenue Christine and the Queens, elle présente selon ses propres mots « un petit chapitre intermédiaire » sous la forme d’un EP, La vita nuova, en référence à Dante. Le premier extrait, People, I’ve Been Sad, qu’elle dévoila lors d’une session Colors, donne le ton à l’ensemble, où le deuil, l’amour contrarié, la perte sont au cœur de son propos. Autrice, compositrice mais aussi performeuse et danseuse, Christine a voulu une rêverie baroque pour mettre en images les cinq titres de l’EP, qui offrent en quatorze minutes autant de tableaux. Cette œuvre audiovisuelle hybride entre clip et film est tournée dans tous les espaces de l’Opéra Garnier (du toit au grand foyer) par Colin Solal Cardo (La Blogothèque) – qui avait déjà réalisé trois clips pour l’album Chris –, avec le comédien Félix Maritaud (vu dans 120 Battements par minutes) en faune, et chorégraphiée par Ryan Heffington (Sia, Arcade Fire) – « La choré sur ce film était dangereuse à faire dans le sens où ce n’est pas joli ». Véritable œuvre cathartique dans une ambiance à la Dracula ou Eyes Wide Shut où le geste « raconte », La vita nuova est une véritable comédie musicale au sens premier du terme, où le finale époustouflant montre la transformation de la chanteuse. Nouveau départ ? 

Nous – Julien Doré (réalisateur : Brice VDH)
Déjà distingué en 2009 avec Les Limites, qu’il a coréalisé avec Fabrice Laffont, c’est la troisième fois que Julien Doré est nommé pour le vidéo-clip de l’année. Brice VDH a remporté cette catégorie Création audiovisuelle (dénommée ainsi depuis la 33e cérémonie) il y a deux ans, avec Tout oublier d’Angèle. C’est le 8e clip qu’ils réalisent ensemble et le 7de suite, dont le duo avec Dick Rivers sur la reprise d’Africa de Rose Laurens. « J’ai toujours vu le clip ainsi : quelqu’un me donne une chanson et moi j’ai trois minutes pour faire ce que je veux », déclare Brice VDH au site Jack, en se présentant plus comme vidéaste que réalisateur. Dans Nous, cette fois-ci, pas de Pamela Anderson ou de Michel Drucker, mais deux T-Rex sans effets spéciaux (on voit les jambes de ceux qui les animent). C’est une « tradition », dans leurs clips : il y a presque toujours des animaux (et aussi des voitures) réels ou en images de synthèse, à commencer par Simone et Jean-Marc, ses deux chiens bergers blancs suisses. « Fou, audacieux et drôle », ainsi parlait Julien Doré pour résumer ce clip, « qui ressemble à un rêve de gosse » lors de son lancement le 19 octobre en direct sur sa chaîne YouTube. 

Titre le plus streamé

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Ne reviens pas – Gradur featuring Heuss l’Enfoiré 
On ne connaît pas encore les chiffres pour l’année 2020, mais, en 2019, selon le SNEP (principal syndicat des producteurs, éditeurs et distributeurs de musique enregistrée), le streaming représentait 59 % du marché de la musique en France. Apparu relativement récemment, le streaming a trouvé sa place dans le mode de consommation avec une part de plus en plus importante d’abonnement payant. Pour la première année, c’est tout naturellement qu’une Victoire va être décernée pour le titre le plus streamé en France sur la période de référence de l’association des Victoires de la musique, à savoir du 1er décembre 2019 au 30 novembre 2020. Dans cette immense discothèque virtuelle, c’est Ne reviens pas, interprété par l’ambianceur Gradur et Heuss l’Enfoiré, qui remporte la palme avec 101 060 557 streams comptabilisés. Paru fin novembre, peu avant la sortie du 3e album du rappeur de Roubaix, ce banger a même été, selon Deezer, le titre le plus écouté le soir du réveillon. Le clip vu, lui, plus de 146 millions de fois voit les deux rappeurs faire une sacrée fête dans un hôtel chic. Si ce titre festif vous rappelle quelque chose, normal, Gradur a repris les bases du tube italien Blue (Da Ba Dee) d’Eiffel 65, paru en 1999. Le refrain est marqué par le mot « Sheguey », clin d’œil au collectif de rappeurs dont fait partie Gradur. Sur l’album Zone 59, outre Heuss l’Enfoiré, on trouve un véritable who’s who du rap français avec Ninho, Niska, Dadju, Koba LaD, Gims et Alonzo. 
 

Dispositif numérique

France 2 mobilise ses réseaux sociaux et vous invite une nouvelle fois à vivre l’événement des Victoires de la Musique comme si vous y étiez. Coulisses, interviews inédites et décalées, rencontre des Révélations, stories, réaction des lauréats, live tweet… Retrouvez les moments clé des Victoires de la Musique sur france.tv et les réseaux Facebook, Twitter et Instagram de France 2. 

La 36e cérémonie des Victoires de la Musique 

En direct. Présentée par Stéphane Bern et Laury Tilleman – Président des Victoires de la Musique Romain Vivien – Directeur général Jean-Yves de Linares – Directrice artistique Virginie Petit  Directrice exécutive de la cérémonie Octavie de Tournemire – Réalisateur Carson Prod  Directeur de la photographie Franck Broqua  Décor Frédéric Dorieux

Les Victoires des la Musique sont à suivre vendredi 12 février à 21.05 Sur France 2
L’émission sera diffusée à l’international par TV5 Monde

 

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