« No Cut » : 5 artistes en live pour une création inédite à ne pas manquer sur Culturebox

Venez découvrir Jeanne Cherhal, Thylacine, Ichon, Ko Ko Mo et Lilly Wood and The Prick comme vous ne les avez jamais vus : ces cinq artistes ou groupes d’artistes ont été filmés en live, en un seul et même plan-séquence. Un concert exceptionnel, capté sur l’île de Nantes, à savourer à partir du 15 juillet sur Culturebox.

« No Cut ». © DR

C’est en bord de Loire, sur la célèbre île de Nantes, ancien berceau des chantiers navals métamorphosé en un quartier à vocation culturelle et créative, que le réalisateur Sami Battikh s’est lancé un défi : filmer avec une seule caméra, en un seul plan-séquence, cinq live consécutifs ! 

Au programme 

Interview de Sami Battikh, réalisateur de ce concert live inédit

En quoi cette création était-elle un défi sur le plan technique ?
Sami Battikh :
Dans le monde du cinéma ou de l’audiovisuel, réaliser un vrai plan-séquence est toujours un gros défi. Défi qui ne fait qu’augmenter quand on allonge sa durée, son étendue géographique, ainsi que les différentes séquences présentes. Pour No Cut, nous étions à un degré très élevé sur l’ensemble de ces paramètres. En une seule prise, avec une seule caméra, sans jamais couper, nous devions filmer cinq sessions live de cinq artistes disposés à cinq endroits différents de l’île de Nantes. Près de 800 mètres de déambulation, avec de l’extérieur et de l’intérieur, l’utilisation d’une grue, d’un travelling, d’une plateforme roulante et d’un Steadycam. Plus de trente personnes étaient nécessaires, chacune à des postes clés (images, machinerie, son, régie). C’était autant de problèmes techniques potentiels qui auraient pu nous obliger à stopper le plan. Et à tout recommencer. Tout cela sans compter le paramètre artistique, puisque les cinq groupes devaient eux aussi réussir leur partition et ne pas avoir de problème lors de leur live pour que le plan-séquence réussisse. 

Mais aussi un défi à titre personnel par rapport à ce que vous aviez pu filmer jusqu’à présent ?
S. B. :
J’avais déjà réalisé plusieurs plans-séquences, notamment l’an passé pour une session de Pomme sur Culturebox. Mais cela avait toujours été des plans-séquences sur une seule chanson. Et bien sûr d’un seul artiste. En concevant le projet de No Cut, j’avais envie d’aller plus loin, à la fois en termes de défi technique, mais aussi et surtout que ce défi technique devienne le moteur d’un processus créatif, aussi bien visuellement que musicalement. Faire des – nombreuses – contraintes liées à ce type de plan des occasions de tenter de nouvelles choses. Humainement, c’était une expérience particulièrement intense. Il y avait tellement d’éléments qui pouvaient faire capoter le tournage : la météo, des problèmes à l’image, au son, les artistes, les aléas du public présent tout autour… Et on savait que, contrairement à des tournages « classiques », si on ne parvenait pas à avoir une prise intégrale de ce plan-séquence, le film ne pouvait pas voir le jour. Mais cela a donné une énergie folle, à la fois aux équipes techniques et aux artistes, clairement conscients du défi et de l’enjeu. Cela se ressent dans le film et donne une dimension particulière à cette aventure.

Comment les artistes présents ont-ils influé sur le résultat final ?
S. B. :
Je tenais à ce qu’il y ait une grande variété dans les esthétiques traversées par No Cut. Il fallait également que certains puissent être mobiles, que ce soit Ichon, qui pouvait chanter en marchant, ou Thylacine, qui jouait sur une plateforme mobile. Enfin, il était également important que chaque artiste s’approprie le projet. Même si cela n’était pas évident pour eux de se projeter dans quelque chose de totalement nouveau, sans qu’on puisse leur montrer de références. Mais ils ont tous joué le jeu en échangeant avec nos équipes pour préparer leur set, mais aussi et surtout en discutant entre eux pour réfléchir à des transitions artistiquement chouettes. Sur place, le jour du tournage, ils ont également passé du temps ensemble pour affiner ces moments essentiels du programme. 

No Cut 

Programme filmé sur l’île de Nantes en juin 2021 (20 min) – Réalisation Sami Battikh – Production Sourdoreille

No Cut sera mis en ligne le 15 juillet sur Culturebox et disponible pendant plusieurs mois

Publié par Béatrice Cantet le 13 juillet 2021
Commentaires