« Les Sandales blanches » : Amel Bent interprète la cantatrice Malika Bellaribi

C’est le premier grand rôle d’Amel Bent dans une fiction. La star aux six albums interprète Malika Bellaribi, chanteuse d’art lyrique d’origine algérienne qui va suivre son rêve et devenir « la diva des quartiers ». Lundi à 21.05 sur France 2.

Amel Bent interprète Malika Bellaribi, la chanteuse d’art lyrique © Jean-Philippe Baltel / FTV / Eloa Prod

Tout commence au début des années 1960, dans le bidonville à majorité algérienne de Nanterre. Malika a 5 ans. Sa mère lui achète une paire de sandales neuves. Des sandales si blanches que la fillette ne les quitte pas des yeux et ne voit pas un camion qui recule. C’est le début d’années d’opérations à répétition, de souffrance et de lutte. Mais aussi, soignée par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, la découverte par Malika, à la messe, de la musique et du chant. C’est une révélation. Dès lors, bravant l’opposition de sa communauté et de son milieu familial, la jeune mezzo-soprano va se battre jusqu’à devenir « la diva des quartiers ».

Cette histoire est celle qu’a vécue Malika Bellaribi. Elle en a fait un livre dont cette fiction est l’adaptation. Jeune femme également d’origine algérienne et issue des quartiers populaires, Amel Bent interprète de façon magistrale la chanteuse lyrique. Alors, comment accueille-t-on le récit de sa vie à l’écran, ce retour sur son passé mis en images ? Rencontre avec Malika Bellaribi.

Amel Bent et Bellaribi
Amel Bent et Malika Bellaribi
© Cyril Moreau / Bestimage

En acceptant d’adapter à l’écran votre roman autobiographique, quelles furent vos inquiétudes et vos attentes ?
Malika Bellaribi : 
J’ai eu un véritable coup de cœur pour la productrice France Zobda. C’est une femme respectueuse et très engagée en faveur de la diversité. Je ne me suis donc pas sentie en danger. Mais j’avais une double attente : je voulais que le film soit riche en émotions et que ma voix soit celle qui double les chants d’Amel. Comme une continuité sonore à mon histoire que les gens avaient pu découvrir par les mots, comme un aboutissement. À la lecture du scénario, j’ai aussi apprécié le ton léger et agréable impulsé par les scénaristes Mikaël Ollivier et Christian Faure (qui en est aussi le réalisateur), tout en laissant libre cours à leur créativité, valeur essentielle à mes yeux.

Les obstacles que vous avez rencontrés dans les années 1960 ont-ils aujourd’hui disparu, évolué ou persisté ?
M. B. : Les obstacles sont différents. Dans les discours persistent beaucoup de non-dits, d’éléments de langage défaillants qui obligent encore aujourd’hui à agir contre les peurs, le poids des croyances, le racisme. En revanche, les accès au savoir, aux études et aux métiers se sont améliorés. En tant que chanteuse, j’ai pu mesurer ces évolutions. Le regard s’ouvre. Par exemple, mes ateliers de chant lyrique aux habitants des quartiers populaires ont été pour la première fois filmés dans le cadre de la 3e Scène à l’Opéra de Paris. Et cette fiction sur France 2 en est aussi la preuve !

Le milieu de l’art lyrique vous semble-t-il plus cloisonné que la variété ?
M. B. : C’est certain que le milieu de la variété a considérablement bougé, à l’instar du développement du rap ou du R’n’B. Pour l’opéra, le changement est plus difficile. J’ajouterais que tout est une question de personne, il y a ceux qui sont au diapason de notre époque et ceux qui vivent encore dans des vieux schémas.

En quoi l’interprétation d’Amel vous a-t-elle touchée ?
M. B. : Beaucoup de scènes interprétées par Amel étaient touchantes. Mais il y en a une qui m’a particulièrement émue, c’est celle de l’audition. Malika est totalement paniquée, elle sort pour vomir puis revient devant le jury. Cela m’est arrivé avant un concert. Je pensais qu’aucun son n’allait sortir de ma bouche, je me suis éloignée puis je suis retournée sur scène. Amel était très émouvante. J’avoue avoir un soutien inconditionnel envers les artistes-interprètes car je connais leur vulnérabilité.


Propos recueillis par Béatrice Cantet

Les Sandales blanches

Tirée d’une histoire vraie, la fiction Les Sandales blanches retrace la vie de Malika Bellaribi, une mezzo-soprano française d’origine algérienne, rescapée d’un grave accident de la route alors qu’elle n’était qu’une fillette dans les années 1960. Les soins qu’elle doit suivre engendreront de nombreuses souffrances qui l’éloignent de sa famille et la conduisent d’hôpitaux en maisons de convalescence. Soignée par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, elle se rend à la messe. Ce jour est une révélation : elle découvre le chant sacré et, au final, sa voie — et sa voix —, jusqu’à devenir… « la diva des banlieues ».

Fiction (90 min - 2020 - inédit) – Réalisation Christian Faure – Scénario Mikaël Ollivier et Christian Faure – D’après le livre de Malika Bellaribi Le Moal (Éd. Calmann-Lévy, 2008) – Production Eloa Prod, avec la participation de France Télévisions

Distribution 
Amel Bent Malika
Naidra Ayadi Fatima
Mhamed Arezki Mohamed
Stéphane Rideau Christian
Théo Frilet Paul
Laurence Joseph Gabrielle

Les Sandales blanches est diffusé lundi 25 janvier à 21.05 sur France 2
À voir et revoir sur france.tv

Jouez avec le Club des téléspectateurs

Du 21 janvier au 21 février, jouez et gagnez le livre écrit par Malika Bellaribi. À l'occasion de la diffusion, le Club vous offre 20 exemplaires du livre Les Sandales blanches, dédicacés par son auteure.


 

Les Sandales blanches
© Calmann-Lévy
Publié le 22 janvier 2021
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