« Les Routes de l’impossible » : Honduras

Éboulements, inondations, pistes boueuses ou défoncées, absence générale d’infrastructures… Au Honduras, comme dans d’autres endroits de la planète, subvenir à ses besoins les plus essentiels demande souvent un sacré courage. La preuve, chaque semaine, dans « Les Routes de l’impossible ». En deuxième partie de soirée, rendez-vous en Birmanie. Vendredi 20 août à 20.50 et à 21.45 sur France 5.

« Honduras, le courage fait vivre ». © Tony Comiti Productions

Les migrants ne courent pas après le rêve américain, ils fuient le cauchemar hondurien.

Un homme politique 

Dans les contrées reculées du Honduras, rien n’est simple. Travailler, se nourrir, se déplacer ou se faire soigner demande au quotidien des efforts considérables et souvent beaucoup, beaucoup de patience. Résignés, mais jamais vaincus, les habitants de ce petit pays d’Amérique centrale compensent les carences de l’État grâce au système D et à une solidarité sans faille.

À l’instar de Rosa, une véritable battante. Cette commerçante ambulante gagne sa vie en vendant des produits frais (légumes et fruits) dans les villages isolés de la montagne. Accompagnée de son jeune chauffeur, elle met en moyenne trois jours pour parcourir 250 kilomètres sur des pistes chaotiques, notamment pendant la saison des pluies. Mais elle ne se plaint pas, bien au contraire : « J’aime l’aventure et l’adrénaline. Le repassage, laver des serviettes, ce n’est pas mon truc. » Mieux, elle entend servir d’exemple à d’autres, dans ce pays, où les femmes sont encore trop cantonnées aux tâches ménagères.

Hugo, l’agriculteur altruiste, l’un des rares à posséder une voiture dans le coin, met son véhicule à la disposition des plus démunis, en particulier pour les emmener à l’hôpital, de l’autre côté de la frontière, au Guatemala, là où ils peuvent se faire soigner gratuitement… Les voies qu’il emprunte sont évidemment dans un état déplorable, mais ça ne le démotive pas : 
« Il n’y a pas de transports en commun ici. Les routes sont horribles mais notre communauté est unie ; quand quelqu’un est coincé, tout le monde répond présent pour aller l’aider. » En colère contre le gouvernement qu’il juge corrompu et qui « ne se préoccupe pas des gens qui vivent à la campagne », Hugo envisage de se présenter aux élections municipales. En attendant, il continue de s’improviser taxi…

Pour se déplacer, là où même les pistes n’existent pas, on compte sur les Indiens Miskitos, comme Robert, qui transporte ses passagers à bord d’une pirogue. Mais jusqu’à quand ? Fin connaisseur de la jungle, il s’inquiète de la déforestation (pour faire des pâturages) qui « assèche le fleuve et fait fuir les oiseaux ». Fataliste, il ajoute avec un brin d’espoir : « Il faut dire aux jeunes de replanter des arbres, sinon tout va disparaître et se transformer en désert. »

Gabriella, la fillette aux yeux rieurs, n’a pourtant pas de quoi se réjouir. Elle subsiste en rebouchant les nids-de-poule sur la route avec sa mère et sa petite sœur. Travail sans fin qui lui permet de grappiller quelques pièces de monnaie auprès des automobilistes qui passent, pour se nourrir. Depuis le décès de son père, elle vit sur place dans une cabane fabriquée avec quelques branches et des sacs en plastique. Cela ne l’empêche pas de rêver : « Avec 65 centimes d’euro, je peux acheter de la nourriture, du café [...] je suis tellement heureuse de recevoir de l’argent ; mais je préférerais être à l’école, parce que là-bas on peut tout apprendre. Quand je serai grande je vais étudier pour faire le métier que je veux, médecin, avocate ou prof. »
Des exemples de courage et de résilience, dans un pays où les terribles conditions de vie poussent chaque année des milliers de personnes à tenter d’émigrer aux États-Unis.

 


Elan de solidarité pour Gabriella et sa famille

Vous avez été très nombreux à être touchés par l’histoire de Gabriella, qui a 10 ans doit travailler pour survivre, au Honduras. 



Votre élan solidaire a touché le réalisateur et la production du magazine qui ont mis en ligne un appel aux dons pour soutenir Gabriella et sa famille.
Pour ceux qui veulent suivre l’évolution de la petite famille, le réalisateur vous tient informés sur cette page Facebook GABRIELLA 
 
Les Routes de l’Impossible « Honduras, le courage fait vivre » est à  revoir en replay sur France.TV jusqu’au 19 octobre 2021

Les Routes de l’impossible : Honduras, le courage fait vivre 

Série documentaire (52 min - 2021) – Auteurs Patrice Lucchini et Charles Comiti – Réalisation Charles Comiti et Antonin Marcel – Production Tony Comiti et Kaliste Production, avec la participation de France Télévisions  

Publié par Beatriz Loiseau le 17 août 2021
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