« Les Carnets de Max Liebermann », une série policière au temps de l’Empire austro-hongrois

Max, le neurologue, se plaît à poser des diagnostics sur les personnes qu’il étudie. Oskar, l’inspecteur en mal de réussite, est contraint de l’accepter en tant qu’observateur. « Les Carnets de Max Liebermann » débutent ce dimanche sur France 3 à 21.05. Bienvenue dans leurs enquêtes !

Photo des deux comédiens principaux
Juergen Maurer et Matthew Beard dans « Les Carnets de Max Liebermann » © MR Film GmbH / Endor Productions Ltd. 2019 / Petro Domenigg

Vienne est une ville qui est obnubilée par les titres. À Londres, j’étais Max. Seulement Max. Tandis qu’à Vienne je suis le docteur Maximilien Liebermann. Médecin, neurologue et bien sûr anglais. Personne ne manque de vous le rappeler… Vienne est en plein âge d’or, et pourtant quelque chose de troublant se terre sous les apparences. Un royaume des ombres que cette ville s’efforce de dissimuler. Bienvenue à Vienne. Bienvenue dans mon monde.

Max Liebermann

La série, adaptée des romans de Frank Tallis, se déroule au début du XXe siècle dans l’ancienne capitale de l’Empire austro-hongrois, Vienne. Le personnage principal, Maximilien Liebermann, est un neurologue anglais de confession juive (Frank Tallis a lui-même exercé la profession de psychologue clinicien pendant vingt ans) dont l’approche médicale diffère de celle de ses confrères et de son professeur, médecin en chef de l’hôpital, qui prône l’utilisation des électrochocs pour soigner l’hystérie. Le docteur Liebermann, qui suit avec intérêt les découvertes et les enseignements du professeur Sigmund Freud, préfère, comme lui, utiliser les mots pour soigner ses patients. Et il se fiche éperdument que le père de la psychanalyse (enfin, il ne l’est pas encore) passe pour un charlatan auprès de la bonne société viennoise. Une société engluée dans des us d’un autre temps que Max se plaît à étudier, quand il ne les critique pas ouvertement. 
Lorsque débute la série, l’inspecteur Oskar Rheinhardt semble embourbé dans une succession d’échecs professionnels. Incapable de résoudre une enquête depuis plusieurs mois (sachez patienter pour en connaître la raison), il se voit attribuer, non sans protester, un observateur qui mène une étude sur le comportement criminel. Et force est de constater que le jeune Liebermann est un atout de taille pour obtenir des résultats, pour ne pas dire une pièce maîtresse dont ni Oskar ni le commissaire n’arriveront à se passer.

Oskar : Allez-vous me suivre à la trace à chaque fois que j’enquêterai sur un meurtre ?

Max : Oui, c’est exactement ce qui est prévu.

Oskar : J’en ai de la chance !

Échanges entre Oskar et Max

L’expertise par les sciences

En 1906, les techniques pour traquer les criminels en sont à leurs balbutiements. À défaut de pouvoir marquer au fer rouge les délinquants (cette méthode fut employée en France jusqu’en 1832), les policiers s’appuient sur les relevés d’empreintes digitales, la photographie ou la science, en recourant à des experts (médecins, chimistes, armuriers, etc.) pour étayer leurs soupçons, appréhender les suspects et résoudre leurs enquêtes. C’est « un magistrat autrichien, Hans Gross, qui est considéré comme le premier à utiliser le concept de criminalistique dans le livre Manuel pratique d'instruction judiciaire en 1899. Ce magistrat préconise l’utilisation de la science dans les enquêtes. En 1894, il donne des cours aux officiers de gendarmerie de Vienne. Ces cours vont ensuite être proposés dans les facultés de droit de Vienne. Des grandes écoles ou universités vont suivre ce modèle. (Source : police-scientifique.com) » Rien d’étonnant donc à ce que Max ait obtenu cette place d’observateur. Même si, en toute franchise, la bonne amitié entre son père et le commissaire a joué en sa faveur.

Regardez autour de vous. C’est l’élite viennoise. Nous pouvons offrir un certain statut. Je doute que le quartier juif dispose d’un réseau professionnel aussi étendu, mais je peux me tromper… Comme le maire se plaît souvent à le dire : « Nous décidons qui est juif et qui ne l’est pas », Herr Liebermann.

Hans Brückmüller à Mendel Liebermann

Être ou ne pas être à sa place

Lucide sur l’ostracisme dont sont victimes les juifs, Max s’offusque régulièrement des scènes auxquelles il assiste ou des remarques désobligeantes qu’il entend. Qu’elles viennent du professeur Gruner – « Nous n’allons pas changer notre manière de travailler à chaque fois qu’un docteur juif publie un livre » – ou du public de l’Opéra refusant d’applaudir l’entrée en scène de Gustav Mahler, toutes le révulsent. Un racisme ordinaire contre lequel il a choisi de lutter, quitte à mettre sa carrière ou son statut social en péril. Et il sait pouvoir compter sur l’inspecteur Rheinhardt pour battre en brèche les idées reçues que certains se plaisent à véhiculer. Au cours du deuxième épisode, ils vont ainsi être amenés à enquêter sur la Confrérie du feu originel, dont un pamphlet prône la purification du sang par l’extermination des races inférieures à Vienne, alors même qu’une succession de crimes odieux est commise dans la ville. Cela ne vous rappelle rien ?

Votre emblème est reproduit dans des mares de sang. Près de chacun des corps mutilés. « Consacrons notre terre, purifions notre sang... » Vous faites partie de cette confrérie !

L’inspecteur Oskar Rheinhardt à Gustav von Triebenbach

Les Carnets de Max Liebermann – Saison 1

Vienne, 1906. Au hasard d’une enquête, l’inspecteur Oskar Rheinhardt se voit imposer la présence de Max Liebermann, jeune neurologue anglais, fasciné par les théories de Sigmund Freud. Oskar travaille seul et ne supporte pas la présence de ce simple observateur. Max, qui mène une étude sur le comportement criminel, ne peut s’empêcher de donner son avis. Ces deux personnalités, diamétralement opposées dans leur approche du crime, vont se révéler redoutablement efficaces pour arrêter les criminels.

Série (3 x 90 min - inédit) – Réalisation Robert Dornhelm et Umut Dag – Scénario Steve Thompson – D’après les romans Les Carnets de Max Liebermann de Frank Tallis (éditions 10/18) – Production Endor Productions et MR Film– Coproduction ORF, ZDF, Red Arrow Studios international – Avec le soutien de Fernsehfonds Austria, Film Fonds Wien et Kultur Niederösterreich
Avec Matthew BeardJuergen MaurerLuise von FinckhJessica De GouwConleth HillAmelia Bullmore

Épisode 1 – La Justice de l’inconscient
Vienne, 1906. Alors que l’inspecteur Rheinhardt prend les commandes d’une enquête qui s’annonce étrange, son supérieur, le commissaire Strasser, lui impose la présence du docteur Max Liebermann, qui mène une étude sur la psychopathie des criminels.

Épisode 2 – Du sang sur Vienne
Alors que Rheinhardt assiste aux fiançailles de Max et Clara, de mystérieux meurtres le contraignent à quitter la fête. Les premiers indices semblent révéler un coupable un peu trop idéal…

Épisode 3 – Les Mensonges de l’esprit
Le comportement soudain et étrange de son neveu Daniel pousse Max à demander de l’aide à Oskar. Persuadé que ses troubles ont un lien avec l’école militaire dans laquelle Daniel étudie, il prie Oskar de l’y accompagner pour enquêter. Alors qu’ils se heurtent au mutisme du corps enseignant, ils apprennent qu’un élève a été retrouvé mort quelques jours avant la crise dont a été victime Daniel…

Le premier épisode de la série est diffusé dimanche 21 février à 21.05 sur France 3
Les Carnets de Max Liebermann - La Justice de l’inconscient est à voir et revoir sur france.tv

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