« Le RAID raconté de l’intérieur : 35 ans d’interventions à haut risque »

Le RAID. À l’évocation de cet acronyme nous reviennent en mémoire des images d’interventions de cette unité qui s’exprime rarement et dont on ne voit jamais le visage de ses membres. Son histoire, Julian Bugier a choisi de vous la raconter ce mardi à 21.05 sur France 2.

Capture d'écran d'un homme du RAID
« Le RAID raconté de l’intérieur : 35 ans d’interventions à haut risque ». © Droits réservés

Le RAID a été créé non pas comme une unité d’intervention militaire mais comme une unité pour résoudre des situations de crise (...). Négocier, ce n’est pas perdre son temps, c’est utiliser les mots comme des armes.

Ange Macini, ancien chef du RAID

« Créé le 23 octobre 1985 par le préfet de police, Robert Broussard, à la demande du ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, après une vague d’attentats en France, le RAID – Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion – est une unité d’élite de la Police nationale qui compte aujourd’hui 300 hommes et femmes, et dont la devise est “Servir sans faillir”. » (Source : www.gouvernement.fr)

À travers cinq affaires retentissantes (la prise d’otages au palais de justice de Nantes en 1985, l’arrestation d’un forcené à Ris-Orangis en 1989, la prise d’otages de Human Bomb en 1993, la traque d’Yvan Colonna en 2002 et celle de Mohammed Merah en 2012), les membres ou ex-membres du RAID évoquent leurs missions, les gestes, discours et attitudes à adopter, les risques encourus et la mort de leurs collègues en intervention. Et les difficultés rencontrées lorsque des politiques avides de retombées médiatiques s’en mêlent. « Quand on est en négociation, que ce soit un interrogatoire ou face à un preneur d’otages, il ne faut jamais mentir, précise l’ancien chef adjoint du RAID, Jean-Claude Borel-Garin (qui a géré la prise d’otages de l’école maternelle de Neuilly-sur-Seine). Toujours tenir ses promesses. On peut mentir par omission mais quand on avance quelque chose, il va falloir tenir sa promesse. » Leur mission, essayer coûte que coûte d’appréhender l’individu retranché ou recherché sans lui ôter la vie, tout en libérant les otages s’il y a lieu de le faire. Au prix d’heures, de jours de négociations ou de mois de traque (le RAID a ainsi mis fin à la cavale d’Yvan Colonna après plusieurs mois de surveillance et de filature). « Nous, on est des policiers, rappelle Martin, membre du RAID, donc notre quotidien, comme je le dis tout le temps, c’est d’arrêter les gens, de les mettre à disposition de la justice. » Seulement, il arrive que le forcené n’ait finalement plus envie de se rendre. Comme cela s’est produit lors du siège de l’appartement de Mohammed Merah. « Jusqu’à l’extrême du raisonnable, on a essayé, explique Amaury de Hauteclocque, ancien chef du RAID. Et d’ailleurs, j’ai eu autant de blessés parce que j’ai essayé jusqu’au bout. Y a pas de solution lorsque quelqu’un a décidé de mourir, ça va se finir ainsi. Le seul risque que vous prenez, vous, c’est de partir avec. Mais lui va mourir. On a changé toutes nos procédures après [l’affaire Merah] et on s’est dit : On ne négociera plus avec ce type d’individus”. Lorsqu’on aura affaire à des tenants de l’islam radical, on fait la technique de progression sous feu (…). On essaye toujours, parce qu’on est une unité représentante de la loi, on essaye de les avoir vivants, mais si on ne peut pas, tant pis. »

Il y a toujours un petit côté positif chez l’individu. Il faut essayer d’ouvrir la brèche et puis d’écarter un petit peu pour faciliter le dialogue. On est d’accord, on n’est pas d’accord. On discute. Mais il ne faut surtout pas rompre le contact.

Robert Broussard, fondateur du RAID

Le RAID raconté de l’intérieur : 35 ans d’interventions à haut risque

Julian Bugier nous raconte l’histoire de cette unité dont la première intervention, en 1985, s’était déroulée sous les ordres du légendaire commissaire Broussard. Pendant deux heures, les policiers du RAID, grands chefs, hommes et femmes de terrain, nous font revivre les filatures, les appartements transformés en terrain de guerre, les intenses nuits de négociations, les drames qu’ils ont dû affronter et la gestion des pressions politiques. Un récit rare de ces trente-cinq années qui ont écrit la légende de cette unité d’élite.

Avec l’intervention de Robert Broussard (fondateur du RAID), Ange Mancini (chef du RAID, 1985-1990), Jean-Claude Borel-Garin (chef adjoint du RAID, 1990-1994), Jean-Louis Fiamenghi (chef adjoint du RAID, 2002-2004), Amaury de Hauteclocque (chef du RAID, 2007-2013)

Magazine de société (120 min - inédit)Présentation Julian Bugier – Idée originale Mikaël Guedj et Cédric Delport – Auteur Jean-Édouard Choppin – Réalisation Jean-Édouard Choppin et Nicolas Bozino – Réalisation des plateaux Raphaël Aupy – Rédaction en chef Frédéric Boisset – Conseillers historiques Éric Pelletier et Jean-Michel Décugis – Documentaliste Céline Leroux-Vincent – Musique originale Grégory Tanielian – Production Brainworks, avec la participation de France Télévisions

Ce magazine est diffusé mardi 9 mars à 21.05 sur France 2
Le RAID raconté de l’intérieur : 35 ans d’interventions à haut risque est à voir et revoir sur france.tv

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