Le Poids des traditions dans « Ils font bouger les lignes » sur France 5

L'homosexuel catholique rejeté par sa famille qui a trouvé sa place au sein de l'Église, la femme excisée qui en a fait le combat de sa vie, l'étudiante qui a refusé la fatalité ou l'épouse soumise qui s'est enfin emparée des rênes de sa vie : Olivier Delacroix part à la rencontre de femmes et d’hommes qui ont décidé de ne plus subir et de prendre leur destin en main. Entre normes et principes, ils ont fini par choisir la liberté : « Ils font bouger les lignes » ce mardi sur France 5.

Marie-Claire, fondatrice des Orchidées rouges, et Olivier Delacroix
Marie-Claire, fondatrice des Orchidées rouges, et Olivier Delacroix © TV Conseil Productions

À 12-13 ans, le plus douloureux, c’est de soutenir des injures du type « Tapette ! Pédale ! » de la part de ses parents, ou « Sois comme les autres » ou « Deviens plus viril que ça ! »

Sébastien

Quand on est excisée, on n’est plus une personne à part entière telle qu’on était le jour de notre naissance. On se retrouve dans une situation de manque de confiance en soi et en l’autre, parce qu’on a été trahi dès notre jeune âge.

Marie-Claire

J’ai eu un déclic avec un ami que je n’avais pas vu depuis longtemps à qui je racontais un peu ma vie de maman, de grand-mère, et à ce moment-là il m’a dit : « Et toi, c’est quoi ta vie ? » Et là, j’ai eu un choc… 

Isabelle

Croyez en vous, parce que si vous ressentez au fond de vous-même une ambition qui vous porte, au final vous allez réussir.

Imane

L’homosexualité peut être un don comme d’autres choses que Dieu donne aussi.  

Parole de prêtre

Difficile d’être libre et maître de sa vie ! Les traditions, qu’elles soient culturelles, religieuses, sociales ou même familiales, peuvent être lourdes à porter, allant même jusqu’à briser des vies. Pourtant, Marie-Claire, Sébastien, Imane et Isabelle ont eu le courage un jour d'en sortir...


Marie-Claire a été excisée par sa tante en Côte-d’Ivoire à l’âge de 9 ans, lors d’une cérémonie traditionnelle. Un traumatisme qu’elle a porté pendant des années, jusqu’à une opération de reconstruction. Elle a créé son association « Les Orchidées rouges » pour sensibiliser le public au tabou de l’excision et pour lutter contre cette pratique. « 120 000 femmes françaises sont victimes d’excision. Sur dix petites filles qui partent en Afrique l’été, trois reviennent excisées. [...] J’ai été à la recherche de l’autre bout de moi pour être enfin entière. »

Sébastien, psychologue du travail et enseignant-chercheur, 48 ans, est né dans une famille catholique. Pendant des années, il a été tiraillé entre son homosexualité et sa foi, l’Église condamnant son orientation sexuelle. Il lui a fallu du temps pour se réconcilier avec lui-même et réussir à vivre sereinement. Il milite désormais pour que l’Église soit plus ouverte sur la question de l’homosexualité. 
« Je suis une personne homosexuelle, chrétienne et catholique… À chaque fois qu’on m’enlève l'un de ces qualificatifs, ou l'une de ces identités, je me sens un peu amoindri… Vingt ans pour m’accepter, vingt pour construire ma place dans l’Église, quarante ans de ma vie avant de me réconcilier avec moi-même. »

Imane a vécu son enfance dans une cité à Orléans. Dès son plus jeune âge, elle est confrontée au patriarcat dicté par la loi du quartier. Pour vivre en cité, Imane doit être respectable et donc invisible. Un carcan impossible à supporter pour cette jeune femme en quête de liberté. C’est loin des siens, à Paris, qu’elle s’émancipe grâce à ses études de droit et à des concours d’éloquence.
« Une femme qui veut aller vivre hors de la cité, faire sa vie toute seule et comme elle l’entend, c’est déjà un énorme code qui est brisé. »

Dans la famille d’Isabelle, on est femme au foyer de mère en fille, ça ne se discute pas. Alors Isabelle a suivi la voie que sa famille, puis son mari lui imposaient. Mais, à 55 ans, cette épouse et mère de famille dévouée est au bord de la dépression. Elle décide alors de se libérer de son éducation. À la recherche d’un emploi pour la première fois, elle tente aujourd’hui de se reconstruire et de choisir sa vie. 
« C’est super d’être une femme libérée, n’avoir de comptes à rendre à personne ! Mais le parcours est difficile et long : ouvrir les yeux, et se dire qu’une autre vie est possible ! »

Ils font bouger les lignes : Le Poids des traditions

Si notre société évolue dans ses codes et ses repères, c’est souvent grâce aux combats de ceux qui ont eu le courage de les remettre en question. À travers les récits de leurs vies et de leurs expériences, des hommes et des femmes nous racontent le cheminement qui leur a fait explorer les nouveaux territoires de notre société. Auprès de ces éclaireurs, Olivier Delacroix est le témoin de batailles qui peuvent tous nous concerner. Parce qu’ils ont su échapper aux normes ou renverser des situations dans lesquelles ils étaient enfermés, ces femmes et ces hommes nous invitent à réfléchir, à s’interroger sur la société dans laquelle nous évoluons. 
En refusant de capituler, en refusant l’inertie, ils ouvrent les portes du monde de demain et nous emmènent dans leur sillage. Conscients que rien n’est gagné d’avance, ils font bouger les lignes pour eux, pour nous tous.  

Documentaire (90 min - 2021) - Auteur Olivier Delacroix - Réalisation Olivier Delacroix et Julie Ledru - Production Katia Maksym - Production france.tv studio et Tesséo Prod, avec la participation de France Télévisions

Diffusion mardi 19 janvier à 20.50 sur France 5 
Le Poids des traditions est à voir et revoir sur france.tv

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