Pour « Le Monde en face », la révolution terrestre est à portée de fourchette

Soyons honnêtes, pendant quelques semaines, nous avons oublié les problèmes de malbouffe, de malnutrition, de gaspillage alimentaire, d'érosion des sols, de changement climatique ou de déforestation intensive. Pourtant, notre planète s'essouffle et le Covid-19 n’y est pour rien. Notre coup de fourchette, en revanche... Benoît Bringer a rencontré ceux qui, face à ce constat, proposent des solutions. Leurs initiatives sont à découvrir ce mardi 19 mai dans « Le Monde en face » à 20.50 sur France 5.

« Le Monde en face »
« Le Monde en face ». © Premières Lignes

Si on ne change pas notre alimentation, on échouera sur le climat, sur la biodiversité, sur l'accès à l'eau, sur la santé des sols, sur les besoins en azote et en phosphore. Ce n'est rien de moins qu'une révolution alimentaire globale qu'il faut accomplir dans les trente prochaines années pour garder une planète vivable. (...) Nous sommes la première génération qui sait et la dernière qui peut agir.

Johan Rockström, directeur de l'Institut de recherche sur le changement climatique de Potsdam

Tout n'est pas perdu. Ni face à ce satané virus qui empiète sur nos libertés, ni face au changement climatique qui conditionne notre devenir. Le dire ne suffit pas à effacer des mois de doute, les craintes accumulées. Pourtant, dans un cas comme dans l'autre, il existe des solutions. Laissons de côté celles qui concernent le coronavirus et intéressons-nous à celles qui pourraient offrir une nouvelle jeunesse à notre planète. Des remèdes miraculeux applicables dans tous les lieux où l'homme vit et sévit. Même au Brésil !
Embarquez pour ce tour d'horizon des comportements vertueux qui offrent à notre « belle bleue » un peu de réconfort.
En France, dans les Alpes-Maritimes, la localité de Mouans-Sartoux a décidé de prendre le taureau par les cornes après la crise de la vache folle en choisissant de produire les fruits et légumes servis aux écoliers. Trois cultivateurs œuvrent de concert, sur des terrains mis à disposition par la mairie (via sa régie municipale agricole), pour offrir une alimentation saine, locale et de saison aux élèves. Des enfants qui viennent régulièrement découvrir les plantations, se former aux principes de la culture bio, mettre la main dans la terre et goûter le fruit de leur récolte. Et la formule a payé. Les repas sont 100 % bio, équilibrés, et à un prix de revient similaire à ceux des années précédentes. Afin d'éviter le gaspillage, chacun se sert en fonction de ses envies et de son appétit. Et pour éviter de commettre deux fois la même erreur, la pesée des déchets permet d'estimer la quantité future de chaque denrée cuisinée et proposée aux écoliers plus ou moins affamés.

Le Monde en face
« Le Monde en face » dans une cantine scolaire.
© Premières Lignes

Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde !

Le « gaspillage », quel vilain mot ! Tout le monde n'ayant pas la chance de posséder ou d'avoir à disposition un compost, des gallinacés, voire un cochon, c'est dans la poubelle qu'on a le plus souvent jeté le produit périmé, le fruit moisi ou le morceau de pain trop sec. Ce que nous tous (grandes surfaces, restaurations, individus) mettons au rebut est estimé à 41 tonnes par seconde ! Soit 1,3 milliard de tonnes d'aliments gaspillés dans le monde chaque année. À Vert-le-Grand dans l'Essonne, Stéphane Martinez et ses équipes valorisent les restes alimentaires des restaurants scolaires, industriels, hospitaliers, rapides... Chaque mois, plus de 1 000 tonnes de fonds d'assiettes sont collectées puis transformées en compost. Une matière « noble » utilisée ensuite par les maraîchers bio... Notre dette envers notre terre nourricière est encore importante. Trop d'agricultures intensives, de déforestation, de monoculture, de cours d'eau accaparés. De l'autre côté de l'Océan, une loi votée en 2010 par le gouvernement du président Lula a changé le quotidien des exploitations familiales brésiliennes et permis à des millions d'écoliers de mieux se nourrir. Depuis dix ans, 30 % des aliments servis dans les cantines proviennent de petites exploitations qui n'utilisent pas de pesticides ou d'engrais chimiques. Cette diversité alimentaire imposée a eu des conséquences sur les terres cultivées et sur le résultat scolaire des élèves. Un programme alimentaire auquel les gouvernements successifs ont consacré près d'un milliard d'euros par an.
Enfin, cuisinier étoilé comme Alain Ducasse, ou formateur en cuisine alternative comme Gilles Daveau, ils sont nombreux aujourd'hui à proposer des variations culinaires, à penser autrement nos repas en faisant la part belle au végétal, aux céréales et autres légumes secs. Ils ne cherchent pas à nous rendre végétariens, ils tentent seulement de diversifier nos repas. Allez pour la peine, vous reprendrez bien quelques fraises. C'est de saison !

Le Monde en face : Recettes pour un monde meilleur – Mieux manger pour changer le futur

Magazine – Présentation Marina Carrère d'Encausse
Documentaire (70 min) – Réalisation Benoît Bringer – Idée Antoine Guerre – Musique originale Nicolas Neidhardt – Production Premières lignes, avec la participation du Centre national du cinéma et de l'image animée et de France Télévisions  Avec les interventions de Jane Goodall, d'Alain Ducasse et de Johan Rockström

Notre système alimentaire est le principal responsable des menaces qui pèsent sur la planète. Réchauffement climatique, perte de biodiversité, épuisement des nappes phréatiques, accaparement des terres, malnutrition, multiplication des maladies chroniques… Si rien ne change lors des dix prochaines années, le fragile équilibre qui permet la vie sur terre risque de se briser. 
Notre assiette est donc le levier le plus puissant pour sauver la planète mais aussi pour améliorer notre santé. Et, sur ce levier, nous pouvons tous agir.
Après la diffusion du documentaire, Marina Carrère d'Encausse propose un débat avec quatre invités.

Le Monde en face : Recettes pour un monde meilleur - Mieux manger pour changer le futur est diffusé mardi 19 mai à 20.50 sur France 5
À voir et revoir sur france.tv 

Publié le 17 mai 2020
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