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« Le Monde de Jamy avec Thomas Pesquet - La tête dans les étoiles »

Jamy Gourmaud nous dévoile les coulisses d’une émission exceptionnelle !

Les apprentis spationautes Jamy Gourmaud et Églantine Éméyé ont eu l’immense chance d’avoir pour instructeur… le dernier Français à avoir séjourné à bord de la Station spatiale internationale (ISS), l’astronaute Thomas Pesquet ! À découvrir dans « Le Monde de Jamy » avec Thomas Pesquet – La Tête dans les étoiles, lundi 15 avril à 21.00 sur France 3.

Jamy Gourmaud, Églantine Émeyé et Thomas Pesquet devant l'avion Zéro G
Jamy Gourmaud et Églantine Émeyé aux côtés de Thomas Pesquet. © CNES / Sébastien Rouquette

Entretien

Jamy nous livre ses (fortes) impressions… notamment sur ses trente et un vols en impesanteur !

 

Quels souvenirs gardez-vous de votre rencontre avec Thomas Pesquet ?
Jamy Gourmaud : Un grand moment de bonheur, car on a l’immense chance d’avoir passé plusieurs journées avec lui. Il s’est beaucoup investi. Pour ma part, c’est quelqu’un qui m’impressionne beaucoup ; il est la figure du héros incarné et maîtrise à la perfection son sujet. Quand je l’ai croisé pour la première fois, nous étions sur le tournage de la séquence de vol à bord de l’avion Zéro G pour expérimenter l’impesanteur. Pour cela, nous avons passé deux jours à Bordeaux. La veille au soir, je descends de ma chambre d’hôtel pour rejoindre l’équipe afin d’aller dîner, et je tombe nez à nez dans le hall avec Thomas. Je suis resté… muet !
 

Thomas Pesquet a dû me prendre pour un dingue, j’étais tel un enfant devant Superman !

Jamy Gourmaud

Avec quel dispositif avez-vous tourné l’étonnante séquence dans l’avion Zéro G ?
J. G. : Deux cameramen de la société Novespace, qui gère ces vols paraboliques (trajectoires en forme de « cloche »), nous ont accompagnés et filmés. C’était indispensable, car il faut tout de même être habitué à tourner dans ces conditions ! Nous avons également fixé des petites caméras embarquées un peu partout dans la « cage », cet espace de la cabine avec un filet réservé pour réaliser des « cabrioles » ! Mais n’oublions pas que cet avion Zéro G est avant tout un laboratoire dans lequel on mène des expériences très importantes pour observer, dans différents domaines de la science, l’impact de l’absence de gravité sur certains phénomènes. L’Airbus embarque des équipes de chercheurs qui doivent restés extrêmement concentrés sur leurs travaux. Lors d’un vol, une trentaine de paraboles sont réalisées, c’est-à-dire que nous nous retrouvons 31 fois en impesanteur afin de laisser le temps aux scientifiques de vivre cet état.

Comment sort-on de ces trente et un vols paraboliques ?
J. G. : Très impressionné. Trente et une paraboles, c’est long, ça permet de pleinement profiter de l’expérience. Il y a la partie impesanteur : quand l’avion coupe les moteurs, l’appareil fait alors une parabole. Puis lorsque l’avion remet les gaz, c’est l’inverse. On se prend 2G dans la figure, on se retrouve plaqué au sol avec l’impression d’avoir une couverture de plomb sur le corps. Cette étape-là est difficile. Autant le vol 0G (sans gravité) est un bonheur, autant le vol avec 2G est très inconfortable. J’avoue que je me souviendrai jusqu’à la fin de mes jours de ce moment. J’ai la chance de bien supporter cette situation, donc j’en ai pleinement profité. En impesanteur, on peut subir le mal de l’espace, une sorte de mal des transports. À un moment donné, Églantine en a, hélas ! fait l’expérience. Disons qu’elle est devenue… un petit peu pâle ;)
Mais, au final, on est surtout marqué émotionnellement, plus que physiquement.

Thomas apprend à Églantine et Jamy à évoluer en impesanteur
Thomas apprend à Églantine et Jamy à évoluer en impesanteur.
© CNES / Sébastien Rouquette

Quels conseils vous a prodigués Thomas Pesquet ?
J. G. : Avec Églantine, nous avons d’abord eu la chance que Thomas soit aux commandes de l’avion. Sa principale recommandation : ne pas bouger la tête. Quand on le fait un petit peu, on se rend très vite compte qu’on n’aurait pas dû ! D’un coup, pointe la migraine, on sent notre tête extrêmement lourde, avec la désagréable impression que le cerveau pèse sur la boîte crânienne. C’est totalement désagréable. Ensuite, on ne réagit pas tous de la même manière à la situation. C’est à chacun de se débrouiller avec son corps. Dans les phases d’impesanteur, on a tendance à vouloir se repousser, on appuie sur la carlingue comme si on était sur la Terre avec une gravité de 1. Or, ce n’est nullement la peine. Appuyer simplement du bout du doigt sur la paroi de la cabine suffit à nous propulser dans l’autre sens.

Églantine Éméyé a également suivi un entraînement de plongée avec Thomas Pesquet. Quelles ont été ses sensations ?
J. G. : Une sacrée aventure ! À Cologne, en Allemagne, dans la piscine géante de l’Agence spatiale européenne, Églantine a expérimenté la sensation d’une combinaison dans le vide spatial, c’est-à-dire quand la Terre est à 400 kilomètres sous nos pieds ! C’est dans ce centre d’entraînement que les astronautes européens appréhendent les conditions extrêmes de vie et de travail de la Station spatiale internationale (ISS). Dans son scaphandre, guidée par Thomas, Églantine a évolué durant deux heures dans les eaux du bassin, relevant le défi des simulations de sorties extravéhiculaires.

Derniers conseils de Thomas à Églantine avant de plonger
Derniers conseils de Thomas à Églantine avant de plonger.
© CNES / Sébastien Rouquette

La séquence tournée dans le désert de l’Utah, aux États-Unis, dans une base ultrasecrète qui simule la vie sur la planète Mars, est également très étonnante…
J. G. : Les caméras de télévision n’y ont que très rarement accès, tout simplement parce que c’est un laboratoire. Les équipes qui sont dans cette station sont appelées des équipages analogues, c’est-à-dire que ce sont des scientifiques qui vont vivre dans les mêmes conditions d’isolement que celles que l’on retrouvera sur la planète rouge. Bien sûr, les locaux ne sont pas pressurisés, mais toutes les procédures au quotidien sont conçues comme si ces équipes se trouvaient sur Mars. S’ils ont envie de sortir en extérieur, ils ne peuvent le faire qu’avec l’autorisation de la base censée être au sol. Ils doivent enfiler un semblant de combinaison. Nous avons eu le privilège d’y passer une journée. Plus, ce n’est pas possible, car notre venue a, forcément, un peu perturbé l’exercice de la base.

Comment expliquer que Thomas Pesquet soit le premier astronaute français à communiquer autant sur son travail ?
J. G. : Je crois que c’est l’époque qui a changé. Par exemple, lorsque Claudie Haigneré est partie dans l’espace (première mission dans la station russe Mir, en 1996), les moyens de communication étaient très différents. Et puis, cela tient aussi beaucoup au personnage. À bord de l’ISS, Thomas Pesquet a utilisé les réseaux sociaux pour partager son expérience avec le plus grand nombre, et de manière très simple. C’est quelqu’un de très abordable, d’une très grande humilité. Comme fil rouge de l’émission, nous avons réalisé une longue interview avec Thomas. C’est un formidable pédagogue. Quand il raconte, l’imagination reconstitue sans difficulté les images.

Les dates clés de la conquête spatiale

  • 4 octobre 1957 : lancement du premier satellite artificiel soviétique Spoutnik
  • 13 novembre 1957 : à bord de Spoutnik 2, la chienne Laïka est le premier être vivant mis en orbite autour de la Terre
  • 12 avril 1961 : le Soviétique Youri Gagarine est le premier homme envoyé dans l'espace 
  • 28 novembre 1964 : lancement de la sonde américaine Mariner qui survole Mars et prend les premiers clichés de la planète rouge 
  • 21 juillet 1969 : les Américains Neil Armstrong et Edwin Aldrin sont les premiers hommes à marcher sur la Lune
  • 27 novembre 1971 : la sonde soviétique est le premier engin à toucher la planète Mars, mais s'y écrase
  • 24 décembre 1979 : premier lancement fructueux depuis la base de Kourou (Guyane) d'Ariane 1, qui place un satellite en orbite
  • 12 avril 1981 : lancement de la première navette spatiale américaine Columbia
  • 24 juin 1982 : Jean-Loup Chrétien est le premier Français en mission dans l'espace à bord de Saliout 7
  • 20 février 1986 : mise en orbite du premier élément de la station orbitale russe Mir
  • 4 juillet 1997 : la sonde spatiale Mars Pathfinder déploie le premier robot mobile, Sojourner, sur le sol martien
  • 20 novembre 1998 : mise en place du premier module de la future Station spatiale internationale (ISS). Plus de quarante vols seront nécessaires à l'assemblage de tous les éléments
  • 31 octobre 2000 : début de la présence humaine permanente dans l'espace, à bord de l'ISS. Depuis, trois spationautes l'occupent en permanence
  • 17 novembre 2016 : Thomas Pesquet décolle de Baïkonour (Kazakhstan) pour six mois de mission dans l'ISS
  • 22 janvier 2019 : Thomas Presquet fait partie de la sélection des astronautes français pour repartir dans l'espace. Il pourrait retourner à bord de l'ISS dès la fin 2020
  • Juillet 2020 : un premier robot chinois devrait être lancé sur Mars. La Chine pourrait être le troisième pays à se poser sur la planète rouge, après la Russie et les États-Unis
Jamy Gourmaud et Églantine Émeyé à bord de l'avion Zéro G
Jamy Gourmaud et Églantine Éméyé à bord de l'avion Zéro G.
© CNES / Sébastien Rouquette

« Le Monde de Jamy » avec Thomas Pesquet – La Tête dans les étoiles

Il a allumé des étoiles dans les yeux des Français !… Cinquante ans après les premiers pas de l’homme sur la Lune, pour ce numéro exceptionnel du Monde de Jamy, l’astronaute Thomas Pesquet nous ouvre les portes de l’aventure la plus fascinante, la plus périlleuse, jamais entreprise par l’être humain : la conquête de l’espace.

Magazine - Présentation Jamy Gourmaud et Églantine Éméyé - Réalisation
 Laura Miret et Mathieu Duboscq - Production Elephant Doc et France.tv Studio 

« Le Monde de Jamy » avec Thomas Pesquet – La Tête dans les étoiles est diffusé le lundi 15 avril à 21.00 sur France 3
À voir et revoir sur france.tv 
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Publié par Sylvie Tournier le 12/04/2019