Le meilleur de l’anime sur france.tv : « Collection Japanimation »

À travers plusieurs chefs-d'œuvre de l'animation japonaise, france.tv vous propose de (re)découvrir toute la diversité de ce cinéma. Tantôt poétique, tantôt terre à terre, emplie de thématiques universelles et contemporaines, la « japanimation » est une mine de créativité cinématographique. Disponible sur la plateforme france.tv à partir du jeudi 30 juin.

« Collection Japanimation » © DR

On parle plutôt de « l'anime ». L’animation japonaise est issue des bandes dessinées et des mangas, et les inspire aussi. Comme ces deux derniers genres, elle est perçue comme un art propre à la culture japonaise. Contrairement aux dessins animés occidentaux, les anime s’adressent à des publics d’âges variés, impliquant souvent des intrigues complexes et des thématiques adultes. Leurs concepteurs – héritiers du « parrain du manga » ou du « Walt Disney japonais », Osamu Tezuka – sont nombreux et leurs réalisations – films et séries – ont souvent connu des succès planétaires. France.tv vous propose une sélection de leurs chefs-d’œuvre, pour les plus jeunes et pour les grands. À consommer sans modération.

« The Night is Short, Walk on Girl »
« The Night is Short, Walk on Girl »
© Tomihiko Morimi / Kadokawa / Nakame Committee

The Night is Short, Walk on Girl de Masaaki Yuasa (2017) 

Deux étudiants, « la fille aux cheveux noir » et le « Senpai » qui cherche à lui déclarer sa flamme, sont sans cesse détournés et contrecarrés par différents protagonistes et autres péripéties burlesques à travers la nuit dans les rues de Kyoto.
Sorti en 2017, The Night is Short, Walk on Girl est une plongée délirante dans un univers aux graphismes minimalistes et ultra-colorés. L’humour absurde côtoie la poésie dans cette œuvre où la nuit tient une place prépondérante. Acclamé dans divers festivals à travers le monde, le film fut réalisé par le talentueux Masaaki Yuasa à qui l’on doit également Devilman Crybaby

« Paprika »
« Paprika »
© Madhouse, Inc. and Sony Pictures Entertainment (Japan) Inc.

Paprika de Satoshi Kon (2006) 

Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique a été inventé. Grâce à une petite machine nommée le DC Mini, il est désormais possible d'entrer dans les rêves des patients et de les enregistrer. Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l'inventeur, décide de s'aventurer dans le monde des rêves sous l'apparence de sa délurée alter ego Paprika pour découvrir qui s'est emparé du DC Mini et pour quelles raisons. Rapidement, elle découvre que plusieurs de ses collègues sont en train de devenir fous… 
Paprika s'inscrit dans la continuité des œuvres de Satoshi Kon et de son obsession pour le lien qui unit “imaginaire” et “réalité”. Ce patchwork étrange et d’une créativité sans pareille fut le baroud d’honneur de son réalisateur, qui nous légua avec ce film l'une des œuvres animées japonaises les plus emblématiques de ces dernières années. Sorti en 2006, Paprika est un émerveillement de tous les instants, où les thématiques fortes viennent sublimer des visuels incroyablement imaginatifs. 

Kié, la petite peste de Isao Takahata (1981) 

La jeune Kié vit dans un quartier populaire d'Osaka. A cause d'une situation familiale plutôt compliquée, elle devient la reine de la débrouillardise et du système D. Avec l'aide de ses grands-parents et de son chat insolent, elle tente de faire fonctionner la petite gargote paternelle, tout en gérant les frasques de son géniteur, un oisif invétéré que tout le quartier surnomme « Testu, le bon à rien ». Mais Kié ne rêve que d'une chose : une vie de famille... normale. 
Une petite fille au caractère bien trempé, des chats, des yakuzas, une famille dysfonctionnelle… Autant d’éléments (et bien plus encore) qui pourraient résumer Kié, la petite peste. Cette œuvre ne manquera pas de vous surprendre, puisque sous ses airs enfantins se dissimulent des thématiques profondes (et des gags grivois). On n’en attendait pas moins du talentueux Isao Takahata, des studios Ghibli,  connu pour son œuvre intemporelle Le Tombeau des lucioles

« Liz et l'Oiseau bleu »
« Liz et l'Oiseau bleu »
© Ayano Takeda - Takarajimasha / Hibike! Partners

Liz et l'Oiseau bleu de Naoko Yamada (2018) 

Une émouvante et délicate histoire d'amitié entre deux lycéennes, Nozomi et Mizore, toutes deux musiciennes, aussi proches que différentes... Nozomi est une jeune femme extravertie et très populaire auprès de ses camarades de classe, doublée d'une talentueuse flûtiste. Mizore, plus discrète et timide, joue du hautbois. Mizore se sent très proche et dépendante de Nozomi, qu'elle affectionne et admire. Elle craint que la fin de leur dernière année de lycée soit aussi la fin de leur histoire, entre rivalité musicale et admiration. Les deux amies se préparent à jouer en duo pour la compétition musicale du lycée Kita Uji. Quand leur orchestre commence à travailler sur les musiques de Liz und ein Blauer Vogel (Liz et l'Oiseau bleu), Nozomi et Mizore croient voir dans cette œuvre bucolique le reflet de leur histoire d'adolescentes. La réalité rejoindra-t-elle le conte ? 
Difficile de rester insensible devant la beauté de ce conte musical. Liz et l’Oiseau bleu se trouve à la croisée des chemins entre conte fantastique, comédie musicale et romance. En résulte un film visuellement très abouti aux thématiques qui devraient résonner chez un grand nombre de spectateurs. 

« Tokyo Godfathers  »
« Tokyo Godfathers  »
© Satoshi Kon, Mad House and Tokyo Godfathers Committee

Tokyo Godfathers de Satoshi Kon et Shôgo Furuya (2003) 

À Tokyo, pendant les fêtes de Noël, trois amis sans abri trouvent un bébé abandonné et une mystérieuse clé annonciatrice de folles aventures. 
Avec Tokyo Godfathers, nous retrouvons à nouveau le réalisateur de Paprika Satoshi Kon en collaboration avec Shôgo Furuya. Les réalisateurs nous content ici l’histoire de marginaux au cœur tendre (un travesti, un alcoolique, une fugueuse…) réunis autour de ce bébé dont ils ont désormais la responsabilité. Cette fable d’une grande humanité porte un regard plein de bienveillance sur ses personnages et offre à l’intrigue une dimension sociale remarquable. Un conte de Noël à découvrir à n’importe quel moment de l’année. 

« The Sky Crawlers »
« The Sky Crawlers »
© MH/NI, BWDVYHDYCH.

The Sky Crawlers : l'Armée du ciel de Mamoru Oshii (2008) 

Dans un futur alternatif, après des décennies de guerre, le monde a fini par arriver à une paix durable. Mais les Terriens ont désespérément besoin de retrouver un peu d'action. Pour apaiser ses citoyens, le gouvernement met alors en place un cycle de guerres d'un genre nouveau : celles-ci seront désormais organisées par des sociétés militaires privées, dans le seul but de divertir la population. C'est alors que la dernière recrue à rejoindre les pilotes de Sky Crawlers se retrouve impliquée dans un nouveau projet militaire, visant à rendre les pilotes infaillibles… 
En 2008, The Sky Crawlers a marqué le grand retour de Mamoru Oshii, à qui l’on doit une des plus grandes références de l’animation japonaise : Ghost in the Shell. Comme à son habitude, le réalisateur nous dévoile une œuvre contemplative, bien loin des clichés que l’on pourrait avoir sur un film de guerre. A l’instar de ses autres films, Oshii livre avec The Sky Crawlers une réflexion sociétale très pertinente et ouvre la voie à de nombreuses questions existentielles. 

« Les Mondes parallèles »
« Les Mondes parallèles »
© The Relative Worlds

Les Mondes parallèles de Yuhei Sakuragi (2018) 

Shin et Kotori sont deux lycéens ordinaires qui vivent à Tokyo. Un jour, Shin rencontre son parfait sosie. Le garçon s'appelle Jin et prétend venir d'un monde parallèle sur lequel règne une princesse malfaisante. Pour sauver les siens, il doit vite trouver le double de la persécutrice. La vie des lycéens bascule quand Shin découvre que la sombre princesse ressemble à son amie… 
On retrouve avec Les Mondes parallèles de nombreux codes très fortement ancrés dans l’animation japonaise, que ce soit au cinéma ou à la télévision. Des jeunes guerriers, un monde en danger, des créatures malfaisantes… Toute une panoplie d'éléments que les réalisateurs japonais savent exploiter à leur juste mesure, toujours avec beaucoup de créativité. Les Mondes parallèles ne fait pas exception à la règle et nous offre en prime une animation des plus singulière, qui ne manquera pas de rappeler des cinématiques de jeux vidéo. 

« Steamboy »
« Steamboy »
© Katsuhiro Ōtomo - Mashroom/Steamboy Committee

Steamboy de Katsuhiro Ōtomo (2003) 

En 1866, alors que l'Angleterre victorienne prépare son Exposition universelle, le jeune Ray se voit confier par son grand-père une mission de la plus haute importance. Il est chargé de remettre une invention révolutionnaire (une mystérieuse sphère de métal) à un autre scientifique nommé Stephenson. La sphère est en fait une Steam Ball, une source d'énergie d'une puissance phénoménale, clé du fonctionnement d'un mystérieux "château de vapeur", la dernière et géniale création du père de Ray, Eddie. L'invention attire la convoitise de beaucoup de monde, dont la toute-puissance Fondation Ohara, prête à tout pour mettre la main dessus. La lutte pour sa possession va entraîner Ray dans la plus excitante et la plus dangereuse des aventures. Désormais, le futur est entre ses mains…
Steamboy est une démonstration supplémentaire de la virtuosité du réalisateur, Katsuhiro Ōtomo, papa du légendaire Akira. Cette œuvre rétro-futuriste audacieuse est un émerveillement comme seule l’animation peut en offrir, tant celle-ci regorge de créativité. Une relecture unique de la révolution industrielle, marquée par une vision très militante de l'évolution technologique. 

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