« La Fabrique du mensonge » : à chacun sa vérité

Il n’a jamais été aussi simple de s’adresser au plus grand nombre. En quelques clics, vos propos peuvent inonder votre entourage, votre pays, voire l’ensemble de la planète. Et certains, parmi nos (futurs) dirigeants usent de ces outils 2.0 pour véhiculer leurs idées, voire leurs fausses vérités auprès de millions de partisans. Ce dimanche à 20.50, « La Fabrique du mensonge » sur France 5 décrypte les méthodes employées par Jair Bolsonaro et QAnon pour imposer leur vision du monde.

 

Dans l’histoire, il y a toujours eu un avant et un après, ce moment charnière où tout bascule. C’est le cas depuis l’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux dans nos vies. Aujourd’hui, notre accès à l’information s’est démultiplié. Une chance me direz-vous. Oui, lorsque celle-ci est vérifiée et vérifiable. Mais combien de mensonges et de fausses vérités circulent et se partagent parmi ce flot de nouvelles ? Et comment s’en prémunir tant certaines allégations semblent fondées et confortées par des preuves soi-disant irréfutables ? Nous qui vivons dans un pays démocratique, où l’accès aux médias n’est ni censuré ni limité, pouvons plus facilement prouver la véracité de tel ou tel propos. Du moins avons-nous la capacité d’y parvenir. Cela n’empêchera jamais ni les doutes, ni les fausses certitudes, ni les remises en cause de s’immiscer dans nos échanges et dans nos discussions. Les réseaux sociaux sont une arme à double tranchant : utiles pour maintenir le contact avec nos proches et dévastateurs lorsqu’ils deviennent un outil de propagande. Et les événements récents survenus à Conflans-Sainte-Honorine en sont hélas la preuve. 

La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros.

Extrait de l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse - Modifié par Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

La journaliste Elsa Guiol a enquêté sur les méthodes fallacieuses employées par le clan Bolsonaro pour décrocher, par les urnes, le poste de président. Une campagne erronée, sciemment, pour faire douter les citoyens brésiliens et les amener à voter en masse pour cet homme connu pour sa misogynie, son homophobie et sa xénophobie. Jair Bolsonaro n’a cessé de pourfendre ses détracteurs, de mener des lynchages médiatiques contre quiconque oserait s’opposer à lui, à ses idées ou à ses convictions. Même la covid-19, responsable de tant de morts dans son pays, n’a pas eu raison de sa popularité. En Amérique du Nord, c’est à une communauté qu’elle s’est intéressée. Ses membres sont de plus en plus nombreux et très actifs sur les réseaux sociaux. Les adeptes du QAnon cherchent depuis des années à prouver la dangerosité des démocrates, en les accusant, entre autres, d’actes pédophiles. Alors que Donald Trump brigue un second mandat, le Président sait pouvoir compter sur leur soutien indéfectible. Soutenir un candidat, s’engager politiquement, faire campagne est louable. Colporter rumeurs et fausses informations l’est beaucoup moins. Dans un monde où chaque partie semble camper sur ses positions et ses affirmations, difficile de faire entendre raison. Pourtant sans dialogue, point de démocratie… L’avenir de nos libertés est entre nos mains. Ne laissons pas des algorithmes penser pour nous !


Loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information

« Art. L. 163-2.-I.-Pendant les trois mois précédant le premier jour du mois d’élections générales et jusqu’à la date du tour de scrutin où celles-ci sont acquises, lorsque des allégations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin à venir sont diffusées de manière délibérée, artificielle ou automatisée et massive par le biais d’un service de communication au public en ligne, le juge des référés peut, à la demande du ministère public, de tout candidat, de tout parti ou groupement politique ou de toute personne ayant intérêt à agir, et sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire aux personnes physiques ou morales mentionnées au 2 du I de l’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique ou, à défaut, à toute personne mentionnée au 1 du même I toutes mesures proportionnées et nécessaires pour faire cesser cette diffusion. »
Loi n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de linformation

 

La Fabrique du mensonge, saison 2 – Les Fake news au pouvoir

Comment les fake news sont-elles fabriquées ? Comment se propagent-elles ? Quel est le rôle des réseaux sociaux en politique et en particulier dans l’accession au pouvoir des populistes 2.0 ? Découvrez comment les États-Unis et le Brésil subissent les conséquences massives de la désinformation et du mensonge au plus haut sommet de l’État. Et comment des citoyens, cibles de ces fake news, voient leurs vies détruites.

Collection documentaire (90 min - 2020) – Présentation Karim Rissouli – Rédaction en chef Arnaud Lievin – Rédaction en chef adjointe Elsa Guiol – Réalisation Elsa Guiol et Arnaud Lievin – Production Together Media et TV Presse, avec la participation de France Télévisions

Photo de Donald Trump
« QAnon et les complotistes pro-Trump ».
© Together Media / TV Presse
QAnon et les complotistes pro-Trump

Réalisation Elsa Guiol
Qu’est-ce que la mouvance la QAnon ? De forums obscurs aux plateformes sociales mondialement connues, le mystérieux « Q » délivre sans relâche ses théories les plus folles. Son but ultime : prouver que Hillary Clinton est à la tête d’un « Deep State », un État profond aux rituels pédophiles et sataniques. À travers l’Amérique des complotistes et des adeptes de QAnon se cache en réalité une arme politique pour Donald Trump à l’approche de l’élection présidentielle. Grâce aux algorithmes des géants de l’Internet, QAnon est devenu en moins de deux ans un acteur incontournable de la scène politique américaine en s’invitant même au Congrès.

Photo de Jair Bolsonaro
« Bolsonaro et les milices digitales ».
© Together Media / TV Presse
Bolsonaro et les milices digitales

Réalisation Elsa Guiol
Le 28 octobre 2018, à la surprise générale, Jair Bolsonaro est élu président du Brésil. Sa victoire est le fruit d’une campagne éclair, structurée autour de la diffusion industrielle de fake news basée sur la messagerie WhatsApp. Durant des mois, le clan Bolsonaro, formé par Jair Bolsonaro et ses trois fils, a, dans le plus grand secret, inondé le pays de fausses informations ciblant la communauté LGBT. Ancien député de gauche et figure du mouvement LGBT brésilien, Jean Wyllys a été la cible de cette campagne de fake news l’obligeant à l’exil. Installé dans un endroit secret, il nous raconte son combat.

Ces deux documentaires sont diffusés sur France 5 dimanche 25 octobre à partir de 20.50
La Fabrique du mensonge : Les Fake news au pouvoir sont à voir et à revoir sur france.tv

Retrouvez sur Lumni, dans l’onglet « Éducation aux médias et à l’information », l’intégralité de la première saison, ainsi que des modules spécifiques à la deuxième 

Publié le 23 octobre 2020
Commentaires
Connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.