« La Dame de chez Maxim » et « Pierre et Marthe Bonnard, la couleur du mystère » inaugurent les grandes soirées culturelles de France 5

Théâtre, beaux-arts, musique, danse, opéra… tous les vendredis,  France 5 propose une plongée dans la création sous toutes ses formes. Après le programme court « Basique classique », prenez place à 20.50 devant « La Dame de chez Maxim », un Feydeau cartoonesque et surréaliste mis en scène par Zabou Breitman, et découvrez le « duo d’artistes » Pierre et Marthe Bonnard dans le documentaire qui leur est consacré à 23.05.

« La Dame de chez Maxim »
« Au spectacle chez soi » avec « La Dame de chez Maxim ». © La Compagnie des Indes

« Et allez donc, c’est pas mon père ! »

Six ans après le succès du Système Ribadier à la Comédie-Française, Zabou Breitman s’emparait en 2019 du chef-d’œuvre de Feydeau et proposait, sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin, une véritable machine à rire, servie par des comédiens en grande forme : Micha Lescot, Léa Drucker, Anne Rotger, André Marcon… 
Cela ressemble à un cauchemar. Celui du très bourgeois et très respectable docteur Petypon (Micha Lescot). Pour une fois qu’il s’était laissé entraîner – par son ami Mongicourt (Christophe Paou) – à faire une bamboche de tous les diables chez Maxim’s, le voilà au réveil, à midi, à peu près amnésique et affligé d’une colossale gueule de bois, découvrant dans son lit une jolie blonde piquante, la Môme Crevette (Léa Drucker), danseuse de son état au Moulin-Rouge. Vite, il faut la dissimuler à son épouse, la naïve, bigote et très perchée Mme Petypon (Anne Rotger)… Juste avant que débarque à l’improviste le général Petypon, un oncle à héritage (André Marcon), à peine rentré d’Afrique, qui prend la Môme pour l’épouse de son neveu, tandis que le serviable Mongicourt fait passer la véritable Mme Petypon pour la sienne – d’épouse. Le piège se referme, enchaînant à un rythme bientôt effréné les quiproquos, les mensonges et les malentendus. Car le général invite les pseudo-époux Petypon au mariage d’une de ses nièces dans son château de Touraine, et le docteur n’a d’autre choix que de continuer à donner le change, après avoir éloigné sa femme. Là-bas, la Môme Crevette sème le désordre dans la bonne société bourgeoise de province, crédule et snob, persuadée que la gouaille et les manières faubouriennes de la jeune femme – notamment son habitude de lever la jambe à tout bout de champ en répétant « Et allez donc, c’est pas mon père ! » – sont du dernier chic parisien.
La Dame de chez Maxim a connu dès sa création en 1899 au Théâtre des Nouveautés un succès à la fois critique et public, au point de susciter une suite, trois ans plus tard, La Duchesse des Folies-Bergère, quant à elle plutôt oubliée. Plus d’un siècle après, la pièce est encore considérée comme l’un des sommets de l’art de Feydeau. Sans doute pas le plus grinçant. Mais ce que Feydeau perd ici en mordant, il le gagne en précision mécanique, en puissance comique, en rythme et même en folie furieuse. Comment le point de départ somme toute un peu convenu – ou en tout cas appelé à le devenir dans la comédie – de la gueule de bois et de l’inconnu(e) dans le lit se transforme peu à peu en une imparable machine infernale, c’est la grande réussite de cette pièce. Et c’est avec beaucoup de bonheur que Zabou Breitman choisit d’en rajouter dans la fantaisie parfois surréaliste : coiffures délirantes des époux Petybon, grande silhouette dégingandée de Micha Lescot, « fauteuil extatique » qui fige son occupant grâce à une impulsion électrique, apparitions spectrales, bourgeoises de province interprétées par des hommes, avalanches de baffes, effets de ralenti… on est entre le slapstick et le cartoon, c’est du Feydeau revu par Tex Avery.

VIDÉO. « Télématin », novembre 2019

 

Au spectacle chez soi : La Dame de chez Maxim

Le docteur Petypon, médecin et mari respectable, a fait la fête jusqu’au petit matin chez Maxim. Son meilleur ami le découvre endormi à midi sous un canapé renversé. De la chambre sort la Môme Crevette, une danseuse du Moulin-Rouge. Celle-ci est forcée de se faire passer pour sa femme. Elle se pique au jeu et provoque une cascade de quiproquos, d’imbroglios et de coups de théâtre à un rythme effréné.

Pièce de Georges Feydeau  Mise en scène Zabou Breitman  Réalisation Dominique Thiel – Production La Compagnie des Indes – Enregistré le 21 décembre 2019 au Théâtre de la Porte Saint-Martin
Avec Léa Drucker, Micha Lescot, André Marcon, Éric Prat, Christophe Paou, Anne Rotger, Reinhardt Wagner, Valérian Béhar-Bonnet, Philippe Caulier, Ghislain Decléty, Solal Forte, Constance Guiouillier, Pierre-Antoine Lenfant, Damien Sobieraff, Pier-Niccolò Sassetti, Madlyn Farjot

Passage des arts : Pierre et Marthe Bonnard, la couleur du mystère 

Entrer dans l’œuvre de Pierre Bonnard, « le peintre du bonheur », c’est s’enchanter de paysages ensoleillés, de couleurs riches et éclatantes, de nus à la toilette, d’intérieurs intimes. C’est aussi découvrir le corps sans cesse peint et sublimé de Marthe, celle qui a été son épouse pendant cinquante ans… L’œuvre du peintre ressemble à ce que nous imaginons de leur couple : tout semble tranquille et normal. Et pourtant rien ne l’est, derrière la toile se cache la tourmente. Le duo que forment Pierre et Marthe Bonnard reste un mystère, autant pour ses contemporains que pour les historiens de l’art. Ils sont tous les deux discrets, retirés, ils chérissent leur univers intime. Et pourtant c’est bien autour de Pierre Bonnard que rayonne le groupe des Nabis au cœur de ce Paris artistique de la fin du XIXe siècle. Dès leur première rencontre à Montmartre en 1893, Marthe ment à Bonnard sur son identité. Elle dit s’appeler Marthe de Méligny, orpheline, effaçant ainsi à tout jamais celle qu’elle est réellement : Maria Boursin, fille de couturière. Pourquoi Pierre est-il fasciné par cette femme insaisissable au point de la peindre sans répit ? Le couple ne nous a rien dit d’eux, les photos et les écrits sont rares. C’est dans l’œuvre de Pierre Bonnard que s’écrit leur histoire romanesque. Ce documentaire nous apprend à regarder autrement les tableaux du maître pour en découvrir le sens caché.

Collection documentaire Duos d’artistes (52 min – 2020) – Auteures Catherine Aventurier et Françoise Cloarec – Réalisation Catherine Aventurier – Production France tv studio, avec la participation de France Télévisions  

La Dame de chez Maxim est diffusée à 20.50, suivie à 23.05 par le documentaire Pierre et Marthe Bonnard, la couleur du mystère vendredi 8 janvier sur France 5
À voir et à revoir sur france.tv

Publié le 05 juin 2020
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