« Climat, une guerre américaine » : quand la « wilderness » tourne au drame

Avec 5,1 milliards de tonne de CO2 émises en 2019, les États-Unis étaient le deuxième État le plus pollueur au monde. Un pays qui a, par ailleurs, le triste privilège d’être à la fois pionnier en matière de recherche sur le dérèglement climatique et fer de lance des climatosceptiques. Un paradoxe évoqué par Cédric Tourbe et Romain Huret dans le documentaire « Climat, une guerre américaine ». À découvrir ce dimanche à 22.40 sur France 5.

« Climat, une guerre américaine » © Droits réservés

Puisqu’à ce jour la Terre est notre seule base arrière et que sa « santé » dépend de nous (et du système solaire, il va de soi), autant chercher à en prendre soin. Pas seulement pour notre bien-être, mais aussi pour celui des générations futures. Par nos actes, nous pouvons soit aggraver la situation et pousser des millions d’habitants à l’exode, soit réduire notre impact environnemental et ainsi panser certaines plaies terrestres. Malgré les cyclones, tornades, tempêtes, fontes des glaciers, crues et incendies qui ravagent inlassablement villes et campagnes, une partie de la population mondiale reste persuadée que l’action humaine n’est pas à blâmer et que la seule faute revient à Dame Nature. Les climatosceptiques trouvent mille raisons pour expliquer de tels chamboulements. Aux États-Unis, peut-être plus qu’ailleurs, ils sont nombreux à refuser l’évidence. Difficile de comprendre leur attitude, leur déni face aux nombreuses données scientifiques dont nous disposons.
Sans chercher à les excuser, le documentaire signé Cédric Tourbe et Romain Huret permet d’entrevoir les raisons d’un tel comportement. Pour parvenir à leurs conclusions, les auteurs ont dû revenir aux origines des États-Unis, aux pères fondateurs, à la conquête de l’Ouest et à la nature sauvage que les hommes ont dû affronter pour s’installer et devenir américains. La fameuse wilderness,chère aux pères fondateurs, socle de leur richesse et de leur domination sur les peuples autochtones, la faune et la flore. Les premiers conquérants ont repoussé toujours plus loin cette wilderness, n’hésitant pas au fil des décennies à piller bois, minerais, gaz ou encore pétrole, tant ils étaient (et sont encore) persuadés d’habiter la Terre promise, dont les ressources étaient illimitées. Dès lors, comment envisager pour ces millions d’habitants qu’il en soit autrement, et ce malgré la mise en garde de scientifiques, chercheurs et botanistes dès le XIXe siècle, qui alertaient déjà sur l’épuisement des ressources ou la disparition des forêts. Il ne suffit pas de sanctuariser des espaces, comme l’a fait le président Lincoln, de conserver leur aspect originel, de créer des centres de recherches climatiques et environnementales pour se dédouaner de ses excès. D’ailleurs, comme vous pourrez le constater, entre consommation et préservation de leur environnement, les Américains ont rarement tranché. Certains s’y sont essayés, même durant les campagnes électorales, avec plus ou moins de succès. Si l’ère Trump a clairement nié les changements climatiques, que fera son successeur, Joe Biden ? Tiendra-t-il ses promesses de campagne ? Seul l’avenir nous le dira…


Wilderness

« La wilderness, née en Amérique du Nord, désigne l’“état sauvage”, ou plus spécifiquement la “nature sauvage”, cette traduction justifiant l’usage du féminin en français. Julien Delord (2005) a proposé pour la traduire un mot de vieux français : la “sauvageté”, le terme n’ayant pas la connotation péjorative de la “sauvagerie”. Certains auteurs canadiens écrivent aussi le Wilderness au masculin et avec majuscule.
Au Canada et aux États-Unis, la wilderness est imprégnée de “religiosité et de spiritualité” (Laslaz, 2012), par la confrontation de l’individu solitaire avec les paysages grandioses, comme on la retrouve dans les textes de Henry David Thoreau (Walden ou la vie dans les bois, 1854) ou de John Muir, fondateur du Sierra Club, la plus ancienne association de protection de la nature. »
Géoconfluences, Wilderness (site de ressources de géographie pour les enseignants).


À l’occasion de la réentrée des États-Unis dans l’accord de Paris pour le climat, et de la cérémonie d’investiture du 46e président des États-Unis, Joe Biden, La Case du siècle propose un mini-cycle consacré aux États-Unis, dont ce documentaire fait partie.


La Case du siècle : Climat, une guerre américaine

Climat, une guerre américaine relate l’histoire si particulière que les Américains ont toujours entretenu avec leur environnement. Au long d’un récit haletant où s’entremêlent nature sauvage, culture et politique, ce documentaire révèle les raisons paradoxales qui font de ce pays, le premier promoteur de la science du climat et celui où l’on compte le plus de citoyens niant l’existence du réchauffement climatique.

Documentaire (52 min - inédit) – Auteurs Cédric Tourbe et Romain Huret - Réalisation Cédric Tourbe – Compositeur Pierre Vigna Dechamps – Production La Générale de Production – Avec la participation de France Télévisions – Avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée et de la Procirep – Avec la participation de Public Sénat

Ce documentaire est diffusé dimanche 17 janvier à 22.40 sur France 5
La Case du siècle : Climat, une guerre américaine est à voir et revoir sur france.tv

 

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