« Infrarouge » : le deuil parental droit dans les yeux

Comment se remettre de la mort d’un enfant ? À travers une enquête poignante sur le deuil parental et les tabous qui l’entourent, les auteurs-réalisateurs Caroline Conte et Thomas Robin partent à la rencontre de trois familles. « Infrarouge : Dites-leur que je suis vivant », mardi 5 mai à 23.05 sur France 2.

Apprendre à vivre avec la disparition d'un enfant.
Apprendre à vivre avec la disparition d'un enfant. © Elephant Adventures

La mort d’un enfant, pour ses parents qui lui survivent, est contre-nature et inconcevable. La douleur immense et indicible des parents endeuillés est comme un monstre qui vit en eux. Petit à petit, ils apprennent à l’apprivoiser, pour pouvoir continuer à vivre avec les autres, en couple, en famille, en société

Dans notre société, la mort d’un enfant n’existe pas. On naît, on grandit, on devient adulte, âgé, puis l’on meurt. Personne ne nous dit que l’on peut mourir à tous les âges.

Caroline Conte et Thomas Robin, auteurs-réalisateurs

Trop souvent s’ajoute à la souffrance un silence étouffant, imposé aux parents par le regard des autres. Car la mort d’un enfant fait peur, comme une maladie contagieuse que l’on fuit. Dans ce film, trois mamans et un papa endeuillés prennent la parole, s’extraient du silence et de la solitude pour nous aider à mieux comprendre ce tabou.

Absent, et pourtant terriblement présent pour les parents.
Absent, et pourtant terriblement présent pour les parents.
© Elephant Adventures

« Dites-leur que je suis vivant » ne délivre pas de modèle, ni de recette miracle, mais nous voulons qu’il ait un parfum d’universalité (…). Ces parents ont des choses à nous apprendre, à nous tous.

Caroline Conte et Thomas Robin, auteurs-réalisateurs

3 familles, 3 deuils différents

Depuis la mort de son fils Antonin, Claire vit entre deux mondes. Le nôtre et celui de son fils, autrement présent, autrement vivant. Claire essaie d’apprivoiser la douleur, elle aussi bien vivante, et d’apprivoiser l’absence de son fils, pour être capable de continuer à vivre avec les autres. Claire vit la mort d’Antonin comme une remise en question de sa maternité, il lui faudra du temps pour se sentir à nouveau maman.

Perdre un enfant, une peine que l'on apprivoise.
Perdre un enfant, une peine que l'on apprivoise sans jamais la surmonter..
© Elephant Adventures

Katia aussi a eu peur de ne plus se sentir maman après la mort de son fils Soham. L’administration indélicate ne la considérait d’ailleurs plus comme maman. Rayée de la grande communauté des mères, retour à la case départ, célibataire sans enfant. Depuis qu’elle a rencontré Benoît et qu’ils ont eu ensemble Zachary, Katia essaie de trouver une place à Soham dans son couple et dans sa famille.

Nous voudrions que ce film serve à mieux rencontrer et accompagner les parents endeuillés qui peuvent être nos parents, nos compagnons, nos frères, nos sœurs, nos cousins, nos amis, nos voisins, nos collègues.

Caroline Conte et Thomas Robin, auteurs-réalisateurs

Baptiste aussi est toujours présent, puisque ses parents, Sandrine et Jean-François sont vivants. Au quotidien, ils font tout pour qu’autour d’eux on n’oublie pas Baptiste et qu’on continue à parler de lui. À la montagne, chez eux au coin du feu en écoutant de la musique ou pendant un déjeuner entre amis, le souvenir de Baptiste est toujours là, et il n’est pas que triste. Leur vie a changé, mais c’est toujours la même, et elle est toujours belle.


Infrarouge : Dites-leur que je suis vivant

Documentaire (France - 52 min - 2020) - Auteurs-réalisateurs Caroline Conte et Thomas Robin - Production Chasseur d’Étoiles, avec la participation de France Télévisions

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© France tv

Infrarouge : Dites-leur que je suis vivant est à voir mardi 5 mai à 23.05 sur France 2 et à revoir sur france.tv 

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