Iggy, l’iguane aux dons

Le groupe mythique The Stooges et son indomptable leader Iggy Pop prennent d’assaut la scène de France 4 et Culturebox, le mercredi 20 avril à partir de 21.10. Une invitation incontournable, qu’on ne sache rien d’eux ou qu’on les adore, avec le film documentaire de Jim Jarmusch « Gimme Danger », suivi de leur dernier concert en France à Rock en Seine. Happy birthday, Iggy !

« Gimme Danger », un film documentaire signé Jim Jarmusch. ©Tom Copi-Le Pacte

La dernière fois qu’on a vu Iggy Pop, il était traîné hors de scène par son manager et un garde du corps à l’issue d’un concert au Montreux Jazz Festival 2018. Voilà à quoi un des grands-pères du rock ressemble ! Le 21 avril prochain, il fêtera ses 75 ans et France 4 et Culturebox lui souhaitent un très joyeux anniversaire avec cette soirée qui lui est consacrée.

« Gimme Danger »
L’icône absolue du rock protopunk Iggy Pop et son groupe The Stooges insufflent à jamais l’ADN du rock et surtout de la punk attitude dans les accords des guitares et les backbeats des batteries. Pour l’amoureux de musique qu’est le réalisateur Jim Jarmusch, passer à côté de l’opportunité de saisir cette quintessence aurait été un crime de lèse rock’n roll impardonnable. Et qui d’autre que lui pour la retranscrire aussi parfaitement ? C’est une lettre d’amour adressée au groupe qui restera sans doute l’un des plus importants de l’histoire du rock. Par ses images d’archives et ses photos inédites, il décrypte son histoire, ses influences et sa postérité. Comme les Stooges et leur musique, Gimme Danger est délirant, foutraque, émouvant, drôle, simple, sophistiqué… et brut. Gimme Danger transmet l’énergie du groupe et du mouvement qui le porte. Afin de réussir cette gageure, Jim Jarmusch utilise différents formats, passe du noir et blanc à la couleur, de petites séquences animées à du 16 mm bricolé. Bref, il redonne vie à cette époque où des mecs comme Iggy Pop ont dynamité la société sage et conformiste des années 1950-1960. Pionnier et mythique, l’Iguane est représenté tel qu’en lui-même, inoxydable et punk for ever !

Derrière la caméra, un musicien
Le réalisateur aux multiples récompenses cinématographiques est avant tout un musicien. Guitariste des Del-Byzanteens et aujourd’hui de Sqürl, Jarmusch compose déjà la BO de son court-métrage d’étudiant (Permanent Vacation, 1980) avec John Lurie, qu’on retrouve dans un des rôles principaux. Le premier long-métrage du petit gars de l’Ohio, Stranger Than Paradise, est un hymne au rock américain. Dans ce film culte, une jeune Hongroise squatte chez son cousin en écoutant en boucle les aboiement de Screamin’ Jay Hawkins sur I Put a Spell On You… Sans compter que John Lurie, saxophoniste des Lounge Lizards, est toujours au casting.
En parallèle de ses projets cinématographiques, le réalisateur a tourné de nombreux clips, notamment pour Talking Heads, Big Audio Dynamite et Tom Waits, à qui il confiera de nombreux rôles dans ses films (de Down by Law à The Dead Don’t Die) ou des BO comme celle de A Night on Earth. Cette collab devient au fil des années une amitié indéfectible. Parmi ses nombreux films, Mystery Train demeure celui dont le thème est ouvertement la musique, avec cet hommage un peu railleur de l’icône « Elvis Presley », et qui invite Screamin’ Jay Hawkins, Rufus Thomas, Joe Strummer (The Clash) et bien sûr Tom Waits à remodeler le visage du rock américain. 
Mais le mélomane décoloré pousse toujours plus fort son chant d’amour, jusqu’à l’apothéose avec Dead Man (1995). Dans ce western en noir et blanc, la Gibson hypnotique de Neil Young (enregistrée en visionnant simultanément le film) relie en quelques notes la puissance des vers de William Blake au rock contenu dans ses cordes. Toujours présent, Tom Waits, et apparaît pour la première fois l’inclassable Iggy Pop dans un petit rôle.
Un an plus tard, Jim Jarmusch rend hommage à son pote Neil Young en lui consacrant un documentaire : The Year of the Horse. Toujours le réalisateur a continué de s’entourer de musiciens pour ses films, outre ceux précités, il rencontre Richard Edson (Sonic Youth), RZA, Jack White, Yasmine, Jozef van Wissem, etc. Dans le monde de Jarmush toute frontière artistique est abolie, l’image est musique, la note est pellicule et la poésie infuse en tout. 

La musique est pour moi la forme artistique la plus pure.

Jim Jarmusch sur Fip

Jim Jarmusch récompensé à Cannes
Only Lovers Left Alive, récompensé pour sa BO à Cannes, 2013
Broken Flowers, Grand prix du jury, 2005
Coffee and Cigarettes, Palme d’or du court, 1993
Mystery Train, prix de la meilleure contribution artistique, 1989
Stranger Than Paradise, Caméra d’or, 1984


Gimme Danger

Le film de Jim Jarmusch retrace l’épopée des Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps. Ce documentaire présente le contexte dans lequel les Stooges ont émergé musicalement, culturellement, politiquement, historiquement et retrace leurs aventures et mésaventures en montrant leurs inspirations et les raisons de leurs premiers défis commerciaux, jusqu’à leur arrivée au Panthéon du rock.

Documentaire (108 min – 2016) – Réalisation Jim Jarmusch – Distribution Le Pacte

Iggy Pop à Rock en Seine 2016 

Qui a dit qu’à presque 70 ans on ne pouvait plus enflammer la foule en dansant torse nu ? En 2016, le concert d’Iggy Pop clôt en apothéose le rendez-vous annuel de musique live au domaine de Saint-Cloud. Voix rauque et déhanché magnétique, l’Iguane n’a rien perdu de sa superbe et offre une performance mémorable, qui s’ouvre par le titre mythique I Wanna Be Your Dog, figurant sur le premier album des Stooges enregistré en… 1969 !

Concert (75 min) – Production Sombrero and Co

Gimme Danger est diffusé mercredi 20 avril à 21.10, suivi à 23.00 par le concert Iggy à Rock en Seine2016 sur France 4 et Culturebox

À voir et revoir sur france.tv

Publié le 15 avril 2022
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