André Manoukian et Jean-François Zygel reforment leur duo pour évoquer l'amour

L'amour, qu'il soit éternel, unique ou malheureux, est une source d'inspiration pour les compositeurs. À deux ou à quatre mains, André Manoukian et Jean-François Zygel reprennent des mélodies et improvisent autour de ce thème synonyme de chamade, d'émoi, de battements de cœur irrationnels, de jalousie et de rupture. « Entre duel et duo » est à voir et à écouter ce vendredi dès 21.00 sur France 5.


Jean-François Zygel : La chose tellement magique dans l'amour, c'est le début. Ce moment... comme si on décollait du monde. C'est peut-être un point commun avec la musique, l'amour naissant.

André Manoukian : L'amour naissant. Il y a une belle chanson de jazz qui s'appelle « What a difference a day makes », genre : tout d'un coup, en un seul jour, tout change. On entend les oiseaux partout et on se retrouve au restaurant, on regarde le menu et on y trouve de la romance.

Échange entre Jean-François Zygel et André Manoukian

Chacun à son piano, ils conversent, échangent. Verbalement, musicalement. Autour d'un thème dont ne se lassent ni les compositeurs ni les auteurs : l'amour. Comment le verbaliser sur une portée, en traduire les effets provoqués sur le corps et l'esprit ? Reprenant des classiques ou improvisant, ils mêlent leurs réflexions et s'interrogent. Quand Jean-François Zygel tombe amoureux, il perçoit un « ut dièse mineur ». Pour en comprendre la subtilité, il faut l'écouter interpréter au piano ce ressenti. Tout en douceur, ses doigts se déplacent sur les touches. Les notes se répondent avec légèreté. Un romantisme indéniablement joyeux. Il faut dire que notre gamme – occidentale – offre deux anomalies. « Le si, qui n'est qu'à un demi-ton du do, crée un premier déséquilibre, souligne André Manoukian en jouant les notes, et le fa, qui n'est qu'à un demi-ton du mi, crée un deuxième déséquilibre. » Des notes comme attirées par leurs plus proches voisines. De cette particularité sont nés des chefs-d'œuvre du classique, des intemporels de la musique contemporaine. Des mélodies où l'amour naissant a laissé place au désir. « Finalement, le désir, c'est le moteur de tout acte créatif, précise André Manoukian. Et pour moi, la création c'est un acte amoureux. » Un amour parfois brisé, déchu, insatisfait ou non consommé. Richard Wagner a ainsi laissé libre court à ses émotions dans son introduction à Tristan et Isolde. Il y a fort à parier, après cette émission, que vous ne la percevrez plus de la même façon. De jalousie, d'envie et de passion, il sera aussi question. Car l'amour peut mener au tragique. Et dans l'opéra, les tragédies amoureuses ne manquent pas. En témoignent Carmen et Othello, pour ne citer qu'eux. Et que penser de ce trois temps,déséquilibré  mais si marquant, dont les possibilités d'expressions musicales semblent sans fin. N'est-il pas l'atout majeur de la valse, cette danse qui à sa création fit scandale parce qu'elle se dansait à deux.

Entre duel et duo : André Manoukian et Jean-François Zygel improvisent sur l’amour

Les deux pianistes Jean-François Zygel et André Manoukian se retrouvent pour un nouveau numéro de Entre duel et duo. Derrière leur piano respectif, ils se défient en musique autour du thème le plus fédérateur qui soit : l’amour ! Apartés, confidences face caméra, improvisations, reprises de thèmes célèbres, solos et duos… les deux amis parcourent avec malice et complicité tous les états amoureux.

Émission culturelle (75 min - inédit) – Réalisation Jean-Pierre Loisil – Coproduction Kali Son et Morgane Production, avec la participation de France Télévisions

Cette émission est diffusée vendredi 29 juillet à 21.00 sur France 5
Entre duel et duo : André Manoukian et Jean-François Zygel improvisent sur l’amour est à voir et revoir sur france.tv

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