Enquête de santé : Phobies, anxiété, stress – Les promesses des nouvelles thérapies

Se débarrasser d’une phobie, d’une angoisse ou d’un trouble lié à un traumatisme du passé est-il possible ? Comment ? Marina Carrère d’Encausse mène l’enquête sur le sujet avec un documentaire signé Céline Bittner, suivi d’un débat avec des experts. Mardi 25 mai à 20.50 sur France 5.

Enquête de santé : Phobies
© Pulsations

Il suffit qu’une guêpe se pose dans votre assiette pour vous voir quitter la table ? Vous appréhendez un voyage en avion ? Vous n’êtes pas rassuré en haut d’une échelle ? Jusque-là pas d’inquiétude, puisque nous avons tous nos petites peurs, l’essentiel étant de parvenir à les surmonter. Pour ceux qui, malgré tout, se retrouvent, à un moment de leur vie, submergés par une phobie, une angoisse ou les conséquences d’un vieux traumatisme, pas forcément besoin de se lancer pour autant dans une longue psychanalyse… Il existe aujourd’hui des thérapies brèves qui permettent de s’en sortir. Faut-il encore savoir à qui s’adresser et éviter l’écueil des méthodes alternatives pratiquées par des personnes non diplômées.

Hypnose
À Orléans, Laurent, 56 ans, ne peut plus entrer dans un ascenseur depuis une dizaine d’années : « Avant de franchir la porte, je suis déjà anxieux », explique-t-il, alors que son cœur s’emballe devant la cabine. Pour se débarrasser de sa claustrophobie, il a décidé de tenter l’hypnose, une technique en plein essor. Sylvain Brosset, le praticien, le place dans un état de conscience modifiée qui l’aide à se concentrer uniquement sur ses émotions : « Je demande à la personne de s’imaginer dans la situation qui lui fait peur en changeant ses sensations à l’intérieur… Il n’y a rien de magique, c’est juste le cerveau qui apprend à faire autrement. » Concrètement, en état d’hypnose, trois zones du cerveau s’activent successivement, permettant d’abord de se couper du monde extérieur, puis de fabriquer de nouvelles images mentales et enfin de se détacher des émotions négatives. Et ça fonctionne ! Dès la fin de la séance, Laurent réussit à prendre l’ascenseur sans éprouver la « sensation d’oppression » habituelle. 

Thérapie cognitive et comportementale
Anne, une Parisienne de 42 ans, est atteinte de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) qui lui gâchent la vie : « C’est un enfer psychique dont on n’a aucune idée tant qu’on ne l’a pas vécu. Vous avez conscience de l’absurdité de vos rituels, mais en même temps vous ne pouvez pas vous en empêcher, au point de vous créer des crises d’angoisse... À ces moments-là, je me dis que la seule manière de m’en sortir, ce serait de mettre fin à mes jours. » Pour se soigner, elle a entamé une TCC (thérapie cognitive et comportementale). Outre les séances avec le médecin, elle doit s’astreindre à des exercices quotidiens l’exposant aux situations qui la stressent : « On s’aperçoit qu’au bout d’un certain temps l’angoisse diminue et qu’en pratiquant encore et encore on va déprogrammer notre cerveau pour le reprogrammer d’une autre manière qui nous permet de vivre correctement. » Anne peut espérer. Un rapport de l’Inserm datant de 2004 indique en effet que les TCC seraient plus efficaces que la psychanalyse pour traiter la plupart des troubles psychiques. Une évidence pour le Dr Christophe André, selon lequel « quand on va en thérapie, ce n’est pas pour savoir qui on est ; on y va quand on a des souffrances, des symptômes qu’on voudrait voir reculer ou disparaître ».

Thérapie virtuelle
Ailleurs, à Marseille, Catherine, 59 ans, tente de vaincre sa peur du vide grâce à une nouvelle méthode qui semble très efficace pour soigner les phobies les plus répandues, mais aussi la dépression : la thérapie virtuelle. Plongé dans un environnement 3D, le patient affronte ses peurs progressivement. En 2016, une expérience menée en Europe sur des personnes souffrant de vertige a permis de démontrer, d’après le Dr Éric Malbos, psychiatre à l’hôpital de la Conception, que « la thérapie avait modifié l’activité cérébrale (mesurée en temps réel), mais également la connectivité cérébrale de certaines zones impliquées dans l’évaluation des hauteurs ; et donc qu’elle avait vraiment un effet physique et neurochimique sur le cerveau ». La technique afficherait même un taux de réussite de 80 %, un record !

Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires
Après des années d’analyse, Emmanuelle, 53 ans, a décidé de se tourner vers une autre méthode pour venir à bout de son mal-être dû à un traumatisme dans l’enfance. Élevée par sa grand-mère, elle souffre depuis toujours d’un trouble de l’attachement lié à un sentiment d’abandon : « Je pouvais avoir des crises d’effondrement […], c’est comme un tsunami qui arrivait et j’étais incapable de gérer [...]. Je me suis dit “j’ai atteint les limites avec l’analyse, il faut que je trouve un autre truc qui me permette de surmonter ça”. » Pour se libérer des souvenirs qui la hantent, elle essaye une thérapie à l’engouement grandissant : le EMDR, un acronyme anglais qui signifie désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires. Et encore une fois, bien que surprenante, la méthode n’a rien de magique. Le EMDR – qui consiste à suivre du regard les doigts du psychothérapeute en se replongeant dans un traumatisme – recrée artificiellement les mouvements que font nos yeux pendant le sommeil paradoxal, aidant ainsi le cerveau à ranger les souvenirs traumatisants au bon endroit.
Si ces techniques donnent de bons résultats, études scientifiques à l’appui, encore faut-il qu’elles soient pratiquées par de vrais thérapeutes. Méfiez-vous aussi des méthodes alternatives plus ou moins naturelles qui fleurissent sur la Toile…

 

Les invités du débat

— Pr Bruno Falissard, psychiatre et pr​ofesseur de santé publique à l’université Paris-Sud
— Dr Aurélia Schneider, psychiatre spécialisée dans les thérapies comportementales et cognitives
— Dr Christophe Fauré, psychiatre et psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des ruptures de vie

Enquête de santé : Phobies, anxiété, stress – Les promesses des nouvelles thérapies 

Magazine (documentaire 52 min + débat 48 min - 2021) – Présentation Marina Carrère d’Encausse – Réalisation du documentaire Céline Bittner – Production Pulsations, avec la participation de France Télévisions

Enquête de santé : Phobies, anxiété, stress – Les promesses des nouvelles thérapies est diffusé mardi 25 mai à 20.50 sur France 5
À voir et revoir sur france.tv

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