Ménopause : sujet tabou ?

En France, chaque année, quelque 400 000 femmes sont confrontées à la ménopause, un cap pas toujours facile à franchir, tant physiquement que psychologiquement, d’autant plus qu’on n’en parle pas aisément. Alors, avec ou sans traitement, est-il possible de bien traverser cette étape de la vie ? Marina Carrère d’Encausse mène l’enquête dans « Le Monde en face » avec un documentaire suivi d’un débat en direct. Mardi 23 février à 20.50 sur France 5.

Enquête de santé : Ménopause
« Ménopause, orage hormonal ». © Pulsations

On en entend parler, rien de plus ; c’est pratiquement un sujet tabou parce qu’être ménopausée, c’est perdre une partie de notre féminité, c’est être perçue de manière négative, on n’en parle pas...

Christine Leconte, 57 ans

Bah, j’ai toujours envie de plaire, ce n’est pas parce qu’on a la ménopause que d’un seul coup on devrait ne plus plaire, donc j’ai envie que l’image qui se reflète dans le miroir soit l’image que j’ai de moi-même à l’intérieur.

Marie-Maud Gay, 56 ans

Comme tant d’autres, Marie-Maud, Christine et Patricia ont fait les frais de la ménopause qui, à différents degrés, a bouleversé leur existence. Toutes trois ont accepté de témoigner dans ce documentaire de leur expérience avec une grande sincérité. Pas facile pourtant d’aborder un sujet qui, pour des raisons diverses, reste un tabou. Y compris pour les femmes elles-mêmes, qui rechignent à en parler entre copines peut-être parce que, comme l’explique Marie-Maud, « avoir des bouffées de chaleur, ça veut dire qu’on est dans une autre partie de vie, qui est moins sexy, alors qu’on veut toujours nous vendre des femmes sexy… ». Malgré quelques mois un peu gênants, cette jeune quinquagénaire a pourtant envisagé l’arrêt des règles comme quelque chose de positif, avant de se raviser : « Je ne pensais pas qu’il y avait tout le reste derrière. » Dans son cas, problèmes de sommeil, douleurs articulaires au réveil, manque d’entrain, déprime… Des symptômes classiques auxquels s’ajoutent souvent troubles de l’humeur, fatigue, prise de poids, baisse de la libido, sécheresse vaginale, et qui varient beaucoup d’une femme à l’autre.
Chez Patricia, 52 ans, tout a commencé par une immense fatigue qui lui a fait craindre un burn-out : « J’avais des problèmes de concentration, je perdais la mémoire de façon vraiment très marquée, j’oubliais tous les codes secrets au travail. Un jour j’ai eu peur, je n’arrivais même plus à faire ma signature […] au point que j’ai passé un scanner du cerveau et rencontré un neurologue pour savoir si ce n’était pas les prémices d’Alzheimer… » Les médecins mettront plusieurs mois avant de faire le lien entre ses troubles et la périménopause. Depuis, Patricia est devenue une experte en la matière et a même créé un groupe de discussion. Christine, quant à elle, était particulièrement gênée par les très nombreuses bouffées de chaleur qui l’obligeaient même à décaler des rendez-vous professionnels. 
Outre ses multiples désagréments, la ménopause augmente le risque, en raison de la chute des hormones féminines, d’ostéoporose (et donc de fractures), ainsi que de maladies cardiovasculaires. Selon la professeure Geneviève Plu-Bureau, gynécologue (hôpital Cochin - Port-Royal), contrairement aux idées reçues, « la première cause de mortalité chez les femmes ménopausées n’est pas le cancer, mais les accidents cardiovasculaires, d’où l’importance de la prévention et du check-up à la ménopause pour avoir une vue d’ensemble des facteurs de risque et essayer de les minimiser ».
Pendant longtemps, le traitement hormonal de la ménopause (THM) permettait justement d’atténuer les symptômes et de réduire les risques, mais, au début des années 2000, la parution d’une étude américaine montrant des effets inverses au niveau cardiaque et une augmentation du risque de cancer du sein a soulevé une vaste polémique. Malgré des études postérieures, moins alarmistes, seules 6 % des femmes ont aujourd’hui recours au THM. Nombreuses sont celles qui préfèrent se tourner vers des solutions alternatives. Marie-Maud a choisi une forme de yoga conçu par une gynécologue brésilienne ; Christine a cherché une solution dans le sport et l’acupuncture. Patricia, elle, pratique la marche rapide au quotidien et a misé sur une meilleure hygiène de vie. Elles nous racontent tout le bien qu’elles en tirent.
Après la diffusion du documentaire d’Élisabeth Bonnet-Katz, Ménopause, orage hormonal, Marina Carrère d’Encausse accueille, pour un débat, la Pr Florence Trémollières, responsable du Centre de ménopause (CHU de Toulouse), le Dr Gilbert Bou Jaoudé, sexologue, le Dr Nasrine Callet, gynécologue et oncologue (Institut Curie), et Patricia Estenaga, coach et formatrice.  

Moi, je l’ai vécu comme un élément déclencheur, c’est un déclic, donc ça peut être aussi une opportunité de voir les choses différemment, et puis peut-être de prendre un peu plus soin de soi et d’être un peu plus à l’écoute de son corps.

Patricia Estenaga, 52 ans


 

Enquête de santé : Ménopause, orage hormonal  

Magazine (Documentaire 52 min + débat en direct 48 min - 2021) – Présentation Marina Carrère d’Encausse – Production Pulsations, avec la participation de France Télévisions
Documentaire – Auteures Élisabeth Bonnet-Katz et Alexandra Verbecq – Réalisation Élisabeth Bonnet-Katz

Enquête de santé : Ménopause, orage hormonal est diffusé mardi 23 février à 20.50 sur France 5
À voir et revoir sur france.tv 

#SanteF5 

Publié le 22 février 2021
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