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Drôles de villes pour une rencontre

Alexandra Alévêque revient pour une saison 2 sur France 5

Précédemment, dans Drôles de villes pour une rencontre, Alexandra Alévêque s’est confrontée aux moins 40 °C de Iakoutsk et aux 4 000 mètres d’altitude de La Paz. Cette année, elle a opté pour Manille et ses 43 000 habitants au kilomètre carré ; la cité lacustre de Ganvié où il faut toujours pagayer ; Las Vegas, la ville de tous les excès, et enfin Aarhus, celle où le bonheur est roi. À chaque fois, elle compte sur ses hôtes pour expérimenter leur quotidien, et ce n’est jamais de tout repos.

Drôles de villes pour une rencontre
« Drôles de villes pour une rencontre » : dans une maternité à Manille. © TVSP

La première rencontre

Jamais, à une semaine du départ, elle ne s’est retrouvée sans famille d’accueil. Un travail primordial réalisé en amont par des fixeurs, ces relais locaux qui représentent des aides pour toutes les démarches. « Ils les voient, à plusieurs reprises si nécessaire, pour leur présenter le concept de cette série. » Si la journaliste s’entretient avec eux par téléphone, elle les rencontre réellement au début du tournage. « C'est vraiment tel que vous le découvrez dans le film. » 
Cette année, les quatre familles qui l’ont accueillie ont pu découvrir les documentaires diffusés en 2018. « C'est le meilleur moyen de leur expliquer notre démarche et ce que nous venons chercher. » Ces images permettent de percevoir « le ton général de la série, l'empathie qui existe à l'égard des familles », la place occupée par la petite équipe de tournage et le temps qu’ils vont devoir lui consacrer puisqu’ils sont le cœur du sujet. « Pour autant, il est important de savoir doser les moments où nous les sollicitons et ceux où il faut les laisser tranquilles. D'ailleurs, comme vous avez pu le constater, nous ne faisons pas tout avec eux. »

Une curiosité partagée

Lorsqu’on l’interroge sur ses tournages, ce sont toujours les visages des personnes rencontrées qui lui reviennent en mémoire. Les fous rires qu’elle a partagés avec eux et ce sentiment d’être devenue pendant quelques jours un membre à part entière de leurs familles. « Deux semaines, c'est rien, mais voilà, ils s'occupent de moi, me cajolent, me nourrissent et, ensemble, on se marre bien. »
Oui, elle aime partir à la rencontre des autres, passer du temps avec eux, et cela est perceptible à l’écran. D’ailleurs, c’était déjà le cas pour sa précédente série documentaire, 21 Jours (produite par Capa et diffusée sur France 2). Pas à la manière d’un Antoine de Maximy, pour lequel elle éprouve du respect : « C'est très dur de faire ce qu'il fait en étant seul, j'en serais incapable. » Elle travaille avec une équipe réduite. Un réalisateur, parfois un preneur de son. Sur place, ils retrouvent un fixeur et, si nécessaire, un traducteur. À Ganvié, au Bénin, ils disposaient en plus d’une barque équipée d’un moteur avec son pilote. Mais c’est toujours seule qu’elle passe la nuit au domicile des familles.
Ses hôtes se montrent aussi curieux à son égard qu’elle l’est vis-à-vis d’eux. « On ne cesse de dire que les Français sont mal vus à l'étranger, détrompez-vous. Nous disposons d'une cote incroyable. À chaque fois, j'ai le sentiment d'être un mixte entre le général de Gaulle et Coco Chanel. »

Une cérémonie vaudoue pour être autorisée à pêcher

Drôles de villes pour une rencontre / pêche à Ganvié
« Drôles de villes pour une rencontre » : pêche à Ganvié.
© svp.prod

À Ganvié, elle a pêché... avec les hommes. Jamais les femmes n’y prennent part. C’est interdit. Alors, pour y participer, Alexandra Alévêque a dû « montrer patte blanche et demander l'autorisation ». Elle a non seulement eu besoin d'obtenir l'accord de tous les pêcheurs, mais aussi d'assister à « une cérémonie vaudoue pour s'excuser auprès des dieux d'emmener une étrangère – et qui plus est une femme ». « Cette pêche est primordiale pour eux. Elle leur permet de vivre pendant plusieurs mois. Nous en connaissions l'existence avant notre départ et nous espérions qu'elle se déroulerait pendant mon séjour afin de pouvoir la filmer. C'est lorsque nous en avons eu la certitude que j'ai demandé à Paul, le père de famille chez qui je logeais, s'il était possible que je vienne, et c'est ainsi qu'il en a parlé aux autres hommes. » Ce père présentait à tous Alexandra comme son dix-huitième enfant. « Vous avez vu, c'est dingue. Cela m'a touchée lorsqu'il l'a dit. » Autant, sans doute, que d’avoir obtenu cette permission si exceptionnelle.

Quoi de plus parlant qu’une école surpeuplée pour comprendre la densité d’une ville

Drôles de villes pour une rencontre / Manille
« Drôles de villes pour une rencontre » : à Manille.
© svp.prod

À Manille, elle a découvert une école où les élèves font les deux-huit, comme à l’usine. Une séquence qui s’est décidée sur place, au contact de la famille. « Il y avait un garçon qui était toujours là le matin. Suite à leurs explications, nous avons décidé d'y aller, de montrer en images les conséquences de cette densité. Il y a trop d'enfants et pas assez de places pour les accueillir en même temps. » Imaginez, ils sont 2 000 écoliers par demi-journée à venir s’entasser dans les cinquante-six classes que compte l’école élémentaire. Impossible dans ces conditions de profiter de la cour de récréation ou d’une pause déjeuner digne de ce nom. Dans la classe de CM1 dans laquelle Alexandra Alévêque se rend, ils sont ce jour-là cinquante élèves sur cinquante-trois inscrits... Ce serait impensable en France.

David Bowie forever

Alexandra Alévêque
« Drôles de villes pour une rencontre » : Alexandra Alévêque à Aarhus.
© alexandraaleveque

Alexandra Alévêque a beau s’être transformée en Elvis à Las Vegas pour les besoins d’une cérémonie et avoir interprété Angelina (Psy) dans le taxi-karaoké de Ruby à Manille — « le seul titre disponible en français », précise-t-elle —, elle n’en reste pas moins une fan inconditionnelle de David Bowie. Pas une fois au cours de ses voyages elle n’a manqué de faire allusion à l’interprète de Heroes. Des clins d’œil repérés et commentés sur les réseaux sociaux après la diffusion des deux premiers volets de cette série documentaire l’an dernier. Le plus flagrant est celui du générique. « Au départ, c'est arrivé sans vraiment y prêter attention. Le jour où nous avons tourné les images du générique, je portais un t-shirt avec le visage de Bowie, sans penser qu'on le verrait à chaque fois. Il y a ensuite eu cette allusion dans la première ville où nous nous sommes rendus. Et depuis cela nous amuse de faire ces clins d'œil. » À Manille, il y en a un plus difficile que les autres à trouver. Un indice ? Un titre français dont la version anglaise est mondialement connue. 

Aarhus, la ville où il fait bon vivre

Drôles de villes pour une rencontre / Aarhus
« Drôles de villes pour une rencontre » : Aarhus.
© svp.prod

« L'idée est de se rendre dans des villes où, normalement, jamais, en tant qu'humain, on n’irait vivre, à savoir en haute altitude, au cœur du froid sibérien, du désert comme à Las Vegas, ou au milieu de l'eau, comme pour Ganvié. Et pour autant, des hommes, par nécessité, l'ont fait et s'y sont acclimatés. C'est intéressant à raconter. Mais toutes les villes ne sont pas aussi compliquées à vivre. Ce que nous montrons avec Aarhus, au Danemark. L'idée, à travers cet exemple, est de se dire que le concept peut aussi évoluer et aller sur des villes qui ne sont pas des entraves pour l'homme, bien au contraire. »

Drôles de villes pour une rencontre / Las Vegas
« Drôles de villes pour une rencontre » : Las Vegas.
© svp.prod

Je rêve d’aller à Jérusalem. C’est une ville incroyable. Et ce qui m’intéresse à Jérusalem est ce qui m’intéressait à Las Vegas : sa population. On parle rarement de ses habitants, de la manière dont ils vivent dans cette ville qui est ahurissante.

 

Alexandra Alévêque
Drôles de villes pour une rencontre
© svp.prod

Drôles de villes pour une rencontre, en résumé


Partout des villes poussent, grandissent, malgré des conditions climatiques ou géographiques presque insurmontables. Des hommes y créent leur territoire, s’y acclimatent et finissent par en faire leur « home sweet home ». Alexandra Alévêque, journaliste, s'y rend pour expérimenter leur quotidien, en vivant à leur côté. Une immersion qui révèle l’incroyable faculté d’adaptation des hommes pour subsister face à des contraintes qu’ils ne peuvent supprimer ou maîtriser. 

Série documentaire (4 x 52 min - 2019) - Incarnation Alexandra Alévêque - Idée originale et direction artistique Delphine Le Goueff - Productrice Agnès et Christie Molia - Production Tournez S’il Vous Plaît, avec la participation de France Télévisions 

La série Drôles de villes pour une rencontre est diffusée sur France 5 le mercredi à 20.50 et à voir et revoir sur france.tv

7 août à 20.50 : Manille (Philippines) – Réalisation Jérôme Mignard
14 août à 20.50 : Ganvié (Bénin) – Réalisation Stéphane Jacques
21 août à 20.50 : Las Vegas (États-Unis) – Réalisation Jérôme Mignard
28 août à 20.50 : Aarhus (Danemark) – Réalisation Christophe Castagne 

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Alexandra Alévêque / Les Autres Fleurs font ce qu’elles peuvent
« Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent » d’Alexandra Alévêque.
© Sable Polaire

Son premier roman, inspiré de son histoire personnelle, Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent (éditions Sable Polaire) paraît le 21 août. De son expérience sur la série documentaire 21 Jours, elle a écrit Les gens normaux n’existent pas – Chroniques de 21 Jours, préface d’Emmanuel Carrère (Robert Laffont).

Publié le 05/08/2019
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