« Deneuve, la reine Catherine »

Grâce à des archives et au fil des entretiens donnés par Catherine Deneuve depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui, ce documentaire inédit réalise la prouesse de nous faire découvrir la plus grande actrice française, à la ville comme à la scène. Un portrait fascinant à ne pas manquer jeudi 14 avril à 21.10 sur France 3.

Catherine Deneuve à la Mostra de Venise en 1967 pour « Belle de jour ». © Mondadori Portfolio / Giorgio Lotti / Bridgeman Images

Interview de la réalisatrice Virginie Linhart

Elle a notamment signé et réalisé le documentaire L’énarque est un humain (presque) comme les autres, diffusé l’an dernier sur France 2.

Est-ce le premier documentaire aussi complet jamais réalisé sur Catherine Deneuve ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?
Virginie Linhart :
Oui, il n’y a jamais eu de film aussi long sur Catherine Deneuve, qui embrasse toute la durée de sa carrière et traite à la fois des aspects professionnels et de sa vie privée. J’aimais l’idée d’écrire et de réaliser un film patrimonial sur cette comédienne qui est pour moi la plus grande actrice française, j’aimais le challenge que cela représentait, le fait que cela n’ait jamais été tenté, et l’idée que cela permette également de revisiter soixante ans du cinéma contemporain avec des films (et des chansons) qui appartiennent à nos « madeleines de Proust ». Enfin, la profusion des archives existantes sur Catherine Deneuve permettait d’imaginer un film extrêmement proche d’elle-même. En mêlant entretiens radio, télévisés, à des journaux, qu’elle a donnés en soixante ans, on obtient à la fois une parole très personnelle et une bonne compréhension de sa trajectoire.  

Lui avez-vous demandé son accord de principe ? A-t-elle vu le résultat final ?
V. L. :
Avant de réaliser ce film, je lui ai écrit une lettre dans laquelle je me présentais, décrivais mon projet et la façon dont j’allais le réaliser. Catherine Deneuve a pour réputation de faire envoyer une lettre par son avocat à toute personne qui lui annonce vouloir faire un film sur elle. Je n’ai rien reçu. Peut-être s’est-elle renseignée sur mon travail de documentariste et a-t-elle pensé que cela valait le coup d’attendre pour voir ? Je ne sais pas, ce ne sont que des suppositions. Mais je suis partie de l’idée suivante : « qui ne dit mot consent », et je me suis lancée. Lorsque le film a été achevé, avant de passer en post-production, mon producteur Georges Marc Benamou et moi-même l’avons montré à Claire Bondel, l’agent de Catherine Deneuve depuis dix ans. Elle a beaucoup aimé le film, et a eu cette phrase formidable : « Vous l’avez comprise ! » Rien ne pouvait me faire plus plaisir ! Une fois le film étalonné et mixé, je l’ai envoyé à Catherine Deneuve avec un mot. Encore une fois resté sans réponse, mais j’ai continué à m’accrocher à mon précieux mantra : le silence vaut acquiescement ! Ou encore : « jusqu’ici tout va bien… ».

Au-delà de la longévité de sa carrière, n’est-ce pas son choix de genres de films très variés qui est frappant ?
V. L. :
Évidemment que la très grande variété des films dans lesquels a joué Catherine Deneuve participe de sa formidable carrière. Mais je dirais que c’est avant tout le talent avec lequel elle a choisi ses metteurs en scène et ses rôles, en prenant de grands risques (Polanski, Buñuel, ensuite Dupeyron, Ruiz, puis plus tard Desplechin, Ozon), qui est particulièrement impressionnant. 

Et tout aussi extraordinaire son intérêt, même au sommet de sa carrière, pour des auteurs de premiers films ?
V. L. :
Oui, ce qui meut Catherine Deneuve, c’est, me semble-t-il, son incroyable curiosité. Et qui dit curiosité dit bien sûr ouverture aux autres, y compris aux premiers films, comme ceux de Gaël Morel…

Un éclectisme et une fantaisie que l’on retrouve aussi chez ses amis (Yves Saint-Laurent, Serge Gainsbourg, Gérard Depardieu, Johnny Hallyday). L’entourage de Catherine à la scène comme à la ville est-il d’abord masculin ?
V. L. :
Effectivement, à la scène, son entourage semble principalement masculin, mais je sais que dans la sphère privée elle a des amies femmes dont elle est très proche depuis très longtemps. Elle est également très, très liée à sa fille Chiara. La fidélité est l’une de ses grandes qualités. 

Qu’est-ce qui vous a le plus touché chez elle ? Épaté ?
V. L. :
Sa liberté, son sens de l’à-propos, son humour, son intelligence des gens et des situations. Quant à son talent et son extrême beauté, je savais déjà, mais cela n’a pas cessé de me fasciner tout au long du montage…

Propos recueillis par Béatrice Cantet


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Deneuve

Deneuve, la reine Catherine 

Catherine Deneuve
Catherine Deneuve dans « Le Dernier Métro », de François Truffaut.
© Jean-Pierre Fizet / Bridgeman Images

Plus de 130 films, dont bon nombre sont mythiques, tournés par les plus grands cinéastes du monde entier. Une carrière qui dure depuis plus de soixante ans sans jamais avoir connu d’éclipse. Une reconnaissance internationale et une popularité qui ne s’est jamais démentie…
Mais un documentaire qui n’avait jamais été réalisé sur la vie et la trajectoire d’une comédienne que tout le monde connaît mais qui s’est beaucoup protégée ! C’est tout l’enjeu de ce portrait sur Catherine Deneuve qui nous fait basculer dans l’intimité de la plus grande actrice française.
Un film tout en images d’archives qui retrace cette trajectoire unique commencée à 16 ans « par hasard ». Un récit qui mêle la place de la femme dans la société française et l’histoire du cinéma contemporain.

Documentaire (104 min – 2022) – Auteure-réalisatrice Virginie Linhart – Producteur Georges-Marc Benamou (Siècle Productions), avec la participation de France Télévisions

Deneuve, la reine Catherine est diffusé jeudi 14 avril à 21.10 sur France 3
À voir et revoir sur france.tv

Publié par Béatrice Cantet le 12 avril 2022
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