Brexit : un divorce à l’anglaise

Avouez-le, vous non plus n’avez pas tout compris du Brexit. Pourtant, en janvier prochain, ce « British exit » appartiendra définitivement à l’histoire. Et puisque nous allons subir les conséquences de ce divorce à l’anglaise, autant en maîtriser la genèse. Elle est à découvrir ce dimanche à 20.50 dans « C’était écrit » sur France 5.

 

Nous proposerons au peuple britannique un référendum avec un choix très simple : rester dans l‘Union européenne selon des nouvelles conditions ou bien en sortir complètement.

David Cameron, Premier ministre, 23 janvier 2013

C’est l’histoire d’un coup de poker qui a mal tourné. Une passe d’armes entre hommes politique et technocrates sur fond de pouvoir, d’élection, de nomination, de démission, de mystification et de compromission. Une mise qui désunit de manière irrévocable le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Nous, simples citoyens, qui subissons sans trop comprendre ces enjeux strasbourgeois, bruxellois et londoniens, savons néanmoins que ce désamour entre l’Europe et le Royaume-Uni remonte à des temps anciens. Nul besoin de se plonger dans ses cahiers d’écolier pour en deviner les raisons. Elle tient en un mot : Indépendance.

Nous devons construire une sorte d’États-Unis d’Europe. La France et l’Allemagne doivent en prendre la responsabilité ensemble. La Grande-Bretagne, le Commonwealth britannique, l’Amérique doivent être les amis et les parrains de cette nouvelle Europe.

Winston Churchill, discours prononcé à Zurich en 1946
Rue anglaise bordée de drapeaux
« C’était écrit – Le Brexit ».
© Caméra Subjective

Longtemps, le Royaume-Uni s’est refusé à intégrer l’Europe, avant de se raviser. Mais ses deux premières demandes furent retoquées par le général de Gaulle. Le président doutait du bien-fondé de ce rapprochement et l’avenir lui aura donné raison. Son successeur, Georges Pompidou, fut plus clément et les Anglais, qui avaient voté pour le « oui » au référendum, firent leur « entrée » en 1973. L’idylle fut de courte durée. Très vite, trop vite, nos voisins d’outre-Manche demandèrent des contreparties, négocièrent des non-adhésions à tels ou tels programmes et jamais ils n’abandonnèrent leur livre sterling pour la monnaie unique lorsque celle-ci fut imposée aux États membres. Finalement, lorsque le Premier ministre David Cameron lança l’idée d’un référendum sur le maintient ou non du pays dans l’Union européenne, les dés étaient pipés. Entre les partisans d’un pays libre et les Britanniques prêts à rallier le premier qui leur promettrait un avenir sans récession économique, l’idée de rester sous « tutelle européenne » n’attirait plus grand monde. Les partisans du « remain » en firent l’amère expérience le 23 juin 2016 quand le « leave » remporta 51,6 % des voix. Ils étaient près de 13 millions de Britanniques à avoir choisi de se séparer du continent européen.
Depuis, le divorce se négocie âprement. Chacun cherchant à sortir la tête haute, à obtenir le maximum de compensations. La Première ministre Theresa May, qui avait succédé à David Cameron, en a fait les frais. Boris Johnson, depuis le 10 Downing Street, réussit le tour de force de promettre avant de se rétracter. Si les tractations sont loin d’être terminées, impossible de faire machine arrière, le Royaume-Uni n’est plus membre de l’UE depuis le 1er février 2020. Pourtant, à ce jour, le risque d’un Brexit sans accord commercial n’est pas exclu. Alors, dire que vous entendrez encore parler de ce divorce est un euphémisme.

Photo de Boris Johnson, l'actuel Premier ministre
Boris Johnson, actuel Premier ministre.
© Caméra Subjective

J’ai formellement confirmé que le Royaume-Uni ne prolongera pas la période de transition et le délai pour une extension est passé. Le 1er janvier 2021, nous reprendrons le contrôle et récupérerons notre indépendance politique et économique.

 

Michael Gove, ministre d’État, tweet repris le 12 juin 2020 par « Le Figaro »

C’était écrit – Le Brexit

Le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni quitte l’Europe après quarante-sept ans de vie commune. Un divorce qui était écrit, après un mariage sans amour dans lequel les Britanniques ont toujours eu un pied dedans, un pied dehors. Ce documentaire revient sur les épisodes d’un feuilleton rocambolesque entre mensonges, trahisons, et coup de théâtre. 

Documentaire (90 min - 2020) - Auteurs Agnès Pizzini, Julie Peyrard et Karim Rissouli - Réalisation Agnès Pizzini et Julie Peyrard - Idée originale Alexandre Amiel et Bruce Toussaint - Production Caméra Subjective, avec la participation de France Télévisions

Avec l’intervention de Steve Baker, député conservateur eurosceptique, Michel Barnier, négociateur du Brexit pour l’Europe, Alastair Campbell, directeur de la communication de Tony Blair, Damian Collins, directeur de la commission parlementaire sur le numérique, Brendan Cox, mari de Jo Cox (députée assassinée en 2016), Sebastian Dance, député européen travailliste, Nigel Farage, leader du parti UKIP, Mike Galsworthy, militant et fondateur des Scientifiques pour l’Europe, Dominic Grieve, procureur général dans le gouvernement Cameron, Paul Harrison, conseiller de Theresa May, François Hollande, président de la République de 2012 à 2017, Stanley Johnson, père de Boris Johnson, Trevor Kavanagh, journaliste politique au journal The Sun, Laura Kuenssberg, journaliste politique pour la BBC, Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes de Tony Blair, Gina Miller, juriste, militante pro-européenne, Craig Oliver, directeur de la communication de David Cameron, Sonia Purnell, biographe de Boris Johnson, Jean Quatremer, journaliste spécialiste des questions européennes, Alice Ritchie, journaliste à l’AFP, Marion Van Renterghem, journaliste au Monde, Andy Wigmore, directeur de communication de UKIP, Sammy Wilson, député du Parti unioniste démocrate (DUP) d’Irlande.

Documentaire diffusé dimanche 11 octobre à 20.50 sur France 5
C’était écrit Le Brexit est à voir et à revoir sur france.tv

Publié le 08 octobre 2020
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