« Akrotiri, les derniers jours d’une cité antique » : les secrets du volcan englouti

Enquête sur une mystérieuse cité en mer Égée, anéantie plus de mille ans avant Pompéi par une gigantesque éruption volcanique cent fois plus puissante que celle du Vésuve. Et si c’était l’origine du mythe de l’Atlantide ? Dans « Science grand format », jeudi à 20.50 sur France 5.

« Akrotiri, les derniers jours d'une cité antique » © Rebecca Naunheimer/ Windfall Films Ltd

« Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles », se désolait Paul Valéry dans La Crise de l’esprit, en 1919, au lendemain du désastre de la Première Guerre mondiale. Sans lui faire injure, d’autres n’avaient pas attendu si longtemps pour en faire l’amère expérience. La preuve avec cette soirée consacrée à deux civilisations anciennes, disparues concomitamment il y a environ 3 600 ans – Science grand format rediffusant opportunément Crète, enquête sur les derniers Minoens à la suite de l’inédit Akrotiri, les derniers jours d’une cité antique.
L’archipel de Santorin (Théra, dans l’Antiquité) est aujourd’hui – ou était il y a peu – un paradis… ou un enfer, selon les goûts de chacun, en tout cas un haut lieu touristique en mer Égée, à environ 230 kilomètres au sud-est d’Athènes. Sur la côte sud de l’île principale, on découvrit au milieu du XIXe siècle des ruines enfouies sous des dizaines de mètres de cendre volcanique. L’archéologue grec Spyridon Marinatos, qui fouilla le site (et y trouva la mort en 1974), mit au jour les restes d’une splendide cité, riche et sophistiquée – avec rues pavées, réseau d’égouts et baignoires en céramique dans les salles de bain ! –, anéantie lors de la terrible éruption survenue au milieu du deuxième millénaire avant notre ère qui fit s’effondrer l’île volcanique sur son centre, façonnant la caldeira si typique de Santorin. Il n’en fallait pas davantage pour faire surnommer Akrotiri « la Pompéi de l’âge du bronze », ce qui ne  donne guère idée de l’ampleur de la catastrophe, puisqu’on estime que cette éruption fut sans doute cent fois plus puissante que celle du Vésuve !
En compagnie de géologues, d’archéologues et de volcanologues, à l’aide d’animations et même d’incroyables images d’expériences américaines reproduisant en miniature des explosions de roches en fusion, le réalisateur Oscar Chan évoque les scénarios les plus probables de la catastrophe – pourquoi, par exemple, n’a-t-on pas retrouvé, comme à Pompéi, de restes humains à Akrotiri ? – et tente d’expliquer sa violence inouïe : l’éruption aurait en effet projeté des fragments de pierre ponce jusqu’en Palestine et la coulée pyroplastique qui s’est alors déversée dans la mer aurait provoqué un tsunami atteignant les côtes israéliennes et contribuant au passage au déclin, puis à la disparition de la civilisation minoenne en Crète !
Enfin, certains n’ont pas hésité à relier un événement d’une telle ampleur au grand mythe d’une cité engloutie qui excite les esprits depuis que Platon, au IVe siècle avant notre ère, en fit le récit après l’avoir recueilli en Égypte* : celui de l’Atlantide. L’idée n’est pas neuve, elle a fait couler des flots d’encre et suscité des controverses sans fin. Mais le volcan englouti et la cité endormie n’ont peut-être pas livré tous leurs secrets.

C.K.G.

* Le très grand historien Pierre Vidal-Niquet – qui n’était du reste guère convaincu par l’hypothèse « santorinienne » – a consacré au mythe de l’Atlantide à travers les siècles un bel essai, L’Atlantide. Petite histoire d’un mythe platonicien, Les Belles Lettres, 2005, réédition au Seuil, collection Points Essais, 2006.

20.50 « Akrotiri, les derniers jours d’une cité antique »

L’île grecque de Santorin est aujourd’hui un endroit paradisiaque. La découverte des ruines d’une cité dévastée par une éruption il y a plus de 3 000 ans a fait resurgir le passé tumultueux et énigmatique de l’île. Aujourd’hui, les chercheurs et les scientifiques tentent de percer le mystère de l’un des cataclysmes les plus violents de l’histoire. Cette catastrophe a fait disparaître la plus ancienne cité méditerranéenne connue à ce jour, la cité d’Akrotiri, et a participé à l’effondrement de la civilisation des Minoens. Comment s’est déroulée l’éruption ? Pourquoi l’explosion a-t-elle été aussi puissante ? Un tsunami a-t-il suivi l’éruption et englouti la ville ? Qui étaient les Akrotiriens ? Peut-on raisonnablement penser qu’il s’agissait de la mystérieuse cité d’Atlantide décrite par Platon ? Grâce aux scientifiques, à leurs découvertes, à l’aide d’images de synthèse, ce film nous permet de révéler un grand nombre de mystères qui entourent Akrotiri.

Documentaire (52 min – 2020 – Grande-Bretagne) – Inédit – Réalisation Oscar Chan – Production Windfall Films 

21.45 « Crète, enquête sur les derniers Minoens » (rediffusion)

Les vestiges antiques de Cnossos, en Grèce, sont le cœur de la civilisation minoenne, disparue il y a plus de trois millénaires. Les ingénieux bâtisseurs de Cnossos ont vécu plus d’un millier d’années avant les Grecs et les Romains, et la complexité architecturale du site a beaucoup influencé les mythes et les légendes. Les anciens Grecs pensaient que Cnossos était autrefois le palais d’un roi qui avait emprisonné dans un labyrinthe une créature terrifiante, mi-homme mi-taureau, le Minotaure. Cette légende a paru presque réelle lorsque des archéologues ont mis au jour un complexe ressemblant à un labyrinthe et une chambre somptueusement décorée, dotée d’un mystérieux trône sculpté dans la pierre. L’archéologue Jan Driessen étudie les vestiges crétois depuis trente ans et nous révèle des indices sur ce palais et la cour dans laquelle les Minoens donnaient de grands spectacles. Mais, en Crète, la nature est à la fois belle et cruelle. Et, ici, il n’y a rien de plus destructeur que les tremblements de terre. Est-ce une série de catastrophes naturelles qui a provoqué le déclin de cette société remarquable… ou bien des envahisseurs qui ont entraîné sa chute ?

Documentaire (52 min – Grande-Bretagne – 2018) – Réalisation Sam Mortimore – Productions Windfall Films, avec la participation de France Télévisions

Diffusion dans « Science grand format », jeudi 15 avril à 20.50 sur France 5
À voir et revoir sur france.tv

Publié le 14 avril 2021
Commentaires