« Affaire Patrick Dils, l’adolescent et le tueur en série »

Le magazine « Au bout de l'enquête, la fin du crime parfait ? », présenté par Marie Drucker, consacre un numéro à l'une des plus retentissantes affaires judiciaires des quarante dernières années, qui mit aux prises celui qui signait « l'innocent incompris » et celui qu'on surnommait « le routard du crime ». Samedi à 14.00 sur France 2.

 

Dans l’histoire criminelle et judiciaire des dernières décennies, les noms et les destins de Patrick Dils et Francis Heaulme sont désormais inextricablement liés et forment les deux faces d’une affaire hors du commun où l’on trouve des crimes sordides, deux enquêtes, l’une calamiteuse, l’autre impeccable, des erreurs graves de procédure, des dispositions d’un autre âge en matière de justice des mineurs, un adolescent de 16 ans pressé de faire des aveux approximatifs, condamné à la prison à vie, un tueur en série, surnommé « le routard du crime », au parcours difficile à reconstituer, des procès médiatiques, etc. Un cas d’école.
Il n’en fut pas toujours ainsi. L’affaire Patrick Dils débute en septembre 1986 dans la banlieue de Metz. Deux ans après le meurtre du petit Grégory, la découverte sur une voie ferrée désaffectée des corps de deux garçons de 8 ans, atrocement assassinés à coups de pierres, marque l’opinion. Après que deux suspects ont reconnu successivement être les auteurs du double crime, puis se sont rétractés, Patrick Dils, un grand échalas de 16 ans, timide et complexé, passe aux aveux après trente heures d’interrogatoire. Ses rétractations n’y feront rien, non plus qu’une reconstitution absurde des meurtres – que Dils situe au mauvais endroit. Il est incarcéré, privé de la visite de ses parents pendant deux ans, insulté, battu, violé. En janvier 1989, la cour d’assises des mineurs de la Moselle le condamne au terme d’un procès à huis clos à la prison à perpétuité. Fin ?
Apparemment, en tout cas. Trois mois après le procès, à 800 km de là, un gendarme est saisi d’un crime atroce commis sur une plage de Brest. C’est le début d’une longue enquête sur les agissements et l’itinéraire sinueux de Francis Heaulme, un vagabond assassin. On ignore évidemment qu’elle déclenchera, quand il sera question de la funeste journée du 28 septembre 1986 à Montigny-lès-Metz, le second volet de l’affaire Dils : une procédure des avocats du jeune homme – une requête en révision, puis un nouveau procès aux assises – jusqu’à l’acquittement en avril 2002 de celui qui signait « l’innocent incompris ». Patrick Dils aura passé seize années en prison.

« Au bout de l’enquête, la fin du crime parfait ? »


Magazine (2 x 52 min) – Présentation Marie Drucker – Intervenant Alain Bauer, criminologue – Rédacteurs en chef Christian Huleu, Stéphane Martin et Antoine Gaveau – Réalisation Raphaël Aupy – Production Enibas Productions – Avec la participation de France Télévisions

Avec 1,2 million de téléspectateurs en moyenne depuis son arrivée sur France 2, Au bout de l’enquête est désormais la première émission de faits divers récurrente en France. Aux côtés de Marie Drucker, Alain Bauer, professeur de criminologie, apporte sur chaque affaire un éclairage technique, psychologique, sociologique ou historique pour comprendre les procédés mis en œuvre au cours de l’enquête, mais aussi ses enjeux et ses répercussions.
Chaque fait divers raconte non seulement l’évolution des méthodes d’enquête des services de police et de gendarmerie, mais aussi une époque, un milieu, une région, un contexte historique ou social. À travers le récit des crimes et de leur résolution, Au bout de l’enquête écrit chaque samedi une page méconnue de l’histoire de la société française.
Un soin tout particulier est apporté à la qualité du récit et de la mise en images. Le magazine s’appuie en outre sur l’expertise et la rigueur d’une équipe rédactionnelle aguerrie, spécialiste de l’analyse et du décryptage des faits divers.

Affaire Patrick Dils, l’adolescent et le tueur en série est diffusé samedi 17 septembre à 14.00 sur France 2
À voir et à revoir sur france.tv

Publié par Christophe Kechroud-Gibassier le 17 septembre 2022
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