« 22h01 » : un récit en animation cinq ans après le 13 novembre

13 novembre 2015… Il y a cinq ans, Daniel Psenny, journaliste au « Monde » fut témoin, acteur et victime de l’attentat le plus sanglant perpétré sur le sol français. Grâce à l’animation, la reconstitution et les images filmées par Daniel Psenny lui-même, Mustapha Kessous, son collègue au quotidien, signe un documentaire authentique et pudique, sensible. « 22h01 », mercredi à 23.15 sur France 3. 

22h01
« 22h01 ». © Premières Lignes

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 13 novembre 2015, un peu avant 22 heures ? Daniel Psenny, lui, regardait une fiction sur France 2, d’autres fêtaient un anniversaire, prenaient un verre en terrasse ou étaient à un concert de death metal au Bataclan. Jamais ce journaliste du Monde n’aurait cru possible ce qu’il allait vivre :
« Très rapidement après l’attentat du Bataclan, j’ai raconté dans les médias du monde entier ce que j’avais vécu cette nuit du 13 novembre. Il y avait ma vidéo des gens fuyant la salle sous les coups de feu, les morts, la terreur, le désespoir. Et il y avait aussi cet immeuble où je vivais à l’époque qui, parallèlement au massacre qui se perpétrait dans la salle, a vécu sa propre histoire avec ses angoisses, ses peurs et la mort qui rôdait. J’avais longuement relaté ce récit l’année suivante dans M, le magazine du Monde. Mustapha Kessous l’a suivi, accompagné, cette fois-ci, par ma voix. Une petite histoire dans la grande histoire. Il ne s’agit pas d’un film sur l’attentat du Bataclan, mais d’un huis clos avec quatre personnes ordinaires confrontées à l’extraordinaire : mes voisins Estelle, Bruno, Véronique et moi-même. »

À l’époque des faits, Mustapha Kessous partageait son bureau avec Daniel Psenny : « J’ai été très secoué par ce qu’a vécu Daniel. Je me rappelle lui avoir rendu visite à l’hôpital quelques jours après cette tragique nuit du 13 novembre et je l’avais trouvé d’une force et d’un calme déroutants. Il m’avait raconté à plusieurs reprises son histoire, que je trouvais insensée. Il avait cette façon à la fois détachée, précise et sensible de raconter sa nuit du 13 novembre. Je me rappelle lui avoir dit : “Un jour, je ferai un film sur toi.” »

J’ai voulu raconter ce huis clos intense et invraisemblable, l’effroi et la peur qui ont été, cette nuit-là, supplantés par le courage et l’entraide.

Mustapha Kessous


Aujourd’hui, il nous livre ce documentaire où il relate au plus près le récit de Daniel Psenny, utilisant un mélange de techniques, et notamment l’animation : « J’ai voulu raconter ce huis clos intense et invraisemblable, l’effroi et la peur qui ont été, cette nuit-là, supplantés par le courage et l’entraide en recueillant le témoignage de toutes les personnes qui ont participé à ce huis clos. L’animation permet de retransmettre ces émotions et de reconstituer ce huis clos qui a duré plusieurs heures tout en prenant une distance. Ce procédé nous permet d’accepter de replonger dans cette nuit terrible. L’idée était de mettre en scène en animation ce qu’ils ont pu vivre. Les témoins ont été représentés en animation en décor réel. Je n’ai pas cherché à montrer l’horreur, j’ai voulu aussi qu’on la devine à travers le témoignage de nos personnages, dans leur regard, dans le bruit des détonations et de l’intervention des policiers… »

Personne ne pourra oublier ce massacre, ni ceux qui continuent d’être commis. Personne ne doit s’habituer à la barbarie et Daniel Psenny conclut : « La page de ce massacre ne sera jamais tournée, mais  j’ai fait assez rapidement un travail de résilience. J’ai changé de vie et je parle désormais très peu de cette nuit d’horreur. La seule chose importante est d’honorer la mémoire des 130 morts du Stade de France, des terrasses et du Bataclan, et leurs familles. Vivre, mais ne jamais oublier ! »

 

22h01

De sa fenêtre, il a vu l’horreur. De sa fenêtre, il a filmé la terreur. Daniel Psenny, journaliste au Monde depuis un quart de siècle, a été témoin de l’attaque terroriste la plus sanglante de notre histoire contemporaine, celle du 13 novembre 2015 au Bataclan. Avec son téléphone portable, Daniel, qui habite à quelques mètres de la célèbre salle de concert parisienne, a enregistré un document, l’unique film qui existe sur cet attentat. Mustapha Kessous a recueilli son récit pour en faire un film qui mélange images réelles, reconstitution et animation. 

Documentaire (52 min - 2020) - Auteur et réalisateur Mustapha Kessous - Récit Daniel Psenny - Images Mathias Denizo - Animation Théo Schulthess - Musique originale Amandine Maissiat et Maud Lübeck - Production Premières Lignes et France 3 Île-de-France

Documentaire diffusé mercredi 4 novembre à 23.15 sur France 3
22h01 est à voir et revoir sur france.tv

Publié le 02 novembre 2020
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