Fiche technique

Réalisation : Robert Guédiguian
Production : Robert Guédiguian
Société : AGAT FILMS & CIE
Coproducteur : France 3 Cinéma Alvy Productions
Partenaires : Canal +, France Télévisions, Ciné + Sofitvciné 2, La Banque Postale Image 7 et 8, Indéfilms 3 La Région Ile de France La Région Provence Alpes Côte d’Azur en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l’image animée du Centre National du Cinéma Arménien – Fondation Aleqsanyan Cinemage 8 Développement Soficinéma 9 Développement

Genre : Fiction
Durée : 2h14
Année de production : 2015
Date sortie salles : 11-11-2015
Distributeur salles : Diaphana
Ventes internationales : MK2
Editeur vidéo : Diaphana
Mandat VOD : Diaphana

Sélections en festival :
Festival de Cannes 2015 - Sélection Officielle - Séance Spéciale
Festival Golden Apricot 2015 - Film d'ouverture
Festival International du film de Melbourne 2015
Festival International du film d'Athènes - 2015

 

 

Fiche technique

Entretien avec Cédric Klapisch

Cédric Klapisch

Cédric Klapisch, producteur associé, directeur artistique et réalisateur.

Comment êtes-vous arrivé sur Dix pour cent ?
Dominique Besnehard jouait le rôle d’un éditeur dans mon dernier film, Casse-tête chinois, et il m’a parlé de son projet après le tournage. Il m’a fait lire les deux premiers épisodes et j’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai tout de suite été impressionné par la qualité de l’écriture. (…) Vu mon goût inconditionnel pour les acteurs, le sujet de la série était vraiment tentant et l’idée d’avoir un scénario fini avec une histoire et une construction déjà bien aboutie m’a convaincu.

Quel a été votre apport dans Dix pour cent ?
Pour moi, tout est parti du fait de concevoir et envisager le projet de manière collégiale et collective. Ça n’a été possible que parce que les producteurs, notamment Dominique Besnehard et Harold Valentin, m’ont permis de travailler avec des gens en qui j’avais toute confiance, Lola Doillon et Antoine Garceau. Et la même équipe technique a travaillé sur les 6 épisodes. Ça a été une expérience étonnante car je crois que cela ne s’était jamais fait auparavant. Nous n’avons jamais été ni en désaccord ni en compétition parce qu’il y a une vraie cohérence entre nos goûts esthétiques et artistiques respectifs; nous aimons le même genre de cinéma, nous rigolons des mêmes choses. Autre point important, les choix esthétiques faits en amont (décors, éclairage, utilisation de deux caméras…), qui ont permis d’aller vite au tournage.

Quel bilan tirez-vous de cette incursion dans la télé ?
Nous sommes contents du résultat mais ça a été plus dur qu’on l’envisageait [rires] ! Les onze jours de tournage par épisode exigeaient d’inventer un langage, de faire un travail d’adaptation pour la mise en scène. Et puis, beaucoup d’acteurs connus ont refusé de participer. Comme la série est en grande partie basée sur des "guests", les scénaristes avaient écrit pour des acteurs précis. Donc, à chaque refus, il a fallu réécrire les textes, les adapter pour quelqu’un d’autre, les proposer de nouveau, etc.

Pourquoi tant de refus ?
Ce n’est pas forcément facile d’assumer de jouer un personnage qui porte son nom. Cécile de France joue ainsi ici une fausse Cécile de France. Il faut du culot et une bonne dose d’humour et de second degré pour accepter de porter ce drôle de costume sur un faux soi-même… Beaucoup ont sans doute aussi eu un peu peur du côté "télé" ; il y a encore une énorme barrière, une hiérarchie très forte qui existe pour bon nombres d’acteurs en France (je crois que ce n’est plus le cas aux États-Unis). On a été un peu surpris de ces réactions, mais on a d’autant plus apprécié ceux qui plongeaient avec nous et avec enthousiasme dans l’aventure.

Montrer l’envers du décor, est-ce une manière de rendre hommage à cette profession ?
C’est ainsi que je comprends Dix pour cent. Il ne s’agit pas seulement des 10 % du salaire d’une star que l’agent touche. Pour moi, cette série parle en général de tous ceux qui vivent dans l’ombre derrière des gens importants. Ce n’est pas du tout spécifique au showbiz. À l’heure où les séries regorgent de flics, d’avocats, en prise directe avec toutes les vicissitudes de la vie quotidienne, cela nous amusait de choisir comme protagonistes des agents qui travaillent, eux, derrière les stars et les paillettes dans un bureau banal. Plonger dans les coulisses de leurs vies personnelles permet d’atteindre des drames humains qui se jouent derrière le côté "people" par le biais de la comédie. Le but est de parler de l’Humain. Il y a dans Dix pour cent comme une mise en abyme qui permet, à mon sens, de créer un spectacle télévisuel moderne et inventif. Ce sont ici ceux qui jouent les drames qui vivent des drames. Ces acteurs, dont c’est le métier de transmettre des émotions, les vivent, et subliment ainsi ce que tout un chacun peut ressentir dans sa propre vie. Au fond, dans Dix pour cent, on ne fait que revenir au sens littéral du mot "people". Les people sont des gens…

Entretien avec Cédric Klapisch

Cédric Klapisch, producteur associé, directeur artistique et réalisateur