Hitler au Mémorial canadien de Vimy
Les Pays-Bas et la Belgique ont déjà capitulé.
Le 2 juin, pendant que les troupes allemandes
s’acharnent à détruire la poche de Dunkerque, à
une centaine de kilomètres de là, Adolf Hitler en
personne, visite les cimetières militaires de 14-18.
Et en particulier celui de Vimy. Visite-éclair
méconnue. Hitler se prête là à une opération de
propagande. Son but ? Contredire les rumeurs de
destruction du mémorial canadien de la première
guerre mondiale par les troupes du Reich.
Le Massacre des soldats britanniques
Pendant la campagne de France, les massacres
sont commis tant par la Wehrmacht que par ces
unités dont le nom est devenu synonyme de
fanatisme et de carnages : Waffen SS. La branche
militaire de l’ordre SS.
Les Waffen SS de la division « Totenkopf ».
La division « tête de mort ». Une division
commandée par un « boucher », Theodor Eicke,
un proche d’Himmler.
Après de rudes combats, 99 soldats britanniques
appartenant au Royal Norfolk Regiment, se
rendent aux soldats de la « Totenkopf ».
Dans les heures suivant leur reddition, les
prisonniers sont mitraillés et les blessés achevés
à la baïonnette ou par balles. Ce crime nazi n’est
pas resté impuni. Les deux seuls survivants de ce
crime de guerre témoignent, en 1948, au procès
de l’un de leurs bourreaux, l’ex-capitaine SS
Knöchlein, qui sera condamné à mort et pendu.
L’assassinat du capitaine N’Tchoréré
Le 7 juin, à Airaines, dans la Somme, après plusieurs jours de
combats acharnés, un officier français d’origine gabonaise, se
résout à la reddition.
Les Allemands veulent obliger le capitaine et ses hommes à se
mettre à genoux pour les humilier. Pour le capitaine N’Tchoréré, c’est
inacceptable et il refuse.
Charles N’Tchoréré se fait insulter, traiter de « sale nègre ».
Il a rétorqué « je ne suis pas un nègre, mais un officier français ».
L’officier est alors bousculé, frappé, et assassiné avec ses hommes.
Le corps de l’officier n’a jamais été retrouvé. Le même jour, un de
ses fils, Jean-Baptiste, est tué à quelques dizaines de kilomètres de
l’endroit où est mort son père.
Le bombardement héroïque de Berlin par des pilotes français
Le 7 juin, un équipage issu de l’aéronavale
décolle pour une véritable mission-suicide.
Objectif : Berlin.
L’avion ? Un avion commercial transformé
en bombardier à longue portée. Un Farman
2234 baptisé le « Jules Verne », et repeint
en noir pour les vols de nuit.
Le Farman va accomplir un incroyable
périple de Bordeaux à Berlin, en passant par
la Hollande et le Danemark, pour déjouer
la chasse et les défenses anti-aériennes
allemandes.
Des dizaines de bombes sont larguées.
Le mécanicien va même s’accorder un ultime
plaisir : balancer ses chaussures sur Berlin.
Le bombardement héroïque de Berlin par des pilotes français
La vague de suicides
De nombreux français n’arrivent pas à faire face au désastre. Connus ou inconnus, ils vont disparaître de notre mémoire collective. Par exemple, Sophie Morgenstern. D’origine juive polonaise, elle fût une élève de Freud et introduisit la pédopsychiatrie en France. C’est elle qui initia le dessin comme moyen, pour les enfants, de décrire leurs
traumatismes. Le 13 juin, Paris est déclaré ville ouverte.
Les Allemands sont aux portes de Paris et l’une des élèves de Sophie
Morgenstern tente de la convaincre de partir avec elle vers le sud, de fuir la capitale. Cette élève, c’est Françoise Dolto. Peine perdue : Sophie Morgenstern ne va pas survivre à l’arrivée des nazis. Elle se suicide.
La tentative de suicide de Jean Moulin
Nuit du 17 au 18 juin. Le jeune préfet d’Eureet-Loir est torturé, car il refuse de signer un document. Les allemands veulent en effet faire endosser aux soldats indigènes, la responsabilité de massacres commis par l’armée allemande. Jean Moulin tente alors de se suicider. Il se tranche la gorge avec des morceaux de verre qui jonchent le sol. A 5 heures du matin, à l’occasion d’une ronde, ses tortionnaires le découvrent pratiquement exsangue. Immédiatement soigné, il n’est plus inquiété par ses geôliers, qui parlent d’un véritable « malentendu ». Jean Moulin est révoqué par Vichy en novembre 1940. Il rejoint la France libre et organise la Résistance en France occupée. En 1943, pratiquement trois ans jour pour jour après ces faits, Jean Moulin est capturé par la Gestapo et torturé. Il est aux mains d’un lieutenant SS, un certain Klaus Barbie. Jean Moulin meurt peu de temps après, alors qu’il est déporté.
Les infirmières d’Orsay
Le 14 juin, alors que les Allemands entrent dans Paris, des infirmières de l’hôpital d’Orsay euthanasient sept patients jugés intransportables. Elles seront jugées en mai 42, condamnées à des peines de prison avec sursis, eu égard aux circonstances dramatiques de juin 40.
Le consul du Portugal sauve des milliers de réfugiés
« Il faut éviter l’entrée au Portugal des gens indignes », imposait une circulaire émanant du gouvernement Salazar. En juin 1940, Sousa Mendes, le consul du Portugal, est à Bordeaux avec femme et enfants.
Contre l’avis du gouvernement portugais, Sousa Mendes décide d’aider les réfugiés en leur délivrant des visas. C’est ce qu’il fera du 17 au 20 juin sans discontinuer : « Je déclare que je donnerai, gratuitement, un visa à quiconque le réclamera. Je désire être du côté de Dieu contre l’homme, plutôt que de servir l’homme, contre Dieu. »
Parmi les personnalités sauvées par Sousa Mendes :Otto de Habsbourg, l’impératrice Zita de Bourbon-Parme et ses enfants, des membres du gouvernement autrichien, Édouard, Henri et Robert de Rothschild, le futur général Leclerc et d’autres généraux. L’acteur américain Robert Montgomery, qui avait conduit une ambulance pour les forces alliées, et qui courait le risque de se faire interner par les Allemands comme prisonnier de guerre fut également sauvé. Sousa Mendes meurt en 1954, dans la misère. Il sera reconnu « Juste parmi les Nations » dans les années 60.
Les Marins de l’île de Sein rejoignent de Gaulle à Londres
Le 22 juin, nouvel appel de De Gaulle sur la BBC. Cette fois-ci, son discours avait été quelque peu annoncé. Dans l’île de Sein, le gardien du phare prévient la population qu’un général français va parler à
la radio, à 18h30. Un poste TSF est installé sur un rebord de fenêtre. A l’époque, l’île compte près de 1500 habitants. Une centaine de personnes s’assemblent autour du poste TSF. Le soir, les discussions sont animées dans les cafés de l’île. Après de Gaulle, c’est le recteur
(le curé) de l’île de Sein, qui prêche, appuyé par le maire. La France fait naufrage, les îliens doivent voler à son secours. 126 hommes quittent l’île de Sein du 24 au 26 juin pour rejoindre De Gaulle en
Angleterre. Après 5 ans de combats, ils regagneront l’île de Sein en 1945, sauf 18 morts pour la France.