En juin 40, la France subit en quelques semaines le délitement
de ses institutions, de ses élites et de ses populations.
Sur chaque évènement clef de cette période tragique, Le
grand chaos apporte des éclairages nouveaux, grâce à des
documents peu connus ou inédits.
Christophe Weber, auteur
et réalisateur du film, nous présente cet incroyable travail de
recherches et de reconstitutions.
Inédits
"Jusqu’à présent, juin 40 est évoqué à travers l’exode, l’effondrement
politique et militaire, et l’appel du 18 juin. Tous ces évènements seront, bien entendu, évoqués dans ce documentaire. Nous avons exploré de nouveaux champs historiques avec l’appui de notre conseiller historique, Fabrice Virgili."
L’effondrement
"En juin 40, le naufrage est aussi rapide qu’inattendu. Rendez vous
compte : la France, considérée comme l’une des premières
puissances militaires mondiales, s’écroule en quelques semaines.
Jamais, dans son histoire contemporaine, notre pays ne s’était fait
laminer de cette manière."
L’exode
"Nous racontons qu’il y avait sur les routes, des milliers de taulards
et de malades mentaux, puisque les prisons comme les hôpitaux
avaient été évacués. Certains décèdent, faute de soins. Des malfrats
se font la belle. D’autres auront un destin tragique. Les gendarmes
mobiles qui escortent les convois de taulards ont en effet la consigne
d’éliminer sur place ceux qui tirent au flanc, ou sont déjà au bord
de l’épuisement… Nous avons ainsi localisé une affaire, près de
Montargis, où, en l’espace de deux jours, 13 personnes ont été
exécutées sur le bord de la route."
Assassinats de prisonniers
"Nous avons le sentiment que les troupes allemandes veulent
concasser l’histoire, comme si elles cherchaient à effacer les
symboles de la défaite de 14-18.
Les campagnes d’assassinats de prisonniers de guerre français, britanniques et indigènes, par les troupes nazies,
font partie de ces règlements de compte . Nous
apportons les preuves que, entre mai et juin 40, la
Wehrmacht a notamment humilié et assassiné des
milliers de tirailleurs sénégalais."
Suicides
"L’un des faits majeurs de juin 40 reste l’entrée
des Allemands dans Paris. Médiatiquement,
cette invasion est la preuve, pour le monde
entier, que notre pays est fichu. Le public
américain peut voir, par exemple, dans la presse
comme au cinéma, le désastre que subit la
France. Désespérés, des Parisiens décident
alors de mettre fin à leurs jours. Nous évoquons
trois exemples précis.
Des suicides ont aussi lieu sur les routes
de l’exode. Des rumeurs circulent. Outre
les massacres de prisonniers, les soldats
allemands sont soupçonnés de violer les
femmes et de tuer des enfants. A la vue des
troupes allemandes, des hommes et des
femmes se donnent la mort."
Actes de bravoure
"En juin, des millions de personnes sont
confrontées à des choix immédiats. Faut-il fuir
ou rester sur place ? Le 17 juin, Pétain annonce
que la France doit cesser le combat. Il espère
un armistice honorable . Préfet de Chartres,
Jean Moulin choisit de rester à son poste. Il est
convoqué par les Allemands qui exigent qu’il
signe un document, attestant que les troupes
sénégalaises ont massacré des civils français.
Les responsables sont les soldats allemands et
Jean Moulin le sait. Il refuse catégoriquement de
signer. Il est alors emprisonné et torturé. Dans la
nuit du 17 au 18 juin, il tente de se suicider en se
tranchant la gorge avec un morceau de verre.
Au petit matin, il est sauvé in extremis par ses
gardiens. Nous disposons de deux photos où il
est exhibé, un pansement sur le cou.
Outre l’appel du 18 juin de Charles de
Gaulle, nous saluons aussi l’initiative du
consul du Portugal, à Bordeaux. Il a reçu,
du gouvernement de Salazar, l’ordre de
n’accorder aucun visa à tout individu
indésirable . Ce haut fonctionnaire décide
de désobéir aux consignes et accorde, en
quelques jours, 30 000 visas à des réfugiés
politiques (dont 10 000 juifs)."
L’île de Sein : un quart de la France
"Des actes courageux ont aussi été collectifs,
à l’image de celui des marins de l’île de Sein.
Ils étaient 1400 habitants à l’époque. A la suite
du second appel de De Gaulle, le 22 juin,
126 hommes (le plus jeune a 14 ans),
embarquent les 24 et 26 juin pour l’Angleterre.
Ces Senans représentent près de 25% des
Français arrivés à Londres, ce qui fera dire
à de Gaulle : L’île de Sein est le quart de la
France ."
Prémisses de la collaboration
Certains tournent leur veste. Dès le début du
mois de juin, il existe au sein du gouvernement
français, des rivalités politiques. D’un côté,
ceux qui veulent l’ armistice et de l’autre, ceux
qui veulent à tout prix continuer la lutte. Ainsi
le maréchal Pétain et le général Weygand
s’opposent à Paul Reynaud et au tout nouveau
sous-secrétaire d’Etat à la guerre, Charles
de Gaulle.
Emotion
"Plusieurs histoires m’ont particulièrement
bouleversé : l’ampleur des humiliations et des
massacres subis par les soldats indigènes,
notamment les africains ; les suicides de
nombreux militaires et civils ; les dizaines de
milliers d’enfants disparus pendant l’exode ; enfin,
les actes héroïques de certains militaires français,
même après l’armistice."
Générique : Un documentaire de Christophe Weber Produit par CC&C Louis Vaudeville et Boréales, avec la participation de France Télévisions Unité documentaires de France Télévisions : Patricia Boutinard-Rouelle, Dana Hastier, Clémence Coppey Durée : 90’